Les adieux de Lopez quelle fête!
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Pour rien au monde, même si ce n’est qu’une façon de parler, Jean Olharan n’aurait manqué, ce lundi 13 avril, la finale du Master de Zumaïa, rebaptisée depuis le lundi précédent et sa qualification, les adieux d’Imanol Lopez ! Pas même une blessure au genou datant du vendredi et du tête à tête de Berriatua. Mais il en va des genoux comme de beaucoup d’autres choses, certains sont intelligents au point de retarder l’éclosion du mal, c’est ainsi que dans le fièvre d’Aitzuri, le fronton de la localité côtière a pu honorer sa qualification pour le dernier rendez-vous d’Imanol Lopez. « J’ai joué en ayant mal soit mais ce n’était rien en comparaison du lendemain matin où mon genou avait doublé de volume, que je ne pouvais plus le plier et que le docteur m’a prescrit un arrêt total des activités de dix jours. »
Le meilleur arrière du quart de siècle
Oui mais, il est tout de même rentré du pays basque espagnol, les yeux plein de belles images, l’esprit encombré par tant de jolis hommages, la mémoire marquée par tant de ferveur autour d’un seul homme. Bien évidemment il ne s’agit pas de n’importe quel enfant de Zumaïa mais sans aucun doute du plus célèbre, Imanol Lopez le puntiste que les journaux locaux n’ont pas hésité, une seule seconde, à qualifier de meilleur arrière du dernier quart de siècle. » Ce qui, soit dit en passant, ne doit pas être loin d’être vrai, mais sans doute trouvera-t-on d’autres voix pour défendre une autre candidature aux mêmes superlatifs…Ces débats là au coin du comptoir autour d’un café nourissent aussi la légende du sport…
« A 0-10 le public nous soutenait »
Le premier souvenir que pose Jean Olharan, c’est tout de même celui de la finale du Master, « que l’on a joué à fond avec Unaï Lékérika, pour la gagner, mais ils ont été très forts, Imanol notamment nullement déstabilisé par ce environnement un peu fou. Au contraire il a été impérial ne commettant qu’une seule faute durant toute la partie, c’était à 3-3, en début de seconde manche, il a touché la barre du haut du mur… » Pour ce qui est de la première manche, ce sont bien Olharan et Lekerika qui n’ont pas touché terre, encaissant un 10-0 qui eut le don, sourit aujourd’hui Jean Olharan, de nous valoir les faveurs du public sans doute inquiets pour le spectacle ! Comme on a bien remonté pour venir mourir à 12, il est vite retourné derrière celui qu’il entendait fêter... rit franchement le palois.»
La soirée bascule dans une autre dimension
Lopez et son ami Erkiaga coiffaient donc une nième « boïna », la dernière de l’arrière mais il est des soirées ou perdre n’altère nullement l’humeur, ne ronge le bonheur, y être est un privilège, une fierté. Auxquels tous n’ont pas eu droit puisque le lendemain matin 10h de la qualification de Lopez, il ne restait plus un seul billet à la vente, Aitzuri était complet de ses 800 places, plus que complet, il refuserait du monde comme jamais. EITB, la télé basque, volerait au secours des recalés de la location.
Le protocole traditionnel effectué, Olharan et Lekerika quittaient le podium, y laissant seuls les héros du soir et bientôt le héros unique, l’enfant de Zumaïa et alors la soirée basculait dans une autre dimension, celle cadeaux, des hommages, des poignées de mains, des applaudissements qui ne finissent jamais, des émotions, des mains posées sur le coeur et rythmant les bravos, des bisous envoyés pudiquement,
Sans reine ni trône mais le roi quand même
C’est un paséo qui part du haut du fronton et descend jusque sur la cancha et qui n’en finit pas tant les mains se tendent pour que celles de Lopez les frappent, c’est une haire d’honneur, cesta Un levées bien haut de l’école du cru, aussi longue qu’une barque des pêcheurs de Zumaïa. C’est jour de fête au jaï alaï mais aussi au port, pour San Telmo on porte la vareuse bleue, Lopez et Goïko l’ont revêtue et se sont étreints avec force, eux qui furent à la fois de grands amis et d’encore plus grands rivaux quant à Miami, Dania ou Mexico, ils s’empêchaient l’un l’autre de gagner la « triple couronne américaine». Le maire de Zumaïa fut moins expressif, mais plus solennel, il était du nombre le premier magistrat, du nombre et fier, tout comme ils étaient là aussi les joueurs de punta, ceux qui continuent et puis David Minvielle, le béarnais venu accueillir le quadra comme lui dans le club des retraités qu’il a lui même rejoint l’été dernier.
Il a même eu droit Imanol Lopez à un sombrero mexicain qu’il a coiffé tout sourire en écoutant puis en reprenant la chanson des « Mariachis » des Navarre qui disait à peu près ceci, « je n’ai pas de reine, je n’ai pas de trône, mais je suis quand même le le roi » !
« Il m’a toujours impressionné »
Un roi toujours pas submergé par tant de festivités dédiées, tant d’affection enveloppée, tant d’amour avoué, mais pouvait-il résister jusqu’au bout à ce torrent de louanges, ce flot de remerciements ? Jean Olharan était aux premières loges sur la cancha : « Il a pris le micro, dit merci en basque et puis sa voix a « bugué »… alors la foule a applaudi à tout rompre et Lopez a repris ses esprits en s’appuyant sur la caisse qui renversée, faisait office de podium…
Jean Olharan entretient avec Imanol Lopez une amitié partagée par le grand basque que l’on a vu prendre le palois par le cou à plusieurs reprises quand on pouvait penser qu’il avait mille autres centres d’intérêt. Le palois ne se fait pas prier pour confirmer, il a, en revanche, plus de mal à situer le point de départ de cette complicité… « On s’est toujours bien entendu et on a souvent bien joué ensemble, ç’est peut-être ça qui fait que… C’est aussi que c’est un très gentil garçon » souligne Olharan qui reconnaît avoir été « toujours impressionné par la qualité » du grand basque espagnol. Une qualité dont il faudra se passer désormais. Imanol Lopez a fait ses adieux à la pelote et ce fut lors d’une grande et belle fête… Une fête à la hauteur d’une carrière, immense.
G. Bouscarel
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