Biarritz Barandika-Portet le gant en or
« P… Jusqu’à la belle il n’en n’a pas manqué beaucoup ! S’il nous a fait souffrir ? Et pas qu’un peu ! » à peine descendu du podium Xabier Barandika, qui avait pris soin de taper très affectueusement sur son épaule , rendait un hommage plus que sympathique à celui pour lequel tout le camp palois, mais aussi le public biarrot avait pris fait et cause, Paul Caparrus bien sûr dont on guettait la deuxième sortie, plus exactement la première après avoir surpris son monde lundi en demi finale…
La belle c’est une grosse tâche sur la nappe toute propre
Alors bien évidemment le 0-5 sanctionnant la « belle » reste comme une grosse tâche sur la nappe bien propre du banquet, puisque il fut le principal coupable de ce demi fiasco, et qu’à l’occasion d’une finale ça reste une déception, une occasion manquée. C’est la version bouteille à moitié vide.
Il y a également la version bouteille à moitié pleine. On peut même avancer qu’elle le fut au trois quart . On connaît trop le danger de faire monter trop vite sur le toit de l’Olympe, un garçon à l’aube de sa carrière pour vous en faire des tonnes, la descente est trop souvent décevante, voire catastrophique, mais le constat est tout de même là et partagé par tout le jaï alaï d’Aguiléra si l’on en croit comment les palois battus ont été applaudis en montant sur la plus basse des marches du podium.
L’impatience de Barandika
Oui Paul Caparrus a confirmé sa demi finale, oui Paul Caparrus a même été très longtemps à un niveau supérieur, rivalisant d’abord avec son pote Portet et puis tenant tête aux assauts d’un Barandika que l’on entendit plusieurs fois hurler des « ahora, ahora » (maintenant, maintenant) traduisant son impatience à mater la résisitance du duo palois, mais que l’on vit surtout se fâcher tout rouge quand le danger d’une défaite, rien de moins, planait au dessus de sa tête et celle de Jérôme Portet.
Nous étions au milieu de la seconde manche, les « verts » avaient empoché la première comme des grands (15-11). Elle fut d’un très bon niveau et les quatre joueurs méritaient d’être associés dans les louanges, Paul Caparrus y compris. Toujours aussi bien drivé par un Jean Olharan dont le travail défensif compliquait quelque peu les plans adverses, le jeune homme s’offrit des éclairs de luxe et des points ne devant rien à personne. C’est au nombre des fautes que se fit la différence avant le tiempo (8-5), une différence que les « sectionnistes » vont gérer remarquablement (11-7) pour aller au bout sans trop de frayeur (15-11). Et ces « verts » jouaient encore la gagne au milieu du deuxième épisode menant au tiempo (8-6) et résistant malgré le petit coup de moins bien de Caparrus (9-9).
La bascule se fait à 12-13, c’est dire
Olharan malheureux sur les deux points suivants, glissade et chute d’abord, sortant la pelote de quelques centimètres ensuite, le score inversa ses faveurs pour la première fois (9-11) mais l’avant palois avait encore du feu dans les jambes et dans son gant pour réussir à coincer Portet au fond puis frapper un 2 murs de toute beauté (12-13)… Voulant s’inviter à la fête Paul Caparrus emporté par sa fougue se grisa quelque peu en tentant un deux murs qui ne s’imposait point, et en voulant se rattraper il força le retour suivant (15-12).
La belle serait elle aussi belle que ce qui la précéda ? Xabier Barandika décida que non, il ne laissa le soin à personne de s’occuper de tout, absolument tout (5-0). Le basque de Gernika fit en même temps redescendre Paul Caparrus du petit nuage sur lequel il était si bien installé. Peut-être était-ce le meilleur service qu’il puisse rendre au benjamin du plateau. Pas plus que le château de Pau ne s’est pas fait en un jour, Paul Caparrus ne sera pas champion du monde demain, peut-être même pas après demain, il sait en revanche qu’il est sur le chemin qui mène plus haut, voire très haut. Et les conditions à remplir pour y aller !
Jérôme Portet toujours aussi propre et sécurisant dans ce qu’il fait, Jean Olharan se démenant comme un beau diable en faveur de son jeune partenaire sont eux dans une autre spirale, celle de la qualification pour le « slams », l’ariégeois d’origine avec deux « Masters » en poche sera selon toute vraisemblance dans le quatuor des qualifiés, quant à Jean Olharan en prenant un point et demi sur cette finale du gant d’or, il est toujours dans les clous. Et c’est bien mérité.
G . Bouscarel
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