"Excelsa", le jardin de Duguine

Il n’a pas fait de vieux os dans les murs du complexe de pelote, il était même l’un des premiers douchés et recoiffés, l’un des premiers à dévaler l’escalier central de l’édifice pour rejoindre le parking et filer… Direction Urcuit où il était bien naturellement pressé d’aller rejoindre le grand chapiteau dressé à l’occasion de la grande fête...Non pas à son intention, pas encore du moins, mais à celle de sa sœur, de sa belle sœur et de deux copines qui avaient groupé les cérémonies de leur 40ème anniversaire… Il y sera arrivé avec un cadeau supplémentaire, le trophée Excelsa, cinquième du nom qu’il a non seulement gagné mais dominé sans partage en compagnie Beñat Ourthiague.
Cet Ourthiague avait du Laberdesque dans ses coups
Car ce serait une erreur quasi grossière que de ne pas, d’emblée, associer le benjamin du tournoi, 25 ans, joueur de gomme presque exclusivement ne possédant pas un vécu pelote extraordinaire, il y est venu à 15 ans, et encore footballeur à Ossès, dans la construction de ce succès.
C’est certes un peu flatteur et même irrespectueux pour Olivier Laberdesque dont l’œuvre est colossale que de faire le moindre parallèle la moindre comparaison, mais dans l’audace, dans la finesse des coups, la justesse des attaques, bref la qualité parfaite du joueur de trinquet, le jeune citoyen de Lecumberry, au look d’universitaire anglais, n’a pas été sans rappeler quelques coups du maître palois. Et dire qu’il confiait avoir été impressionné à l’idée de jouer contre un tel joueur… Ca ne s’est vraiment pas vu, non, ce que l’on a vu c’est son calme olympien, sa façon de ne rien transmettre, d’écouter à la lettre les quelques conseils de Valentin Duguine qui derrière contrôla la situation de bout en bout.
Duguine a-t-il douté une seule seconde
On ne mettrait par ailleurs pas une très grosse pièce sur le fait de savoir si l’enfant d’Urt, licencié à St Vincent de Gosse, qui abandonna la paleta cuir il y a trois quatre ans pour lui préférer la gomme, a une seule seconde douter de son succès.
Et que Damien Lepphaille n’ait pas été le partenaire de Laberdesque comme prévu ne change pas grand-chose à l’affaire. Le grand arrière a en fait été victime du même coup de chaleur que Stinner le numéro 1 mondial du tennis la veille à Roland Garros,il s’est réveillé avec une forte fièvre le contraignant à rester au lit… C’est logiquement Stéphane Harguindégui, éliminé en demi finale qui était son premier remplaçant, mais il avait d’autres projets pour ce samedi et c’est donc à Beñat Abad qu’il a été fait appel… C’est l’homme qui tombait à pic comme disait le feuilleton télévisé, puisque le bayonnais avait de toutes façon prévu de venir assister à la finale… Simplement il le fit en habit de pelotari plutôt qu’en bermuda et tee shirt… Avec succès c’est beaucoup dire, tant il a surtout défendu, beaucoup défendu et donc livré à l ‘usure pas mal de pelotes dont l’adversaire s’est nourri bien évidemment. Alors, la partie n’a effectivement pas longtemps gardé ses secrets, si tant est qu’elle en ait eu.
Inexorablement le score s’envolait sans eux
Laberdesque et Abad se sortirent du piège initial soldé par un 0-4 pour égaliser mais ce fut bien la seule et unique fois de la partie qu’ils se montrèrent à hauteur de leur rivaux. Car le ressort du copteur commença à se tendre très vite après. A 6-11 très exactement, le bel Olivier tout en finesse rugit encore pour revenir à 9-11 et puis ce fut terminé. La suite de l’histoire ressembla comme deux gouttes d’eau au conte d'Alphonse Daudet, dans son livre les lettres de mon moulini où sa célèbre petite chèvre uit lutta lutta toute la nuit avant de s’incliner au petit matin…
Laberdesque et Abad en glorieux anciens, en champions au gros coeur luttèrent luttèrent mais le score continuait à compter sans eux, contre eux, à s’envoler sans les convier…
9-13, 10-15, 12-18, 14-22 c’était inexorablement l'écart qui se creusait et ce qu’ils mirent d’énergie pour terminer dans la même dizaine que leurs vainqueurs, ce qu’ils firent d’efforts alors que la caisse ne possédait plus beaucoup de réserve, ce qu’ils donnèrent pour éviter la « rouste », pour terminer à moins de dix pions de leurs bourreaux eut même quelque chose de bien peu sympa mais c’est la loi du sport que de ne jamais faire de cadeau à un adversaire, que c’est lui manquer de respect que de lui tendre la main. Et comme c’est là ce que Laberdesque infligea si souvent à ses adversaires, qu’il l’accepta la tête haute et le sourire aux lèvres à ses depens… Mais rien n’y fit il fut même assez loin, et Abad avec lui, d’atteindre la barre des 30 points… 26-40 le « Master Exclesa » avait trouvé ses maîtres…
Le xaré, Thibault Trey, la guitare et l’esprit des Halles
La soirée s’annonçait belle et longue à l’Esprit des Halles, là où, guitare en main, et entouré des joueurs de Xaré de l’équipe de France qui avaient superbement ouvert la journée, il redevint imbattable Olivier Laberdesque !!!!
Enfin, comment ne pas clore l’édition 2026 du Master « Excelsa » par ce joli geste qui avait conduit Olivier Laberdesque et la Section Paloise à convier Thibault Trey, le grand malchanceux de l’épreuve à venir lancer le « duro ». L’occasion pour tout le monde de constater que le jeune oloronnais était sur la voie de la guérison et qu’il avait même recommencé à taper, gentiment, mais à taper...
Gérard Bouscarel
Reportage photos Raymond Cazadebat.
Les résultats
Xaré
Oxan Perugorria et Andoni Castera battent Bruno Driolet et Jon Lafargue 40- 38.
Master Excelsa
Finale
Beñat Ourthiague et Valentin Duguine battent Olivier Labnerdesque et Béñat Abad 40 à 26.
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