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Mondial Argentin Le jaï alaï servait de fourrière!

C’est un sacré pari et en même temps un véritable tour de force que la Fédération Internationale, les fédérations argentine et uruguayenne de pelote, les gouvernements régionaux et nationaux ont réussi en réhabilitant de fond en comble le jaï alaï « Real de San Carlos » de Colonia del Carmen où s’entassaient les « cadavres des deux roues jetées à la fourrière !
15.10.2026
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Un jaï alaï flambant neuf à Colonia del Carmen
Un jaï alaï flambant neuf à Colonia del Carmen

Le jaï alaï uruguayen de Colonia del Carmen, qui accueille les compétitions de cesta punta hommes et femmes à partir de ce vendredi 16 n’est pas sorti de terre pour l’occasion, par contre il lui a fallu un sacré coup de remise en état pour faire revivre une histoire vraiment pas comme les autres…

Avouez qu’un citoyen croate naturalisé Argentin  venant en Uruguay  construire un énorme complexe comprenant un hôtel-casino, une jetée sur la mer, des arènes, une centrale électrique et un jaï alaï, n’a rien d’évident  et ne coule pas naturellement de source…

C’est pourtant, à l’aube du 20ème siècle ce qu’a réalisé à Colonia del Sacramento, cet imposant homme d’affaires répondant au nom de Monsieur Nicolas Mihanovich qui confia la réalisation à son compatriote, l’architecte Josip Markovic.

1974, l’or pour Jean Pierre Abeberry

Le but de l’opération était d’offrir aux touristes argentins un lieu de villégiature qui soit à la fois dépaysant et pas à des milliers de kilomètres. La ville de Colonia del Sacramento, répondait parfaitement à ces objectifs, elle se situe à l’étranger, en Uruguay, et elle fait face à Buenos Aires sur l’autre rive de la « mar del plata » ce bras de mer qui rentre dans la baie pour se mêler à la rivière du même nom et pénétrer dans l’intérieur des terres sur plus de cent kilomètres formant ainsi une frontière naturelle entre l’Argentine et l’Uruguay.

Le 27 novembre 1910, devant 3000 personnes eut lieu la première partie de cesta punta sur ce fronton aux normes extravagantes, 64 mètres de long, c’est par exemple 10 mètres de plus que le jaï alaï palois, et 21 mètres de large. Mais l’heure de gloire de ce jaï alaï, elle sonne en 1974 lorsque Montevidéo, la capitale d’un pays qui a abrité la première coupe du monde de football, se voit attribuer l’organisation des championnats du monde de pelote basque.

Colonia del Carmen hérite tout naturellement des épreuves de cesta punta et l’ heure de gloire elle est alors pour le clan français puisque le duo Jean Pierre Abeberry et Xavier Irazoqui remporte l’or en dominant le Mexique en finale, l’Espagne devant se contenter de la breloque de bronze !

Les heures sombres approchent

L’histoire est belle, trop belle pour durer. Les heures sombres de l’imposant complexe voulu par Mihanovich ne vont pas tarder. La loi interdisant les courses de taureaux est un premier gros coup dur qui amorce le désintérêt des argentins fortunés. Le manque de rigueur et la lenteur des transports partant de Montevidéo, la capitale, rajoute un peu plus d’agacement chez les visiteurs  et puis, le coup de grâce du complexe,  ce sont les autorités uruguayennes  qui l’assènent en augmentant considérablement les taxes  pour les bateaux et les ferries assurant la liaison entre les deux pays seulement séparés à cet endroit là par le bras de mer entrant sur les terres à la manière d’un fjord et rencontrant la rivière Rio del plata.

Le complexe touristique de Colonia ne fait plus recette, pour ne pas le laisser tomber en ruine il passe sous régie municipale et en 1980, pour célébrer les 300 ans de la création de la ville, une dernière compétition s’y déroule derrière laquelle le rideau tombe définitivement.

La fourrière pour motos

Il faut attendre 44 ans  pour que le conseil municipal de Colonia, appuyé par le conseil supérieur des sports, vote le 14 mai 2024, non pas la rénovation mais la réhabilitation du jaï alaï dont il est facile d’imaginer l’état dans lequel le trouvent les premiers engins débarquant sur le chantier. C’est simple, il était devenu la fourrière des motos saisies par la municipalité !

Il aura ainsi fallu refaire entièrement la toiture, et ce fut le plus gros poste budgétaire des travaux, mais que n’aurait-on pas fait  pour que « el mondial vuelve a casa », oui pour que le mondial revienne à la maison  puisque c’est en Argentine et à Buenos Aires qu’est née la Fédération internationale de pelote basque, la même qui aujourd’hui va quitter Pampelune pour installer son siège à Biarritz ! Il doit bien y avoir quelques mots sud-américains pour dire à leur manière : « tout est bien qui finit bien…

La balade d’un mondial

C’est que ce mondial 2026 s’est pas mal baladé depuis le jour de son attribution à San Luis... qui ne possédait pas de jaï alaï ! La ville du centre du pays se désista presque naturellement assez tôt. Puis vinrent les mondiaux des espoirs attribués à Venado Tuerto, ville plus au nord que San Luis et il fut envisager un instant d’y faire coup double mais le problème de la cesta punta demeurait intact…

A partir de là, la planète pelote, même si ce n’est pas encore une énorme planète, annonça en pointillé et sous forme de rumeur un possible retour en Europe, à Bilbao mais la ville a été désignée pour les prochains, ceux de 2030. La rumeur, ah la rumeur, fit même arriver ce mondial 2026 à... Pau !

Xavier Cazaubon et ses équipes  laissèrent voyager ce mondial, sans mot dire, eux travaillaient d’arrache pieds et plus encore… pour finir par trouver la solution elle était à Buenos Aires et à Colonia, il n’y a qu’une grosse heure de ferry entre les deux villes qui se font face alors que désormais les bateaux effectuant la liaison ne sont plus taxés ! De surcroît, un ferry dernière génération, version catamaran, a été mis en service il y a peu, il appartient à la société des transports en commun de Buenos Aires, « Buquebus », société dont Xavier Cazaubon s’est empressé de faire un partenaire de ce mondial

Une paroi de verre  pour le ramener à 54m

Le dernier épisode en date concernant le jaï alaï est qu’il a été jugé trop grand pour la compétition et que la décision a été prise  de le raccourcir de 10 mètres pour le ramener à la dimension de celui de Pau… Comment alors que le temps pressait désormais ? En intercalant une paroi de verre...Qui risque d’ajouter un paramètre d’adaptation supplémentaire  pour les joueurs que l’on entendait dire : « les arrières ont intérêt a savoir « erreboter », allusion faite à une paroi verre qui ne répondrait pas autant qu’un mur véritable… D’où la rumeur, toujours elle,  faisant état de délégation qui arriveraient plus tôt sur place pour y prendre des repères... C’est dans son double costume de vice président de la Fédération internationale mais également d’ancien grand champion, qu’Eric Irastorza a effectué le déplacement en Uruguay, histoire de saluer la performance de tous ceux qui ont œuvré pour la réussite de chantier, histoire aussi de remettre le gant et de ramener pour nos puntistes de précieux renseignements sur ce fronton ramené de 64 à 54 mètres grâce à une paroi de verre …

Gerard Bouscarel

Sur nos photos (reproductions internet)

*Les deux premières palrlent d'elles mêmes, les Uruguayensc sont partis d'une ruine et en ont refait un jaï alaï.

*La façade version mondial 2026

*C'est au titre de vice président de la FIPV qu'Eric Irastorza s'est rendu en Argentine et en Uruguay pour visiter les sites, mais c'est l'ancien gtand champion qui a remis le gant pour testet une cancha qu'une paroi de verre a raccourci de 10 mètres.

*Et c'est Gorka Sorozabal, l'arriière biarrot de la sélection américaine qui a été la premier à s'y entrainer dessus...

*Il a été suivi par l'équipe d'Euzkadi (ici Lekerika et Urreisti) quand l'équipe de France jouait de malchance dès le départ. Un retard d'avion lui faisait rater la correspondance pour Buenos Aires à Madrid...

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