Laurent Capdevielle, champion du monde SVP

La pelote et Laurent Capdevielle, enfant de Buzy, aujourd’hui solide gaillard, membre de la filière photovoltaïque chez « Euralis » s’ignorent
gentiment et très longtemps. Il y a bien, au fond de ses souvenirs, la période du Sports études de Bayonne où il côtoie Arnaud Alliez, mais elle
date aujourd’hui, et puis, surtout ils ne sont ni au même étage, ni ne manient la même balle. Il y a encore, c’est un peu plus récent, les parties
de pala au trinquet Désiré Garrain, le complexe du bas de Lescar, tout proche des bureaux, avec les collègues de travail, entre midi et deux. Ce
n’est pas une activité véritable et puis ce n’est qu’un tout petit bout, vraiment tout petit, de la pelote.
Une humilité profonde
Il existe à Pau, un jaï alaï dans un complexe splendide, mais Laurent ne le connaît pas… Pas encore, bien entendu, la bonne blague, on ne vous
entretiendrez pas de celui qui siège au comité directeur du club, si c’était encore le cas…
Mais Laurent Capdevielle, avant d’effectuer ce virage à 360 degrés, avant de devenir un dirigeant pelote investi, de devenir un joueur loisir de cesta
punta, de devenir un bénévole plein d’idées, de devenir un papa de joueur Laurent Capdevielle mieux vaut lui parler rugby, rugby et rugby. Alors, sa
voix fluette qui ne colle pas tout à fait à son gabarit de troisième ligne, vous conte qu’à Buzy, gamin, c’est d’abord l’ovale à l’école de l’entente
avec Arudy. Et puis, au nom de l’humilité profonde des gens dont l’horreur première est de réciter leur carte de visite, ce serait presque tout. Il n’aurait
presque plus rien à dire sinon un « sur internet tu trouveras des choses... »
Champion du monde U19 à Dijon
Peuchère, comme ils disent sur le vieux port à Marseille, oui peuchère, c’est pas qu’il y en a des choses, c’est qu’il a une page « Wikipédia » toute
entière dédiée, notre ami Capdevielle. Et pour cause, son CV est aussi extraordinaire que son patronyme est ordinaire, mais il est vrai que
d’ordinaire à extraordinaire on a vite fait d’accrocher cet « extra » qui change tout. Pour ne pas vous faire languir ou fuir « illico presto » vers le
net, on vous offre le plat de résistance, c’est tout de même un titre de champion du monde, celui des U19 ! C’était à Dijon, en l’an 2000, celui
que toute la France avait célébré à grand renfort de feux d’artifice, les coquelets de l’ère Peyrelongue, Forgues, Bousses et Jeanjean avaient battu
l’Afrique du Sud en quart, le Pays de Galles en demi puis l’Australie en finale sans lui laisser une miette (14-0) !
33 matches, 33 victoires avec les Reichel
Bien évidemment on ne passe pas de l’école d’Arudy-Buzy au titre mondial d’un coup de baguette magique ou encore d’un coup de pied à
suivre, non, il y a tout un cursus à franchir et il est long et périlleux avec à chaque étape, mention obligatoire pour ne pas disparaître des radars qui en
sport sont des tablettes… Laurent Capdevielle a rejoint la Section alors qu’il est cadet et il va y jouer jusqu’à sa première année senior. Là, ce sont
les années juniors qui le mettent en lumière, pensez 33 matches 33 victoires en 2000, qui offrent aux « Reichel » vert et blanc le premier des
deux boucliers nationaux consécutifs ; celui de 2000 puis de 2001. Le Béarn de l’ovale tout entier profite de la qualité de ce cru il est aussi en
2000 champion de France des Comités avec le Béarn et Lolo Capdevielle est désormais dans les petits papiers des observateurs de la fédé…
Un blessé, puis deux blessés et…
Le brin de chance qui vous change un destin n’est plus très loin… On va y revenir après vous avoir précisé que sa carrière senior passe par Oloron de
2001 à 2006 avec en point d’orgue cette finale de Fédérale 1 contre Colomiers, finale perdue certes, mais qui d’ordinaire hisse ses deux
finalistes à l’étage supérieur. Sauf que cette année 2005-2006, le Top 16 devient Top 14 et que par ricochet un seul club monte de Fédérale 1 en Pro
D2.
Deux saisons à Lourdes le rapprochent de la fin, mais à l’appel de Sylvain Guilhem il en offre trois autres à Bizanos et ça lui va très bien. Il a 31 ans
lorsqu’il raccroche les crampons en 2012.
Clément touche à tout...
Flash-back. Donc il n’est pas du groupe France qui prépare à Dôle le championnat du monde des U19. S’il pose un pied chez les bleus c’est que
le staff a besoin de remplacer le remplaçant qui s’est blessé. Et s’il pose le second pied c’est que le temps qu’il boucle son sac, s’en aille prendre
l’avion et rejoigne le camp de base, un autre joueur s’est blessé. Alors, ce match de préparation à la compétition, la vraie, il le joue Capdevielle, et il
le joue plutôt bien ! Si bien, qu’il fait également le dernier match de préparation en Angleterre et gagne sa place dans une équipe que plus rien,
ne va arrêter jusqu’au Graal… On ne parle toujours pas pelote chez les Capdevielle où Laurent et Alice
ont accueilli avec bonheur Clément. Et on ne va pas en parler non plus à l’heure ou le jeune Clément est en âge de s’ébrouer sur le pré. Le premier
n’est pas un pré mais un tatami, « Il touche un peu à tout, judo, foot, basket rugby » égraine Laurent dont le ton monocorde dit assez bien que le fiston
n’a pas trouvé sa voie…
Et « flashe » sur la cesta punta
Et puis, dans le cadre de ses missions pédagogiques au titre de la communauté d’agglo, Christophe Pierrou, éducateur hors pair à la Section
Paloise, arrive aux Lauriers avec son beau discours et son matériel d’initiation. Clément y est alors élève en CM2. Il est un enfant séduit par la
pelote… Si séduit qu’il retrouve Christophe Pierrou, mais au complexe de pelote cette fois et pour un entraînement découverte. Le doute n’est plus
permis, Clément a « trouvé le truc qui l’éclate » se souvient Laurent dont la vie, du même coup, change du tout au tout.
Le « sept » son dernier lien ovale
Son dernier lien avec le rugby, il l’avait tissé avec le « sept » et cette association « Pyrénées Rugby Seven » dont il a assuré la présidence de
2013 à 2026. Son originalité, c’est que pour aller jouer à Singapour, Dubaï Hong-Kong, Londres elle n’est pas suffisamment armée seule alors elle
fait appel aux compétences nationales et peut très bien faire jouer ensemble, un élément du RC Toulon ou de la Section aux côtés d’un autre
d’Oloron, Rion ou Mauléon, par exemple. Les tâches du dirigeant il les connaît donc, les besoins aussi.
Il est donc très vite en action en arrivant à la pelote avec Clément, on le retrouve ainsi aux côtés de Christophe Michelena dans l’organisation d’un
tournoi de jeunes en autogestion lors de la longue trêve de fin d’années.
Adhésion totale
Tout le reste c’est la découverte d’un nouvel environnement, d’un nouveau sport, et elle lui plaît, à son épouse aussi, l’ambiance des soirées de cesta
punta, « on a tout de suite adhéré, on a trouvé le cadre génial » se souvient celui qui remet même le bleu de chauffe pour enfiler le gant : « j’ai suivi une année de leçon pour apprendre à jouer et puis, comme avec les loisirs nous avons des créneaux pour nous, on s’amuse beaucoup entre nous. »
Si longtemps, très longtemps, la pelote et Laurent Capdevielle se sont gentiment ignorés, elles ne font plus qu’un désormais et si « Clément a trouvé le truc qui l’éclate » son père a incontestablement trouvé pour sa part un sport qui lui va également très bien, « oui c’est génial » sourit notre champion du monde !
Gérard Bouscarel
Sur nos photos issues de la collection personnelle de Laurent, attention, ouvrez grands les yeux.
Donc de gauche à droite
*L'équipe de France des U19 savoure son bouclier mondial obtenu à Dijon.
*Un bouclier qui lui vaut les honneurs du stade de France, sous la conduite du regretté Bernard Lapasset et Claude Dourthe debout à gauche
*Laurent Capdevielle l'avoue, il a vécu de belles choses et fait de belles rencontres, comme ici Caucaunibuka qui rendait aussi fous ses dirigeants que ses adversaires directs.
*Une autre rencontre, à Dubaï, en compagnie de David Cazenave avec le monument du rugby, Johna Lomu, "une gentillesse extraordinaire, un physique hors norme" dira Laurentù.
* A l'île Maurice en compagnie de Adam Ahsley Cooper et de Conrad Smith
*Ses années Section Paloise sont marquées par le double titre de champion de France Reichel. Sur la photo des champions 2000, Laurent est le troisième sur la gauche d'Yves Tour (debout au centre).
* Laurent perce le rideau défensif, il joue alors avec la sléction du comité régional.
*Toujours aussi puissant sous le maillot du FCOloron
*C'est son fils, Clément ici rugbyman qui l'a amené à la pelote
*Laurent et Clément en tenue rugby à Bizanos avant d'opter pour la cesta punta à la Section
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