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Ph. Othaburru, pelote et culture, deux amours

Dans la série des portraits que l’on consacre aux « grognards de la section pelote, c’est Philippe Othaburru qui prend le relais de Didier Lagourgue et qui affiche la plus longue longévité au sein de la section pelote, il a pris sa première licence à 9 ans avec son cousin Jean Marc Olharan et 59 ans plus tard il chante toujours dans le micro les soirs de nocturne au complexe…
7.6.2026
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Philippe Othaburu micro en main est en place (photo R. Cazadebat)
Philippe Othaburu micro en main est en place (photo R. Cazadebat)

Peut-être ne l’avez vous pas vu, mais pour peu que vous soyez venu assister à une partie de pelote au complexe, à coup sûr vous avez entendu la voix de Philippe Othaburru, celle qui vous demande de prendre parti, « qui est pour les verts » qui est pour les rouges » et puis, aussi  qui déclenche le « lalala lalalala » et vous reprenez tous en choeur, d’une même voix un « olé » qui résonne haut et fort.  Philippe c’est, entre autre chose au club, le speaker, le présentateur, l’animateur, appelez le comme vous voulez, c’est l’homme qui parle au micro… Et ce n’est pas d’aujourd’hui. Il a commencé par compter les points au Stadium de la gare où il a succédé à des hommes portant des noms aussi colorés que le sien, Raoul Jauréguy et Jean Baptiste Irigoin.  Philippe Othaburru est basque, c’est une évidence, « né à Pau » précise-t-il comme pour justifier que son investissement ait toujours été double, dédié à la culture basque d’une part au sport palois d’autre part.

Court épisode de main nue

Et qui dit sport palois dit Section Paloise, rien que Section paloise, voilà 59 ans qu’il sert la section pelote, 59 ans qu’il a pris sa première licence. Il s’en souvient, comme il se souvient de tout ce pan d’une histoire encore en cours, c’était au trinquet du parc Beaumont, là où Gérard Garat entraînait les minots à main nue, il avait 9 ans et il s’ est présenté  avec son cousin Jean Marc Olharan. Le choix était dicté par l’époque, celle où, à la maison on parlait plutôt rugby et pelote, par les racines de la famille aussi  et que la pelote, plus basque que l’ovale, collait à merveille à son nom. L’épisode de la main nue à Beaumont ne résista pas à l’appel du grand gant, « Au quatrième ou cinquième entraînement, Beaumont fermé on est descendu au Stadium, c’était un samedi à 13h, après nous s’entraînaient les joueurs de grand gant. J’ignorais tout de ce jeu, je  n’avais jamais vu de chistéra mais j’ai eu envie d’essayer et je l’ai dit à Jean Marc. »

Le grand gant l’essayer c’est l’adopter

L’essayer c’était l’adopter ! La place libre ne le mena pas très loin sur les chemins de la gloire, il ne revendique rien  d’ailleurs, sinon d’avoir été un joueur de 2ème série dont les idoles s’appelaient Gérard Pierrou et Christian Loustaudine. Un joueur que la pelote n’obsédait pas non plus, marié jeune, travaillant dur dans le bâtiment, père bientôt, son horizon ne rimait pas avec fronton. Il mit l’instrument d’osier en pause une première fois. La seconde fois  ce n’est pas lui qui décida de la suite, c’est sa santé.  Il revint jouer Philippe, et il joua jusqu’à 36 ans, pas trop mal au demeurant puisqu’il se préparait, tout sourire, à disputer une finale de championnat du Béarn avec Christophe Pierrou et Olivier Belhartz pour équipiers. La veille, dans la nuit, c’est le moteur, la pendule, le cœur qui lui joua un mauvais coup, un de ces coups dont personne n’a la solution, ni tactique ni technique, la seule c’est de mettre le clignotant à droite et de se tourner vers d’autres horizons…

Second épisode, « Lagune Eta Maïtea »

Il y avait alors belle lurette qu’il les côtoyait les autres horizons. Ils avaient pour nom « Lagunt eta maïtea », l’amicale des basques, sa chorale, sa culture du bénévolat que l’on développait chez Etchébarne et dont il est imprégné lui dont les mains sont celles d’un docteur es bricolage toujours prêt à venir fixer une étagère, changer une serrure, bref à servir le club. C’est d’ailleurs cette participation à l’entretien, au travail quotidien d’une association  qui lui a donné l’idée d’intégrer la « team Pierrou » quand en 91 se dessina son arrivée à la tête du club. « Bénévole, tu bosses, on te dit fais ci fais ça, Ok, tu fais mais arrive le moment où tu as aussi envie de savoir le pourquoi du comment donc j’ai adhéré à l’équipe.

C’est pratiquement en parallèle à la pelote, ou à peu de temps près qu’il adhère donc à l’Amicale des basques  et sa chorale. Il chante le papa de trois enfants, Maylis, l’aînée, rugbywomen à Lons, Lilian auquel il a transmis le virus du gant et qui, avec Arnaud Alliez et Bruno Bordenave, connaît le bonheur des titres, et puis Baptiste, le dernier  qu’il conduira deux fois par semaine aux entraînements à Bidart où il est allé trouver des équipiers de sa catégorie d’âge.

Avec Espil, producteur de « Béritza »

Il chante longtemps, suffisamment longtemps pour se lier d’amitié avec le président Dominique Espil. Il naît de cette amitié et de ce partage des mêmes valeurs la compagnie « Beritza » dont le but est la promotion de la culture souletine contemporaine. Elle ne propose que des créations et derrière le casting, c’est à des chorégraphes, des chefs d’orchestre issus du monde pro qu’elles sont confiées. Une fois ficelées et prêtes elles permettent un an de représentations, le duo en produira cinq !

Pelote-culture basque, culture basque-pelote, on vient de rembobiner à grands traits le film de 59 ans au service de la Section paloise et de l’Amicale des basques. La pellicule tourne toujours, Philippe Othaburru les partage aujourd’hui aux côtés de Maryse sa compagne, avec la flamme et même la fougue d’un junior. Pas une fois une seule il n’a buté sur une date, un épisode,  il est le livre de sa propre vie. Elle a commencé tôt à Beaumont et il n’a pas tardé à la vivre pleinement. « A l’époque dès que tu étais licencié à la Section tu avais accès à toutes ses organisations, comme avec mes  parents nous habitions  près de la salle des Anglais rue Michel Hounau, j’allais voir les soirées de boxe, mais c’est à la Croix du Prince qu’on s’éclatait le plus. Au bout de la grande tribune, il y en avait une plus petite qui donnait sur le sas grillagé de l’entrée des joueurs… Il fallait s’accrocher pour passer la tête mais là tu voyais sortir Paparemborde, Loustaudine, tant d’autres », la fin de la phrase se perd dans le regard franc et fixe du solide gaillard auquel la vie n’a pas fait que des cadeaux, mais il a pris à deux mains ceux qu’elle lui a laissés et il s’en est servi pour construire un bonheur, une personnalité aussi. Qui lui valent 35 ans après de toujours appartenir à la garde rapprochée de Pierrou et d’Olharan. C’est un label de qualité !

Gérard Bouscarel

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