Mendivé, une carrière devant des filets!
Saison 2016-2017, le FC Pau qui vient de monter en 3ème division croise la route de Monaco, de Marseille aussi, la réserve pro des deux clubs s’entend. En Béarn, un gardien termine son ascension en prenant la place de numéro1, succédant alors à Jacky Leglib, son nom ? Florent Mendivé. En Principauté, évolue un jeune joueur, de 17ans tout juste, son nom ?Kyllan M’Bappé ! Ce n’est pas, des années plus tard, un souvenir furtif qui s’enfonce au fond de la mémoire, non. Il se souvient Florent Mendivé qu’il avait pris un but de la star en devenir au Hameau, mais qu’au retour sur le rocher, il avait gagné son face à face avec celui qui « allait déjà à une vitesse vertigineuse. »
Ah les séances d’entraînement spécifique
Longtemps, très longtemps, Florent Mendivé, n’eut de préoccupation, si ce n’était une obsession, celle de protéger ses filets. Ce grand gaillard de plus d’un mètre quatre vingt, le corps sculpté sans le moindre défaut, l’élégance promenée au naturel, avait choisi de garder les buts sur un terrain de football, à moins que ce soit la case qu’il ait le mieux coché quand, à l’école de foot de l’entente Salies-Carresse, « on passait un peu par tous les postes, et on se rêvait tous attaquant ».... Il le fit bien et s’y fixa puis s’y plu dès lors qu’un ancien gardien, Patrice Pocq, vint, un an durant, lui faire découvrir les séances spécifiques pour gardien. Le « kif », même si ça ne se disait pas encore comme ça. Il fomenta ses premiers rêves, fit d’Hugo Lloris sa première petite idole, lui l’ado de Bellocq venu au foot puisque ses deux frères aînés y étaient venus. « C’était plus pratique pour nos parents ». Et puis patatras, à l’Aviron, il resta sur le quai d’une détection malheureuse qui l’affecta bien sûr mais le boosta aussi, peut être surtout. Ce que Bayonne lui refusa, Pau le lui offrit.
« Gardien de but, la hiérarchie est établie »
Plus exactement il s’offrit à Pau, un peu grâce au bouche à oreille un peu grâce au culot. Ce dont il avait une folle envie, Florent Mendivé, c’est de retrouver ces séances faites rien que pour les gardiens. Pour elles il fit le grand saut non pas tant géographique, Bellocq et Pau c’est presque des voisins, que philosophique, à 18 ans s’installer seul en appartement reste un vaste dépaysement. Sur le terrain, en revanche, tout va pour le mieux, les M18 « jaune et bleu » dont il protège les buts luttent jusqu’à la dernière journée pour monter au plus haut niveau national ! Le voilà chez les séniors, le numéro 2 derrière Jacky Leglib, « j’ai beaucoup appris à ses côtés, il m’a pris sous son aile ; gardien numéro 2 en première, je jouais avec la réserve en division d’honneur »
La pelote ? Rien qu’en UNSS au lycée
La pelote et le jeune Florent ? Elle ne fait pas partie de son univers. Il se souvient tout de même des années collèges à Salies ou avec « François Susbielle, « Su-Su », le sport UNSS, c’était pelote. Mais ce dont il est question pour ce garçon à la tête bien faite c’est de mettre à profit son bac pro de technicien d’usinage pour entrer dans la vie active, ce sera chez Exameca à Serres-Castet. Et de la sorte, jamais il ne mènera sa barque vers un seul cap. Sa vie sportive s’accompagnera toujours d’une vie active.
Et pourtant tout ne va pas mal « dans la cage », c’est même plutôt bien sur un poste où la hiérarchie est souvent très établie. « Non, faire son trou n’est pas facile, malgré un travail et un investissement permanent ». Il le creuse pourtant ce trou, une demi saison d’abord et puis une saison entière en 2015-2016, où c’est à son tour de prendre le second sous son aile. D’être là où il voulait être.
Le choix de vie toujours prioritaire
Florent Mendivé est-il monté dans l’ascenseur pour la gloire ? Ira-t-il plus haut encore ? Il ne se pose pas la question de cette façon, mais alors pas du tout. « Je travaille à Turbo, je suis jeune dans le football mais pas en âge, j’ai 27 ans, alors quand on me propose aussi un CDI à Turbo, le choix que j’ai à faire n’est pas aussi compliqué qu’on peut le penser. C’est sans regret que je sécurise ma vie professionnelle que je privilégie ma vie de famille*, mes projets de maison. Je n’ai jamais regretté mes choix, j’ai horreur de regretter.»
Il ne range cependant pas les crampons définitivement, et prolonge une saison de plus mais en numéro 2 puisque le club a bien noté qu’il n’effectuera pas les déplacements et glissera doucement vers l’arrêt définitif. Ibrahima Konaté, l’ivoirien, est donc recruté, le numéro 3 voyagera et Mendivé sera le « papa » d’une formation réserve très très jeune qui monte en CFA2.
En 2018, Florent Mendivé tire le rideau il n’encaissera plus de buts, enfin si quelques uns encore puisqu’il effectue une dernière représentation sous les couleurs de l’entente Assat-Meillon..
« A Gelos, à pala je pars de zéro »
Aujourd’hui, Florent Mendivé a une autre priorité - on ne parle plus de préoccupation ou d’obsession, parce qu’il n’est plus seul, livré à lui même comme l’est un gardien - c’est celle de protéger le plus souvent possible les filets, on parle de ceux des trinquets qui sont, tout au fond de la cancha.
Sa carrière sportive a donc, opéré un sacré virage, un demi-tour complet pour passer de la grosse balle en cuir à la petite pelote pleine de gomme. S’il a fait un choix de vie assumé, il n’a pas perdu le goût de la compétition, alors quand son copain, Jérôme Sénac l’emmène au trinquet de Gelos jouer à la pelote, il ne découvre pas un monde nouveau, mais tout de même « je pars de zéro »… C’est avec Benoît Ponthieux qu’il fait un apprentissage qui a un point commun avec le foot « la lecture de la trajectoire. Ca m’a aidé. » Le souvenir des mercredis UNSS à Salies qui remonte à la surface, en plus, « je me débrouille » sourit celui qui rejoint Romain Philippe à la Section parce que c’était une « opportunité supplémentaire. »
L’appel du maître Laberdesque
Elle se vérifie quand Romain rejoignant la Bigorre où il s’installe, il fait équipe avec Mathieu Carrère pour jouer au plus haut niveau c’est à dire en 1ere série, un niveau qu’il avait atteint à Gelos, lorsqu’il quitte le club pour arriver à Pau.
Aujourd’hui, à 36 ans, le rectifieur sur des pièces de moteur d’hélicoptères chez Safran, anciennement Turbo, « on travaille sur des dimensions minuscules, jusqu’aux microns » travaille aussi ses pelotes au millimètre,. C’est qu’il fait équipe, sur la route du championnat de France, avec Olivier Laberdesque, le quadra qui fut et qui n’est pas loin d’être encore le « nec plus ultra » de la pala. Sur la cancha avec le champion mille fois couronné, l’excellence est l’exigence ! Celle vers laquelle il tend Florent Mendivé qui entend aussi savourer cette promotion aux côtés du maître. Il y eut Yannick, longtemps le frangin, puis Thomas Hubert, puis Thimoté Sender et puis vint son tour. C’est d’autant plus une reconnaissance de ses qualités et de son potentiel que c’est Olivier Laberdesque lui même qui l’appelé.. « J’ai d’abord été surpris, puis très vite, honoré de cette démarche et fier de jouer avec lui » sourit doucement Florent Mendivé, le sportif qui sur un terrain ou une cancha n’aura jamais cessé de défendre les filets ! Avec talent et humilité...
Gérard Bouscarel
*Marié à Aude, Florent est père de deux fillettes, Lucie 7ans et Soline 4 ans.
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