Nicolas Echeverria, plus d'atouts, plus d'ambitions

Le week-end de Sylvain Brefel, à Bilbao, lors de la Ligue des Nations du mois d’octobre avait interpellé, sinon interloqué ! Le podologue toulousain avait enchaîné une manche et une belle de la demi-finale de paleta cuir, puis, en suivant, la finale de pala corta et le lendemain matin la finale de paleta cuir. On pensait alors qu’une telle capacité d’encaissement et de répétition de l’effort relevait de l’exception… Jusqu’à ce que Nicolas Echeverria, tout juste qualifié pour la finale du championnat du Béarn gomme pleine en trinquet, c’était à Oloron, nous conte sa fin de semaine à lui… Elle passait par la finale très disputée du tournoi de pala d’Arzacq, le samedi soir, une partie de tennis avec son club de Lons, le dimanche matin et donc la demi finale de gomme trinquet avec Romain Escudero. Et comme on lui demandait quel était le secret d’une telle résistance, il prolongeait la similitude avec le joueur du stade toulousain : « depuis le mois de septembre, devant la grosse année pelote qui m’attendait, j’ai confié ma préparation à un coach sportif. Il me fait mes programmes de muscu et de cardio et je vais les suivre 2 à 3 fois par semaine au « fitness park » de Jurançon. Le Béarn et la Section paloise possèdent donc eux aussi leur « stakhanoviste » du sport.
La paleta cuir, le rêve inachevé
Nicolas Etcheverria qui rêva beaucoup plus jeune faire carrière dans le tennis avant d’être broyé dans la lessiveuse du beaucoup d’appelés pour peu d’élus, dit encore avoir « appris de ses erreurs et payé trop cher les 5 mois d’arrêt de la saison dernière.» Ce sont ses poignets qui avaient lâché alors, et ce sont ces mêmes poignets, toujours fragilisés, qui l’empêche de donner suite à sa féroce envie de tâter de la paleta cuir : « le poids de la raquette me les détruit, sinon j’adore. » Du coup il rajoutera la plus « soft » baline à son éventail pelote fort du trinquet et du mur à gauche en gomme pleine. Il jouera avec Fred Oliveira en 1ère série sans peur d’alourdir son programme puisqu’il en aura terminé avec le tennis où il joue avec le club de Lons, « pour le plaisir », à ne pas confondre avec le tennis qu’il enseigne à Pardies, Laroin et Mazerolles pour le travail.
Ne lui dîtes surtout pas que la logique aurait voulu que pour passer du tennis à la pelote, vous l’auriez imaginé opter tout de go pour le frontenis, sa réponse ne fait même pas débat : « Je n’aime pas du tout ce mixte, il y a le tennis et il y a la pelote : on joue au tennis sur un court on joue à la pelote sur une cancha. »
Arrière en trinquet, avant en mur à gauche !
Nicolas Echeverria désormais pelotari pour de bon et sans regret aucun cultive un paradoxe celui d’être un arrière en trinquet et de jouer devant en mur à gauche, il s’en explique avec le sourire, « Je n’ai jamais joué devant en trinquet, et j’ai commencé à jouer derrière aussi en mur à gauche, sauf que mon côté joueur l’a emporté et que la dimension physique peut y faire des différences, tout comme la construction des points me plaît beaucoup »
Construire des points il en sera question ce samedi à Agen (17h) où la paire Echeverria-Bordenave défiera les bigourdans de Lafitole pour une place en finale du championnat de France en mur à gauche. L’avant palois n’en fait pas mystère , « on se doit d’aller chercher la finale » annonce-t-il quand bien même pour ce faire il lui faudra écarter Romain Escudero, comme lui joueur de la Section (il est en extension à Lafitole) et de surcroît son partenaire du titre en trinquet…
Benoît-Nico liés depuis l’enfance
Sauf qu’avec Benoît Bordeanve c’est aussi une belle histoire qui se noue celle de deux copains d’enfance, de la plus tendre enfance, quant, à Buros Benoît jouait à la pelote avec Sebastien, le frère de Nicolas et que je les regardais tout le temps n’ayant pas le droit de jouer moi même vu que c’était tout tennis ». Le tennis terminé, le lien s’est renoué à Buros où les parents de l’un et de l’autre étaient bénévoles à l’Amicale pelote Burosienne. Il ne s’est jamais délié depuis et s’ils ne portent pas le même maillot, c’est un simple choix de pratique : « Benoît est allé à Billère pour poursuivre en trinquet, moi à la Section pour continuer à jouer en mur à gauche. »
C’est sur cette entente parfaite et cette amitié sans faille que le duo « vert et blanc » entend bâtir son succès, avec aussi ce que Nicolas a transposé du court sur la cancha et c’est pas mal de choses : « Je n’ai pas vraiment changé ma technique en changeant de sport, j’ai conservé mon revers à deux mains, j’arrive à lifter la pelote, et puis le coup d’œil pour lire la trajectoire de la pelote, toutes ces choses m’ont aidé... »
La « grinta » pas pour faire le beau
Il y a autre chose que Nicolas Echeverria a transposé depuis le court sur la cancha, c’est sa « grinta », sa manière de jubiler sur certains points de toujours encourager son partenaire, bref de vivre la partie : « Au début, certains on crut que je faisais ça pour faire le le beau, aujourd’hui il y en a beaucoup moins, ils ont compris que c’était mon exutoire, que je prenais les parties de championnats très à cœur »…
Les mots ne sont pas feints dans sa bouche, il a fait de la pelote son nouveau terrain d’expression et il aimerait qu’elle ne soit plus seulement le sport où « après la partie on boit des bières et on mange une entrecôte.» La pelote fait des choses, elle s’internationalise, les compétitions progressent, le niveau monte, il convient donc que tout le monde en prenne conscience. »
Nicolas Echeverria sait bien qu’une victoire en demi finale samedi serait, au-delà d’une grande satisfaction personnelle, la mise en valeur de tous ses principes à lui, un tremplin vers les deux autres spécialités qu’il disputera cette année avec le même souci de préparation.
Gérard Bouscarel
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