Et un, et deux, et trois!

Quand le champion l’est une troisième fois consécutive, nul ne saurait lui chercher la petite bête n’est-ce pas. Au contraire tout le monde saluerait une performance peu ordinaire, et c’est ce à quoi on va se joindre sans plus attendre, Nico Echeverria et Benoît Bordenave, les deux copains de longue date, l’ont bien mérité. Mais quand ce champion d’exception l’est cette fois dans la souffrance, quand il est mis sur la sellette, quant à 28 soit à 7 petites unités du but il ne sait toujours pas si c’est lui qui sera l’heureux élu, alors c’est que sa victime s’est hissée au rang de magnifique résistant, mieux, au rang de challenger, mieux encore au titre de prétendant, rien de moins. Alors poser des couronnes de lauriers sur les champions, c’est aussi en garder quelques unes pour Mathieu Posterle et Romain Escudero, puisqu’ils eurent le droit de rêver eux aussi et c’est bien ce qui rendit cette finale somptueuse.
Insolents et insouciants
Car il ne restait rien, absolument rien dans les esprits ce ce duo de la raclée reçue lorsque le championnat s’ouvrait à peine. Ils y avaient été pressés au point d’en être essorés ne rendant que 13 malheureux petits points à leurs potes de la Section. Ils entrèrent dans cette finale avec une assurance et une insouciance telles qu’ils menèrent très vite 5 à rien. Mais comme le handicap fut presque aussitôt gommé (4-5) on imagina que c’était déjà tout leur venin qu’ils avaient craché les outsiders.
Et l’on avait faux, complètement faux, Posterle et Escudero possédaient aussi une stratégie bien établie et respectée à la lettre, elle consistait à jouer à deux contre un, a ne pas faire rentrer Nico Echeverria dans la danse, le coeur du jeu si vous préférez. Et comme Benoît Bordenave n’était pas rentré de plein pied dans sa partie, on assista au festival des « verts » qui s’envolèrent pour mener 13-7, puis 14-8, puis 15-9. Nous étions loin du but certes mais le scénario semblait si bien installé et Romain Escudero paraissait être un véritable mur si infranchissable que les visages adverses traduisaient une réelle inquiétude…
La tempête bis
Et il en fut ainsi jusqu’à cette pelote revenue si basse et si collée qu’Escudero ne la releva pas suffisamment, il rendit le but aux « blancs » et Echeverria se jeta dessus avec la faim d’un avant sevré jusque là de pelote et plus spectateur qu’acteur. Posterle- Escudero avaient-ils été trop présomptueux, roulaient-ils sur la réserve d’essence désormais ? Ils essuyèrent une tempête encore plus féroce que celle qu’ils avaient fait souffler : 2-11 ! Du coup c’est Echeverria et Bordenave qui renversèrent la table pour mener 19-16. On ne comprenait plus grand-chose sinon que le fil rouge était rompu, et on comprenait encore moins sinon que les challengers entendaient bien le rester ils reprirent le « planchot » à 23-21 et ils étaient encore au coude à coude à l’entame de la dernière dizaine (25-25).
Et le maître fut...
Que croyez-vous qu’il arriva ? Le champion resta le champion, longtemps mis au pain sec et à l’eau, Nicolas Echeverria surgit tel un Zorro vengeur. Mathieu Posterle eut deux pelotes trop gourmandes, Esudero fut un peu court sur un « errebot » lui qui avait tant et tant fait jusque là !
Alors, celui dont le coup de poignet permet d’accélerer les pelotes, celui qui a toute la panoplie des coups à son service redevint ce joueur d’exception pour transformer le final en feu d’artifice même si le 7-0 final donna au score (35-26) une ampleur bien peu révélatrice de la partie, bien peu reconnaissante de ce que Romain Escudero lui avait consenti comme effort. C’est dit-on parfois la cruauté de la finale, elle n’est belle que pour ceux qui la gagnent. Et ça, Echeverria-Bordenave savent le faire, la preuve c’était samedi soir la troisième fois !
Gérard Bouscarel .
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