Edito L'hymne à l'amitié

Sur cette même cancha, Iñaki Goïkoxea, le grand Goïko, avait lui aussi tiré sa révérence et ce fut une belle fête. Ce vendredi soir c’est un autre grand de la cesta punta qui met un point final au bas de la page d’une histoire de 20 ans. Et cette finale n’est pas seulement une finale. Elle ne l’est d’ailleurs pas du tout puisque Jean Olharan et David Minvielle y accèdent sans passer par la case éliminatoire ce qui en temps ordinaire n’existe pas. Ce passe droit, inédit, dit bien déjà le respect et l’estime qu’ont à l’égard du citoyen de Carresse Cassaber, les dirigeants de la Section paloise.
Ils ont davantage envers celui qui tire sa révérence, les responsables du club « vert et blanc », ils ont le souvenir que quinze longues années n’ont pas suffi à enterrer, celui d’un titre national toujours bien vivace. Champion de France, sur ses terres, sur un jaï alaï presque neuf encore, dans un complexe sur le point d’accueillir les championnats du monde, c’est une consécration, c’est entrer dans le cénacle des grands, c’est un acte fondateur, c’est une signature.
Et voilà que ce titre, donne aussi le départ à une complicité entre deux jeunots insouciants, deux joueurs associés par la nécessité de faire grandir l’avant palois qui se balade chez les juniors. Cette complicité, cette nécessité, ce plaisir de se retrouver, deviennent avec le temps une amitié. Une vraie. C’est en son nom qu’en haut d’un escalier, un soir de nocturne punta, le cadet des deux fait faire un demi tour contact à son aîné… Non, tu ne pars pas comme ça David !
Et David ne part pas comme ça, il partira comme il a commencé, ils partiront, comme ils ont vécu, ensemble. Comme il y a quinze ans.
L'affectif s'invite
Ce soir là, c’est en août dernier, la Nadaü ne le sait pas encore mais elle devient le cadeau de Noël sous le grand sapin « vert et blanc ». L’accord des deux hommes que scelle une bière, fait bouger les lignes, tourneboule l’épreuve dont le nom est déjà une fête.
La Section, jamais à court de bonnes idées, n’a pas peur de tordre le cou à ses règles, ses principes.
L’affectif s’invite à la table de l’organisation, il y a là l’enfant du club, Olharan, le nom, la carrière, le palmarès sont un roman. Il y a là Minvielle, le gentil David, l’adorable David, le sourire attaché au gant, la bonne humeur plus solidement nouée que la lie de son gant.
Ce vendredi soir au complexe de pelote, il y a une finale, et les deux basques de Gernika reviennent
en Béarn pour la gagner, n’en doutez pas, et ils sont mêmes les favoris parce qu’ils sont en plein boom, quand Olharan descendra tout juste de l’avion et Minvielle n’a plus jouer depuis près de 5 mois. Peu importe au fond. Cette finale n’est pas qu’une finale. Elle est un hommage à une carrière. Elle est un au revoir à un grand bonhomme. Grand avec ou sans le gant. Elle est la dernière communion de l’année entre les acteurs et le public, et l’engouement qui a saisi la réservation prouve l’attachement de ce dernier.
Elle est tout simplement un hymne à l’amitié.
Gérard Bouscarel
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