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José Diez, enfant du Stadium

Le parcours pelote de José Diez, architecte expert de son métier, débute très tôt quand il a six ans, et il se poursuit encore, alors qu’il en a 62, surtout sous l’habit du juge. Il ne se fait que sous les couleurs de la Section Paloise. Mais ce n’est pas un parcours rectiligne, c’est même une ligne que les circonstances brisent à deux reprises.
12.7.2026
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José Diez
José Diez

Quand José Diez dit joliment qu’il est « un enfant du stadium » il pose sur les deux premières grandes périodes de sa vie, l’enfance et l’adolescence, un parfait résumé de ce que le destin lui avait réservé. Il appartient, et il est loin d’être seul dans ce cas, à cette catégorie d’enfants qui ont trop grandi dans un  environnement fait de pelote pour ne pas, l’heure venue, l’embrasser comme s’il n’y avait rien d’autre, comme s’il était conçu pour eux. Et chez les Diez, la pelote, dans ce qu’elle a de plus originel, elle en tient de la place. José Diez s’en souvient « du lundi au dimanche à la maison c’était main nue. » A la main nue c’est papa qui joue. Il joue bien, non, il joue très très bien. D’abord, naturellement pour l’Espagne puisqu’il est natif d’Irun.  Ensuite pour la Section Paloise, puisque c’est en France que le comptable cherche à travailler et qu’il y rencontre, tout à la fois, un emploi et puis celle qui, devenant Madame Diez lui donnera quatre enfants.  C’est au sein de l’entreprise de transports et de déménagements Lalanne, qu’Albert San José Diez trouve l’emploi qui lui permet de quitter l’Espagne. Et comme un fait exprès, l’entreprise  est la voisine du… Stadium de la gare.

Main nue et Chistera

Venu au monde sur le territoire national, José, qu’une coutume espagnole fait appeler San José I, le surnom de son père, son frère Laurent s’inscrivant dans la lignée avec San José II, a déjà pas mal bourlingué sur les canchas, il sait que des prêtres jouent au même jeu que son père. Les abbés Salette et Etchegaray deviendront même ses partenaires à Pau. Des religieux en soutane sur la cancha, avouez que ça puisse faire sourire un gamin de six ans. Lui, José, sur la cancha, il y est désormais tous les mercredis de 13h30 à 18h30, au Stadium, son père l’y dépose et l’y reprend. Là, c’est chistera et il y prend goût, le jeune Diez. Pas au point tout de même d’abandonner la main nue, là c’est papa qui éduque et entraîne. José joue à la pelote, il y joue même beaucoup. Avec l’enthousiasme  de sa jeunesse, mais le Stadium c’est la grande maison de la Section paloise, pas seulement de la pelote.

Le café du matin avec Guy Bellehigue

Au premier étage elle y fait pratiquer d’autres disciplines, l’escrime, le judo, la boxe et José Diez tout feu tout flamme  il aimerait bien de, temps à autre, une fois en passant, aller voir à quoi ça ressemble ces autres disciplines. Il a même un faible pour la boxe anglaise, puisque c’est là que pratique le plus grand nombre de ses copains. Michel Vidal et Guy Bellehigue, dont on se souvient qu’il boxa  aux portes d’un championnat d’Europe, est de ceux là, José ne s’en souvient pas seulement en raison de la belle carrière du palois, mais bien parce que, des décennies plus tard, il boit toujours le café du matin en sa compagnie.

José Diez a-t-il trop joué à la pelote ? Est-ce que trop de pelote n’a pas tué la pelote ?

Ce dont il est victime alors qu’il va vers ses 18 ans, s’appellerait aujourd’hui  un « burn out », à l’époque c’est un « ras le bol », mais un vrai, un gros, «  j’en étais dégoûté à un point que je n’aurais jamais imaginé. J’ai fait un tel rejet, que chez moi tout ce ce qui avait trait à la pelote a disparu, je n’ai rien laissé. »

Le « yoseikan budo » en hommage à Tremolada

Son nouveau bonheur, José Diez le trouve entre les cordes d’un ring ! A la boxe française  son deuxième « dada », il mettra même les gants  mais surtout durant ces 6 années il se lie d’amitié avec l’entraîneur du club de Lescar, Didier Tremolada. Les deux copains se préparent même à aller s’entraîner à une nouvelle discipline le « Yoseikan budo », un art martial d’origine japonaise très complet, permettant les projections. Il a été officialisé en 1975. Las,  un infarctus emporte Tremolada avant la naissance du projet, José Diez conduit l’aventure seul, pour honorer la mémoire de son pote disparu. Ses deux enfants, Gabriel et Laura le suivent.

Professionnellement, José Diez bachelier au lycée Lauga à Bayonne, diplômé de l’école des beaux arts de Tarbes puis de Toulouse il intègre en tant qu’expert la SBEMH, société que les palois appellent plus communément la « Béarnaise Habitat ». Au souvenir des longues années passées à la rénovation d’Ousse des bois, il plaisante aujourd’hui, en disant que la boxe était un meilleur passeport que la pelote pour être admis et respecté, ce qu’il a toujours été »

Invité au Stadium et démasqué

Mais c’est bien à la pelote  qu’il va revenir et ce, à la grande surprise de ses enfants vivant dans un univers familial  où plus rien ne rappelait le parcours du papa… Par contre, quand il arrive au Stadium, avec les invitations de la Béarnaise habitat,  pour assister à une partie de grand chistera puis aller au réceptif, installé sur une immense table dans le mur à gauche, le masque tombe. José Diez salue tant de monde, serre également de nombreuses mains, et répond à suffisamment de « Hey, José mais qu’est-ce que tu deviens ? » pour que la famille ne comprenne pas tout... ». Mais papa tu connais ce sport ? Tu y as joué ? Et la sentence tombe : alors tu va pouvoir m’apprendre !!! C’est que son fils a découvert un sport auquel il a très envie de s’essayer à l’âge de 12 ans.  Voilà comment à 42 ans José Diez remet le gant, replonge dans le monde des pelotaris, doucement d’abord, avec les loisirs et puis en compétition avec Didier Biraben et Guillaume De Ferron qui lui proposent de compléter le duo. Ainsi formée la triplette de la Section dispute plusieurs championnats de France et puis, José Diez a un élève qu’il forme et qu’il entraîne, Gabriel ou San José III.

« Comme une batterie à plat »

Son histoire lui dicte un nouveau chapitre, pas le plus sympathique à vivre, pas plus à conter.  Fin 2019, José Diez est hospitalisé à Bordeaux, Haut Levêque, et il passe une année entière à soigner une grave maladie, qui ne lui permet plus de rêver à quoi que ce soit, ni main nue,  ni chistera, ni boxe, ni art martial au nom à coucher dehors.

« Tu imagines  une batterie qui ne te permet plus de démarrer, c’est qu’elle est à plat, et bien j’étais dans le même état, à plat, je ne tenais plus sur mes jambes. »

Depuis, cet épisode douloureux a trouvé sa place dans l’armoire aux souvenirs à oublier, et il s’est remis à taper, et à entraîner les jeunes de l’école de pelote le mercredi« un peu, seulement » et s’il est encore, très souvent, au cœur des parties qui se jouent dans le « jaï alaï », tout au bord de la cancha, en tant qu’arbitre ou en tant que coach, celui qui n’oublie jamais de dire, « nous sommes tous des enfants du stadium….

Gérard Bouscarel

  

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