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Pau Cup Olharan et Manci détrônent les Soro

La deuxième demi finale du « slam » de la Pau cup a tenu toutes ses promesses en offrant au nombreux public du complexe de pelote, un spectacle de grande qualité et de grand intensité. Avec de surcroît le succès surprise du champion palois Jean Olharan, étincelant, associé au solide basque espagnol, Mikel Mancisidor en deux manches (15-14, 15-13) face aux numéros 1 de la saison les frères Sorozabal moins tranchants qu’à l’ordinaire.
30.8.2025
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Jean Olharan, aura été le roi de la cancha, redevenant le prince de l'attaque
Jean Olharan, aura été le roi de la cancha, redevenant le prince de l'attaque

Il ne faut jamais, dit-on sous estimer le cœur d’un champion ? Mais de quel champion parlait-on vendredi soir au complexe de pelote de Pau pour l’avant dernière représentation  avant le baisser de rideau final, le feu d’artifice final serait d’ailleurs  plus opportun ? De ceux qui ont marché sur l’eau tout l’été ou presque, et si ce n’était sur l’eau c’était sur leurs adversaires ? Vous les aurez reconnu, il y a quinze jours encore ils étaient encore candidats au grand chelem Biarritz, St Jean et Pau. Et ce vendredi soir encore le cadet des Sorozabal, Johan, était le dernier à pouvoir prétendre à ce sans faute, une seule fois réalisé depuis la création de la « summer league ». Oui ce sont ces champions là qui s’avançaient vers la deuxième demi finale du « slam » palois avec quelques garanties, même si le la pelote basque comme beaucoup d’autres sports, n’en n’offre guère de garanties…

L’inconnu venait de Mutriku

Ou de quel autre champion parlait-on ? Du palois. L’enfant de cette cancha. Le chouchou du jaï alaï ? Il n’était pas parti sur les chapeaux de roues Jean Olharan. Il lui fallu même cravacher et suer beaucoup suer pour aller chercher une place dans le quatuor retenu pour les « slam », ce fut la quatrième et dernière, presque un strapontin. Elle lui valait de défier les « Soro » avec  un arrière  non pas inconnu, mais méconnu du public de Pau où il n’était venu qu’à une seule reprise et à une époque  où le mur n’était pas ce mur, à une époque dont il ne se souvenait presque plus… Mikel Mancisidor, aurait été l’énigme de la soirée, s’il ne venait de Mutriku, s’il n’était pas de cette école espagnole où les fondamentaux riment avec la grinta. Bien sûr le papy de la soirée, Olharan,  36 ans, contre 25, 24 et 23 à ses colocataires de la cancha, terminait mieux qu’il n’avait commencé la temporada. Il fit un remplacement plus qu’honnête pour la finale du « gant d’or » biarrot, il fit une première manche de  gala lors de la finale des internationaux de St Jean de Luz. Jusqu’au sélectionneur national qui se déléctait de retrouver le « Jean qu’on aime.»  Oui mais toujours les Soro gagnaient.    

La raison, la saison disait les Soro

Allons, soyez franc de quel champion n’auriez vous pas sous estimer le cœur ? Jean Olharan bien sûr c’était le pari affectif,  mais les Soro pour la raison, les Soro pour la saison, les Soro pour cette puissance de frappe, les Soro parce que les Soro…

Et à la fin c’est Olharan et Manci qui gagnent  et en deux manches s’il vous plaît, le droit de s’avancer au devant de deux autres monstres, Erkiaga-Lekerika pour la finale paloise de la « summer league ».

Vous parle-t-on d’une divine surprise ? On vous parle d’abord d’un combat de titans, d’une partie aboutie où les points se montaient comme les enfants montent les légos, avec patience, avec attente.

A la manière dont les frangins de la côte  infligèrent un 6-0 pour répondre au 5-0 initial du duo franco-basque, ils eurent bel et bien des allures de patrons de la cancha. Ce qu’Olharan ne laissa point s’installer  dès lors qu’il put compter sur un Manci pas génial mais solide et propre, très en jambes pour aller chercher des mi longues de folie.

Prince Jean sur ses terres

Alors la manche fut torride, brutale, féroce. Et Jean Olharan qui avair déjà inverser le score de la pause fraîcheur (de 5-8) à 9-8), renversa le score qui hésitait  (10-10, 11-11). de deux points majuscules (13-11). Ce n’est pas tout, à la droite assassine de Gorka Soro (13-12), il répondit par un sauvetage inouï au 10 et non content en fit un    point gagnant (14-12). Manci, fusillé par un errebot de Johan dans ses jambes  s’inclinait lui qui faisait un beau résistant et le jaï palois était en apnée. Il remonta à la surface sur une faute de gant de Johan (15-14) pour la certitude à minima d’avoir déjà gagné une manche décisive.

Mais l’impression que les Soro n’étaient plus tout à fait les Soro, celle que Manci gagnait en assurance  plus on avançait dans le temps et la certitude, plus que l’impression, que cet Olharan là avait du feu dans les bras dans les jambes, des yeux aux quatre coins du fronton, qu’il était aussi à l’aise au 10 qu’au 7, mettait la manche sur orbite: 5-0.

Tout en audace, il tentait et tentait le palois et alors une première faille apparut dans la cuirasse des Sorozabal, le rictus crispé, le regard parfois perdu, Gorka n’était plus cette muraille  indestructible, et Johan, venu loin à la rescousse, ne trancha point comme il tranchait. Usés les Soro ? Peut-être un peu et on le comprend. Relancé Olharan ? Oui et comment aux 9 points gagnants de la première manche il en ajouta presque autant dans la seconde.

Le dernier  souffle des Soro, trop court, très  beau

Manci et lui surfèrent sur le matelas initial (5-0) et tout en contrôle conduisirent leur manche comme des grands jusqu’à un 12-6 puis un 14-9 qui résumaient bien  la physionomie de la partie. Les conquérants étaient de « blanc » vétus, Manci sur deux courses folles  pour arriver avant le second rebond, se fit plein d’amis à Pau, les « rouge » plus à la peine étalaient leur désarroi, mais il restait le coeur du champion à ne pas mésestimer. Ils ont rugi, à l’agonie, mais d’un dernier souffle, ils ont été jusqu’à faire trembler  Olharan-Manci d’abord, le public soudain pétrifié. 14-9 oui mais 10-14 sur un deux mur de Johan Soro, et puis 11-14 sur une droite de Gorka après une première défense de Johan, et puis 12-14 sur une attaque en cortada de Johan, et puis 13-14 sur une grosse droite de Gorka qui colle Manci au fond. Mais diable, jusqu’où ira cette remontada façon biarrote? Auront-ils tant souffert pour des prunes, non Johan Sorozabal a mis tant de rage dans cette dernière attaque deux murs que la pelote touche le bois, qu’elle est fausse. 15-13 Olharan-Manci ont gagné un petit coin de paradis. Mais qu’il fut digne et beau le dernier souffle des Soro. La semaine prochaine Olharan-Manci défieront Erkiaga et Lékérika, il y aura encore de grands, très grands, champions sur la cancha paloise : duquel ne devra-t-on pas mésestimer le coeur ?

Gérard Bouscarel

Reportage photos Raymond Cazadebat

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