Ligue des Nations, Olharan argent pas content

Il est monté sur le podium parce qu’ il fallait bien y monter et qu’y monter est déjà, par définition t un couronnement, mais il y est monté portant avec lui toute la misère qu’un rapide passage aux vestiaires n’avait pas allégé, il y est monté comme on montait jadis sur… Non, on s’égare, sachons garder au sport ses limites, ce n’est qu’un jeu après tout, quand l’échafaud n’en n’était pas un. Mais Jean Olharan, et on le comprend, sur ce podium aurait voulu être ailleurs et très certainement seul avec sa déception son désarroi, son incompréhension. En guise de quoi on lui proposait une cérémonie protocolaire encore plus longue qu’à l’ordinaire, avec danses et chants basques au sons des « xistus » et autres tambourins, avec photo protocolaires en compagnie des féminines aussi, avec mots de réconforts susurrés à l’oreille par les autorités toujours très nombreuses à l’heure des récompenses. Jean Olharan garçon poli et bien élevé a certes applaudi mais sans grand enthousiasme, ni sourire, et il a immédiatement recroisé ses bras, pour mieux, qui sait, cacher cette médaille d’argent qu’il n’avait peut-être pas imaginé de ce métal, qu’il avait très certainement pensé plus digne, plus révélatrice d’une finale une vraie…
« Il lui a donné à manger »
Autant lundi soir lorsque pour démarrer son parcours il avait été plus qu’un challenger contre le même Erkiaga, autant l’avait-il secoué et poussé à la belle, ne perdant que sur une erreur de stratégie, autant ce vendredi à l’heure de retrouver l’idole de tout un peuple ne fut-il, le malheureux, qu’un pelotari de papier volant en éclat sur toutes les tentatives d’un adversaire fidèle à lui même dans l’excellence. Autant tout son entourage et les techniciens de l’équipe de France, le croyaient-il capable de faire encore mieux, autant dans ce petit fronton de Baracaldo, à la très belle sportivité, fut-il à cent lieues, de donner à ses supporters une once d’espoir. Et que ce soit dans la bouche des uns ou des autres, le constat était sans concession, non pas qu’il accablait le champion français, non pas qu’il brûlait ce qu’il avait adoré simplement imageait-il à la perfection le reflet de la partie. « Jean n’a pas bien joué, pas bien joué du tout, il a donné à manger à son adversaire et donner à manger à Erkiaga c’est le régaler,» analysait Eric Irastorza dépité comme tout un chacun. Venu à la rencontre de son clan, Le joueur lui même ne disait pas le contraire, « je n’ai jamais commencé à jouer » se lamentait-il en accordant un selfie à deux jeunes basques tout sourire.
Erkiaga impérial
Si on ne vous pas encore parlé de la partie c’est que, vous l’avez compris il n’y en n’eut pas où si peu, c’est que si le public remplissant les gradins donnaient plus de voix sur les points de Jean Olharan, c’est simplement qu’il en aurait souhaité bien davantage, c’est qu’il aurait goûté à davantage de spectacle. Il n’en n’eut pas des tonnes il est vrai.
On résume, Jean Olharan marque le premier point de cette finale puis en encaisse 4, il résiste encore jusqu’à 3-5 et puis c’est le silence radio jusqu’à 3-12, Erkiaga en marchant attend de cueillir sa proie, pas difficile elle tombe 15-6, un deux murs du palois lui vaut une gerbe de bravos très sympathiques, preuve que l’on souffre pour lui et avec lui.
La deuxième manche n’est guère différente, Jean Olharan est encore là à 3-4 et puis bien moins là à 6-12 alors tout en gestion Erkiaga déroule et ne consent jamais plus de deux points consécutifs au palois, lui en revanche les fait défiler au même rythme régulier que les chevaux de la garde républicaine un jour de 14 juillet, de 12-7 à 15-10 sans la moindre frayeur comme s’il y avait eu sur la cancha un joueur faisant ce qu’il voulait de la pelote et un autre faisant ce qu’il pouvait de la pelote.
Bref dans la série des duels Olharan-Erkiaga de cette fin d’année, le roi de Buscaye mène 2-0, un troisième est programmé lundi soir à Gernika dans le cadre des Winter series, ce sera à deux contre deux cette fois, et on se disait qu’une partie ne ressemblant jamais à une autre…. On se disait aussi que pleurer le vendredi ne faisait pas automatiquement pleurer le lundi, et puis on ne se disait rien du tout sinon qu’Erkiaga était peut-être plus qu’un grand monsieur de ce jeu, un génie tout simplement…
Gérard Bouscarel
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