Paul et Martin(*) amis, amigos

Il dispute un championnat de France alors qu’il n’est pas français mais basque espagnol, c’est sa première particularité ce n’est pas la seule.
Il ne joue pas une seule partie à domicile puisqu’il est sous licence Section, et chaque semaine les kilomètres parcourus se comptent par centaines.
Il utilise son second « appelido » notre nom de famille, dès qu’il joue à la pelote, soit Celaya, et c’est une règle à laquelle la famille n’a jamais dérogé, alors que dans la vie de tous les jours il est plutôt Ormaetxea.
Il est de Markina, cette cité qui a tant formé de joueurs partis aux Etats-Unis qu’elle a été déclarée l’université de la pelote et que ce n’était pas pour rire puisque sur le mur de gauche du jaï alaï, « UNI » est écrit en très grosses lettres, donc il est de cette école et défend aux côtés de Paul Caparrus les couleurs de la Section paloise.
« Pour jouer je n’ai pas le choix »
Le tout, réuni sur la seule et même carte d’identité sportive fait de Martin Ormaetxea Celaya un sujet à part, mais le futur enseignant (il termine son cursus universitaire en août prochain) est plutôt pragmatique pour parler de cette situation somme toute contraignante. Du haut de ses 21 ans tout frais, il s’en amuse même de ces courses poursuites après le temps… « Quand on joue le vendredi et c’est assez souvent, je quitte les cours, je passe vite à la maison pour manger quelque chose et puis hop en voiture en espérant qu’il n’y ait pas le moindre incident, genre bouchon à la frontière »
Le voilà parti pour 2 heures et demi de route pour rallier Pau, un peu moins quand il joue sur la côte basque mais ce prix à payer il l’accepte sans la moindre retenue : « Est-ce que je veux jouer ? Oui, alors c’est comme ça, tu n’as pas le choix »
"C’est un championnat de haut niveau »
Un choix qui présente des obligations soit, mais qui lui vaut aussi des satisfactions et l’on saute dessus, puisque voilà quelqu’un qui jette quelques fleurs sur le jardin fané de notre pelote « c’est un championnat de haut niveau, il y a beaucoup de très bonnes équipes et pour moi, comme pour Paul (Caparrus, NDLR) c’est une chance d’y participer, c’est la meilleure façon pour apprendre et progresser. »
Paul et Martin, Martin et Paul, la Section paloise et Markina réunis sous le même maillot voilà bien une association qui aiguise la curiosité.
Tout par du constat que Paul Caparrus ne dispose pas (encore?) d’un avant du niveau de 1ere série au club et que Hossegor ne reconduit pas l’opération de l’an dernier. Il est donc envisagé pour qu’il puisse jouer que l’équipe de la Section tourne à trois et donc que Portet et Caparrus alternent à l’arrière ... La formule ne tient pas vraiment la route et ne satisfait personne. C’est alors que Jean Olharan se souvient avoir vu un jeune basque espagnol gagner un tournoi, c’était à Hossegor peut-être mais pas sûr, en France par contre c’est certain. Puis l’avoir revu à Dania où il est allé deux ans de suite avant de renoncer cette année si importante pour son avenir professionnel.
La connexion par Whatts App
Voilà comment deux trois « whatsApp » plus tard la connexion est établie, et comment Paul et Martin forment une équipe de garçons bien sous tous rapports, de deux copains de canchas, qui deviennent deux copains tout court. Le calendrier du championnat opposant Pau 1 à Pau 2 d’entrée la partie se jouera à Markina, histoire de sceller l’entente et … d’éviter un déplacement au jeune basque espagnol, histoire aussi d’ancrer encore davantage les « Celaya » sur le grand livre de famille : « mon grand-père jouait, mon oncle Alejandro a joué, je joue et il n’est pas question qu’on joue sous un autre nom que « Celaya ».
Il reste à savoir si Martin le portera aussi haut que son « tio » qui fut 18 ans professionnel à Dania et puis « champion olympique » à Barcelone en 1992, la pelote étant alors l’un des sports de démonstration.
Vendredi soir le public du complexe palois a pu voir que le garçon était un bel athlète, qu’il avait de la puissance dans le bras et qu’il était « pelote » comme les connaisseurs disent…Le tout posé sur sa jeunesse, il y a des corrections à faire mais, comme à son partenaire, ;ce championnat offre un complément de formation, sur le tas, assez exceptionnel, Martin Ormaetxea, pardon Celaya, n’en doute pas, il gomme tous les handicaps de sa situation pour conclure « oui je suis heureux de disputer cette compétition. » Et paul Caparrus avec lui !
(*) prononcez Martine
G. Bouscarel
Découvrez notre boutique officielle
Équipez-vous avec nos articles officiels : maillots, sweats, pantalons, sacs et plus encore, pour soutenir votre équipe avec style !


