Pierre Péré Passion rebot, passion tout court

Pierre Péré, qui est peut-être si ce n’est pas déjà, le plus ancien des bizanosiens, voue, pour le rebot, ce jeu de pelote si particulier, si compliqué, une telle admiration qu’elle tourne à l’obsession et que celle-ci se traduit par la parution d’un second ouvrage, tout en poésie tout illustré, une œuvre qui ne peut-être que celle d’un passionné. Pierre Péré ne serait pas un octogénaire désormais au milieu de la dizaine, qu’on aurait plutôt dit un « fondu » plus qu’un passionné.
Et dire que le rebot, mot qui vient de renvoi, cet ingrat ne lui, a accordé qu’un titre chez les juniors de la Section, jamais plus, sinon de « belles crises de larmes quand on rentrait du Pays Basque et qu’on avait pris une bonne rouste », rit-il de bon cœur aujourd’hui. C’était au tout début de la pratique du rebot chez les « verts et blancs » qui apprenaient et parmi les « élèves » se trouvaient un jeune cadet du nom de Pierre Péré
Un maniste confirmé est obligatoire
C’est qu’au rebot, pour ceux qui ne savent pas très bien en quoi consiste le jeu, on ne joue pas contre un mur mais contre un adversaire. Le mur, on l’oublie dès le but effectué, but qui se fait à partir d’un butoir sur lequel la pelote rebondit. Oui mais, du butoir jusqu’au mur, il y a tout de même 32 mètres et comme au rebot on bute à la main, il convient de posséder dans l’équipe de cinq joueurs d’un « maniste » et pas d’un « maniste » de trois semaines, non, d’un solide de mains, de bras et d’épaules. La Section en a connu deux de ces manistes costauds, donc buteurs au rebot, Jean Baptiste Garat qui fut champion du monde et Mathias Altuzarra, le père de Jean Pierre et d’André, et deux fois, avec eux, elle connut le bonheur d’un titre (1954) et d’une finale (1960), on parle là du niveau élite A, le plus haut.
"Del manco » à la reine Victoria
Pierre Péré sous entendrait-il au passage que, si à son époque la Section avait possédé ce trésor qu’est le buteur, hein… Non, ce serait lui faire un mauvais procès. Il était déjà comblé de pouvoir pratiquer ce jeu « pour intellectuel » que le docteur Anthony, second président du club, rapporta de ses vacances à Ainhoa jusqu’à la Section. « Il avait flashé sur ce jeu » se souvient Pierre Péré , et il n’était apparemment pas le seul puisque l’histoire prête à la reine Victoria et à son fils le futur Edouard VII, le besoin d’assister à une partie de rebot lors de leurs séjours basques à Biarritz. Ils allaient jusqu’à Sare, voire Saint Sébastien pour assouvir ce désir. Une scène est d’ailleurs restée célèbre, c’est celle ou Pedro Yarza, baptisé « el manco » fou de rage d’avoir perdu, vint se planter devant la reine et brisa, sous ses yeux, son gant en deux ! Ce surnom de « manchot » lui avait été donné puisque depuis l’âge de 4 ans il avait perdu l’usage de son bras droit. Malgré ce handicap, il effectua une carrière exceptionnelle à telle enseigne qu’une une stèle orne aujourd’hui le parvis du fronton de Villabona, une commune de Guipuzcoa, à une vingtaine de kilomètres de San Sebastian, dont il était l’un des plus célèbres enfants.
Gérard Bouscarel
(à suivre)
Découvrez notre boutique officielle
Équipez-vous avec nos articles officiels : maillots, sweats, pantalons, sacs et plus encore, pour soutenir votre équipe avec style !


