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Mondial Argentin: III- San Sebastian et Montevideo, les refuges

Les candidatures pour organiser le championnat du monde de pelote ne font pas défaut auprès de la Fédération Internationale, ce qui fait défaut c’est leur fiabilité...Ainsi Saint Sébastien et Montévidéo auront-elles accueilli quatre des six premières éditions…
13.10.2026
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La décision de Monsieur Eluère, maire d’Hossegor, de construire un jaï alaï  pour que les championnats du monde aient lieu en France  et associent Bayonne et Biarritz à la station landaise, est un véritable coup de fouet pour les murs à gauche sur le territoire national. Les voilà qui poussent, non pas à la vitesse des champignons dans les sous bois, mais à un rythme si soutenu que bientôt St Jean de Luz, Dax, Mauléon, Saint Jean Pied de Port et Biarritz possèdent désormais les deux frontons (corto et largo) nécessaires à toues les pratiques.

Du même coup, lors de la 4ème édition des mondiaux qui ont lieu à Pampelune en 1962, la France a engagé une équipe de cesta punta, elle n’est pas médaillée

mais c’est un premier pied mis à l’étrier. L’évènement en Navarre n’est cependant pas l’arrivée de la punta française sur le plan international mais bel et bien le triomphe de la pelote argentine qui fort de ses cinq médailles d’or remporte le classement général final des nations, une grand première qui n’aura qu’une seule et unique héritière…

Les Philippines, oui puis non

L’attribution des championnats du monde reste cependant un problème récurrent pour les dirigeants de la FIPB qui vont encore tourner en rond et se résoudre à solliciter les places fortes dotée d’un fronton long…

C’est ainsi qu’en 1966, les Philippines candidates à l’organisation de l’édition 1970 obtiennent satisfaction tandis que le Mexique dont le trinquet est désormais opérationnel, est le premier remplaçant. On se doute que les instances prennent désormais toutes leurs précautions, conscientes  de ne pas trouver tous les ans un monsieur Eluère pour lui porter un grand fronton sur un plateau.

Mais à deux ans de l’échéance, en 1968, les Philippines sont contraintes d’avouer leur impossibilité de construire un trinquet, l’économie du pays est bien trop fragile pour voler au secours du sport de haut niveau. C’est donc au Mexique que le mondial trouvera refuge puisqu’il s’y était préparé mais, là encore, le comité d’organisation ne trouvant aucun soutien auprès des pouvoirs publics, n’est pas en mesure d’assurer seul les charges inhérentes à une telle compétition, conséquence de quoi il se retire une fois encore!

Après Montevidéo, la capitale de l’Uruguay, en 1955 et en 1966, Saint Sébastien qui a organisé la première édition en 1952 et va récidiver en 1970, devient la deuxième ville à avoir reçu deux fois les mondiaux de pelote. Deux mêmes villes pour six éditions, on ne peut pas vraiment affirmer que  la pelote exporte sa parole aux quatre coins du monde…

Quatre ans c’est trop long

En attendant un plus grand rayonnement le mondial revient donc au pays basque espagnol où la FIPB  officialise la tenue des mondiaux tous les quatre ans. Sans tarder, trois nations vont faire front  pour dire que quatre ans c’est trop long. L’Espagne, la France, l’Uruguay ne contestent pas la décision en tant que telle mais demandent à ce qu’il y ait  une compétition intermédiaire, que la pelote occupe le terrain  sans attendre aussi longtemps. L’idée est effectivement retenue mais de là à ce qu’elle fasse l’objet d’application, il faudra patienter et encore patienter. A l’exception de deux tournois, l’un de cesta punta à St Jean de Luz en 1971, l’autre à Buenos Aires avec de la main nue et du xaré en 1973, rien ne se passe vraiment. Et ne se passera jusqu’au milieu des années 90 avec la naissance des coupes du monde.

Les coupes du monde intermédiaires

Leur particularité ?  Elles se déroulent par fronton, celle du mur à gauche en 36 m ouvrant le bal en 1995 suivra le trinquet en 1997, puis le mur à gauche en 30m en 1998 et le fronton long (54m) en 2001, elles ne concernent, jusqu’en 2015, que les joueurs amateurs. Au terme de 6 à 7 éditions dans chaque modalités, les coupes du monde changent d’appellation pour devenir « Ligue des Nations ». La première a lieu en 2024 en trinquet, suivent en 2025 celles en mur à gauche de 30-36 mètres et 54 mètres.

Il ne restait donc plus qu’une seule case à cocher  pour que la FIPB concerne toutes les catégories, celle des jeunes qui seront des « espoirs » avant que l’anglicisme « under ... » prenne le relais  et affiche l’âge limite de la catégorie, on parlera en français de « moins de 22 » ou « moins de 23 » pour les joueurs concernés.

Les compétitions jeunes suivent

C’est à partir des années 80 que la FIPB planche sur une compétition internationale pour ses espoirs, elle a lieu en 1984 et c’est l’Uruguay  qui est retenu dès lors qu’il possède un fronton long et que cette première se dispute sur toutes le spécialités de la pelote, toutes sauf une puisque la « place libre » n’est pas retenue. Elle ne le sera pas non plus en 1988 pour la 2ème édition disputée en France. Deux ans plus tard, en 1990 les compétitions jeunes s’alignent sur le format des Ligues des Nations et se déroulent par installations soit, le trinquet et les trois types de mur à gauche ( 30, 36, 54m).

Il faudra encore de gros efforts pour que les compétitions internationales trouvent leur vitesse de croisière et l’exemple du jaï alaï de Colonia del Carmen en est un, à Cuba également est enclenché un processus de réhabilitation du fronton, ainsi tous les quatre ans la pelote pourra-t-elle non seulement traverser l’Atlantique  mais encore étendre sa  promotion, en un mot ne plus trouver de refuges  mais au contraire se faire courtiser…

Gérard Bouscarel

Sur notre photo: Xavier Cazaubon, le président de la fédération internationale, qui a payé de sa personne pour que le mondial 2026 soit Argentin, en compagnie du président de la Fédération Française Lilou Echeverria et celui de la Section Paloise, Gérard Pierrou. Ils se retrouiveront tous les trois à Buenos Aires.

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