Edito, tu te souviens Paul

Le jeunot et l’ancien, le benjamin et le doyen, le plus jeune et le plus vieux, l’élève et le maître,
la découverte et l’expérience, le sans grade et le maestro… On ne sait si Jean de La Fontaine, friand pour ses fables, de ce genre d’associations, même si sa préférence allait aux animaux, eut trouvé son bonheur pour traduire la partie qui s’annonce, ce soir au complexe de pelote de Pau, pour ouvrir la sixième édition de la Pau Cup .
Ce qui est avéré en revanche, c’est que cette première paloise de 2006 est un cadeau. Un véritable cadeau. L’ordinateur qui était en charge de résoudre l’équation à plusieurs inconnues l’ordinateur que l’on dit être aussi froid qu’un hiver en Islande, l’ordinateur que l’on dit ne pouvoir parler qu’aux informaticiens de très haut niveau, cet ordinateur, auquel Frédéric Cadet a soumis une liste de 16 joueurs, un calendrier à trois dates et lieux, St Jean, Biarritz et Pau, a incontestablement eu un instant de faiblesse. Il s’est dit que la Section Paloise, club en pointe à bien des égards, club ne refusant jamais un aller retour au Pays Basque pour y emmener ses équipes de jeunes, que cette Section méritait un clin d’oeil… Alors il a associé Aritz Erkiaga, l’avant basque de Biscaye, à Paul Caparrus l’arrière béarnais de Pau; Alors, il a fait jouer ensemble les 39 ans du joueur né à Ispaster et champion du monde en titre, et les 21 ans de l’espoir né à Pau et venu des « série’s » ces tournois de qualifications qui, exception faite de Clément Garcia, survolant le classement des avants, n’a livré son verdict qu’à la dernière soirée.
"A moi de jouer … !"
Bien entendu on écrit n’importe quoi, l’ordinateur se moque de Pau, de la Pau cup, de la summer league, comme vous vous moquez de la première pelote que vous ne maitrisiez pas.
L’ordinateur, il a associé deux des joueurs qui figuraient sur la liste soumise, comme il a associé à cinq autres reprises les mêmes joueurs mais avec chaque fois d’autres partenaires. Plus simplement, la « Summer league », c’est trois frontons, 10 « Masters », chaque joueur en dispute cinq chaque fois son partenaire change.
Deux joueurs qui, s’ils sont là c’est qu’ils l’ont mérité, c’est qu’ils sont au niveau...mondial !
Mardi soir à Saint Jean de Luz, le calendrier offrait à Paul Caparrus une « première », une « répétition ». Il jouait avec Clément Garcia qui a mieux supporter le poids de l’avènement ou de l’évènement, c’est pareil que lui. Paul Caparrus l’a bien moins supporté et c’est la première circonstance atténuante qu’on lui accorde, celle de l’émotion pas tout à fait contenue, celle d’une pression qui ne fait pas mousser. Il jouait contre Thibault Basque, incontestable n°1 français, le joueur de la Kostakoak est assurément déjà en mode mondial, il a joué à son meilleur niveau.
C’est la deuxième circonstance atténuante à laquelle il a droit.
Ce vendredi soir, chez toi, sur ta cancha, avec ton public qui te soutiendra de toutes ses forces. Ce soir Paul, ton avant c’est un peu le Thibault Basque que tu as joué mardi . Ce soir Paul, tu sais ce que c’est que les sunlights et les fastes de la présentation des joueurs qui t’ont peut-être remués.
Ce soir Paul, tu va faire ce que tu nous confiais la semaine dernière. Tu t’en souviens, ton propos c’était « à moi de jouer » !
Gérard Bouscarel
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