III -Gérard Pierrou: le stadium, le "Donjon", la mairie

« Je n’avais pas le costume d’un président, pas même celui d’un dirigeant, j’étais encore joueur, la preuve on venait de gagner le 1er open de Pau avec Jean Marc Olharan et Carassus, un puntiste qui rentrait des Amériques » ! Gérard Pierrou a 40 ans en 1991, c’est à dire qu’il a du apprendre vite et bien puisqu’il a été reconduit à l’unanimité lors de l’assemblée générale du club à la mi décembre 2025, soit 34 ans après. A ce stade, on ne parle plus de mandats mais de règne et il en parle avec le détachement de quelqu’un qui a vu passer le temps où plus exactement qui n’a pas vu le le temps passer. Il a même une pointe d’ironie dans la voix quand il se remémore la prise du pouvoir. Elle n’a rien d’un coup de force non, mais elle n’est pas non plus une succession légitime.
Pierrou poussé par le souffle des jeunes
Le président de la pelote à la Section c’est, en 91, Bernard Casty. Il est aux manettes depuis 1977, ce qui en d’autres termes dit que c’est un bon président. C’est aussi l’ami de Gérard Pierrou, les liens de la cancha sont d’autant plus forts que l’aventure fut longue et belle, or ces deux là, plus Badets, ont été champions de France de grand gant en 1971. Il n’y a donc pas le moindre nuage dans le ciel de leur relation, et aucun ne menace à l’horizon.
Pour des raisons qui lui appartiennent et que chacun peut comprendre, Bernard Casty annonce qu’il rend son tablier, quatorze ans de présidence c’est un bail qui peut avoir usé, du moins fatigué. Du même coup, la jeune vague des quadras sectionnistes, s’organise, elle est faite de ceux qui, nombreux encore aujourd’hui, épaulent et soutiennent Gérard Pierrou. De peur d’en oublier quelques uns ce qui serait injuste, nous n’en nommerons aucun, ils se reconnaîtront ceux qui poussent la candidature de Pierrou.
Un client nommé André Labarrère
Il s’en souvient bien sûr, « à l’époque, la pelote nous tenions nos réunions place de la Monnaie » et c’est dans cette même salle que la liste qu’il conduit remporte les élections… au dépens de… Bernard Casty et des siens. Le président sortant a fait volte face, il est revenu sur sa décision et pense pouvoir continuer, c’est trop tard un vent de jeunesse a soufflé sur le club et intronisé une équipe plus jeune qui reprend le flambeau.
L’amitié Pierrou-Casty est bien entendu écornée, mais pas brisée, elle effacera très vite cet épisode de son histoire pour voguer de nouveau en eaux très calmes.
Gérard Pierrou est désormais un ancien joueur, c’est un tout jeune président, son statut qui n’a pas bougé, c’est celui du patron de bar,-pizzeria il est le propriétaire du « Donjon » qui se trouve bien évidemment dans le quartier du château. Là, il a comme clients réguliers à l’heure du café, un quatuor prestigieux, jugez plutôt, André Labarrère, son cousin et premier adjoint René Cazenave, David Habib son chef de cabinet et Pierre Lomé son homme de confiance. Ils connaissent tous le champion, l’apprécient, le savent au fait de bien des choses inhérentes à la ville. Bref, il possède le profil parfait d’un colistier sur la liste des municipales.
« L’émergence de la punta change la donne »
Elu, Gérard Pierrou rejoint naturellement la cellule sport de la municipalité paloise que conduit Henri Lambert. Il s’en rapproche au point d’apparaître bientôt comme son bras droit.
La pelote tient désormais un ambassadeur de luxe, elle s’est rapprochée des instances au pouvoir décisionnaire. Gérard Pierrou va pouvoir défendre sa paroisse en haut lieu, en prise directe avec les décideurs. C’est tout de même plus simple pour faire avancer la machine !
« Notre sport est en pleine évolution, la cesta punta commence à pointer, les joueurs partent aux USA, on continue certes à jouer en place libre mais on a besoin d’installations couvertes pour éviter que nos joueurs aillent s’entraîner soit à Mauléon, soit à Biarritz, soit à Saint Jean de Luz.»
Titre et élection, premières !
C’est ainsi que Gérard Pierrou s’adresse à André Labarrère vite après son arrivée à la place royale. Non seulement, on l’a vu il l’avait comme client la matin au Donjon pour partager un café, mais en 1971, qui est-ce qui était champion de France de grand gant en place libre ? La Section paloise de Casty, Badets et… Gérard Pierrou ! Et qui est-ce qui, au stadium de la gare, remet la coupe aux champions ? Le maire de Pau ? André Labarrère. Le titre fut d’autant plus savouré qu’il était celui de quelques premières : pour les « verts et blancs » de la Section, mais également pour André Labarrère dont l’ élection municipale, épisode 1, datait de cinq petits mois tout juste. Vingt ans plus tard, place royale, le maire et le président évoquent peut-être quelques souvenirs mais c’est de l’avenir dont il est essentiellement question. « Je n’avais pas de projets dans mes cartons, ce que j’avais c’est l’idée d’un complexe pour la pelote », se rappelle Gérard Pierrou.
Le complexe sur les rails
La réponse du premier magistrat de la ville n’est pas un chèque en blanc, elle ne dessine pas un complexe pour la pelote mais Gérard Pierrou a trouvé une oreille attentive, un élu réceptif et au fait du dossier « André Labarrère connaissait la pelote, il en savait la place à Pau, il était fier que l’on ait des champions du monde parce qu’il était fier de tout ce qui participait à la promotion de la ville. »
Gérard Pierrou ne possédait qu’une parole, mais elle valait de l’or puisqu’elle mettait le complexe de pelote de Pau sur les rails. Et pour de bon, cette fois.
Gérard Bouscarel
A suivre
IV- Du hameau à l’hippodrome.
*Sur la photo de l’article précédent et pour ceux qui ne l’auraient pas reconnu, il s’agissait de Jean Dominique Olharan !
Sur nos photos:
Ce sont les quatre planches des plans du futur complexe que l'architecte palois Philppe Pichot a réalisé et qui seront présentés au conseil municipal en 1999. Présentés et adoptés faut-il le préciser.
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