Mondial argentin Attention danger

L’équipe de France de pelote est arrivée, nous dit-on, à Buenos Aires, en ordre dispersé, la faute aux avions qui n’arrivent pas toujours à l’heure, privilège que l’on disait réservé aux trains. Comme elle avait choisi le raccourci espagnol pour abréger tant que faire se pouvait ce long périple, on aurait pu, en étant très bête et très méchant, mettre ça sur le compte d’un mauvais esprit avant l’heure, genre les français dorment à Madrid quand les nôtres testent déjà ce jaï alaï remis à neuf et à la paroi de verre pour le raccourcir… Bien sûr nous nous efforçons d’être le moins bête possible, et pour ce qui est de la méchanceté, qu’on nous en préserve encore longtemps…
C’est pourtant groupé et les rangs serrés, qu’il va falloir que nos « bleus » pelotaris rentrent dans ce mondial, vingtième du nom, et du premier au dernier jour, s’ils veulent retrouver le trophée de meilleure nation mondiale, celui qu’ils brandirent à Barcelone et rendirent à Biarritz quatre ans plus tard. C’est dans la bouche de nos hauts responsables l’objectif fixé a-t-on cru comprendre.
Car sur ce Mondial planent des indices ressemblant à du danger. Il pourrait même être celui de tous les dangers.
Argentins en mission
Il a en effet fort à parier que les Argentins, qui reçoivent ne soit pas les plus hospitaliers au-delà de la qualité de leur organisation surtout si elle est à la hauteur des installations qu’ils proposent. Ils sont, avec le Mexique, le pays le moins éloigné sportivement du ticket Franco-espagnol dominant, le mot est faible, la planète pelote.
Pour organiser ce mondial, le pays s’est « viandé », littéralement « viandé », inutile de rappeler l’épisode du jai alaï, c’est peu dire son attente en réponse à cet investissement. Et l’on sait qu’en matière de soutien, de furia serait peut-être mieux adapté, les argentins appartiennent au top 3 des publics les plus chauds, les plus virulents et si la pelote n’est pas le foot c’est égal, c’est l’honneur du pays qui sous forme de décibels hurlant descendra des gradins dès que les joueurs du pays de la « Celeste » seront sur la cancha… Et cette frénésie, cet engouement, associés tous deux à la motivation de garçons investis de mission d’intérêt national, ça redistribue les cartes d’une partie, parfois.
Euzkadi, question d’identité
L’autre délégation dont les représentants ont reçu un véritable ordre de mission en quittant le Pays Basque, c’est celle d’Euzkadi. présente pour la première fois à un mondial en tant que fédération indépendante. Et, qui a vu la vidéo du départ de la délégation pour Buenos Aires, a pu mesurer l’état d’esprit dans lequel les séléctionnés se sont envolés. Des dizaines et des dizaines de supporters tous munis de l’Ikurrina, le drapeau basque, sont venus faire une haie d’honneur à leurs représentants, de l’entrée de l’aéroport jusqu’à leur guichet d’enregistrement. Quelle ferveur ! C’est plus qu’une médaille qu’il sont venus chercher c’est aussi la reconnaissance de leur identité puisque le peuple était venu leur dire combien ils étaient les pelotaris mais aussi les ambassadeurs d’une nation de pelote..
Bien sûr, la présence d’Euzkadi affaiblit la sélection de l’équipe d’Espagne qui perd pas mal de ses premiers couteaux choisissant majoritairement le camp basque. Mais le réservoir de la pelote de nos voisins est suffisamment fourni pour que les « rouge et jaune » s’avancent avec quelques certitudes…
Ce Mondial pourrait donc ne plus être un seul duel circonscrit à la France et à l’Espagne comme souvent vent jusque là, presque comme toujours, mais bel et bien le mondial de tous les dangers !
Gérard Bouscarel
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