La case restera vide

D’ordinaire le préposé au protocole de la remise des médailles s’évertue surtout à ne pas écorcher le nom des différentes autorités pressenties pour s’approcher des champions, et la cérémonie ne s’éternise pas, c’est également que, fidèle à elle même, la pelote a souvent deux quarts d’heure béarnais de retard… Samedi à Boé, banlieue d’Agen, tandis que les supporters de St Pierre du Mont fêtaient encore autour du bar le titre des leurs en Nationale « B », la dernière cérémonie, celle des « as » prit plus de temps, beaucoup plus C’est que le préposé au micro s’attardait avant toute chose, et c’était tout à son honneur, à vanter la qualité de cette finale. « Nous voulions du spectacle, nous en avons eu, vous avez offert une grande et belle finale, merci aux quatre joueurs que l’on peut applaudir » dit-il en substance.
De très haut niveau
Ce pouvait être un propos de circonstance, ça ne l’était pas, trop de monde autour de cette cancha partageait l’analyse, trop de spécialistes au rang desquels Roland Duffourg, l’élu fédéral, Timothé Sender, le joueur multi champion de France, pour ne citer qu’eux, se réjouissaient également du niveau auquel les quatre finalistes s’étaient hissés pour aller chercher la couronne.
On doute, que sur l’instant et malgré leur véracité, tous les commentaires réunis aient eu le don de mettre du baume au cœur des palois, mais en même temps on ne les voyait pas non plus abattus, comme on peut l’être d’ordinaire quand on vient de perdre une finale, quand dans quelques temps ne restera plus que le nom des vainqueurs. Ils eurent pour première qualité, nos deux palois, la reconnaissance de la logique du résultat, autrement dit d’avoir été battus par meilleurs qu’eux, et s’ils n’avaient pas la tête des plus mauvais jours, s’ils n’erraient pas à la recherche d’un coin où l’on ne viendrait pas briser leur besoin de solitude, c’est encore parce que très vite ils avaient eu une autre lucidité celle de voir que leur bravoure et leur générosité leur avaient permis de rester de dignes et fiers challengers jusqu’au bout des 35 points.
Comme à Pékin-express
Et que toute autre attitude les exposait à subir bien plus lourdement la surpuissance du duo girondin dont on comprend mieux qu’il ait coiffé trois des quatre derniers titres de la spécialité.
On ne dit pas à juste titre de bout en bout, puisque le premier bout, l’entame de la partie, fut le point de départ de leurs ennuis, le début d’une course poursuite contre le « planchot », la mise en confiance d’une équipe qui n’en n’avait certainement pas besoin.
On ne sait si Nicolas Echeverria et Benoît Bordenave sont des fidèles de « Pékin Express » l’émission de la 6 dans laquelle l’animateur Stéphane Rotenberg inflige des handicaps à certains des duos en compétition, ce que l’on sait c’est qu’eux se sont attachés un boulet au pieds en laissant partir Nicol et Gonzalès à 5 quand eux était à 0 ! Et ce sans que les girondins aient eu besoin de faire des prouesses, aient eu besoin de cette dimension physique qui fut la plus grande des différences entre les deux formations.
Un boulet aux pieds
Ce 0-5, messieurs dames il revint sur le tapis pire qu’un refrain dans une chanson, ce fut une litanie, un chapelet, un poil à gratter que l’on ne fait jamais partir… Huit fois, toujours à force de batailler, à force de se livrer corps et âmes, de renoncer à céder, de vouloir rester dans la partie, ils comblèrent des trous parfois béants (moins 7, 7-14, moins 8, 11-19, moins 9, 20-29) mais jamais, ô grand jamais ils ne comblèrent ces foutus cinq points… Vous les voulez ces huit pointages où ils auraient pu rêver d’égalité et où ils payaient éternellement ce faux départ ? Les voici : 9-14, 10-15, 14-19, 18-23, 19-24, 24-29, 26-31, 27-32 !
On parle ici dans l’absolu et le sport ne se nourrit pas d’absolu, on ne dit pas que ceci se serait vérifié mais le constat n’est pas non plus une simple vue de l’esprit.
Moins 4 mais trop tard
Et quand enfin, les palois réussirent à tordre le cou à cette satanée barrière des cinq points, ce fut à 28-32 autrement dit bien top près du but pour que les béglais se mettent à douter, ils terminèrent sur trois pelotes collées au mur comme ils surent les coller à merveille tout le temps, non seulement les coller mais les allonger. Leur marque de fabrique. Oui Nicol et Gonzales, sans doute le grand bonhomme de la partie, furent plus puissants toujours dans leurs frappes, plus précis souvent dans leurs attaques, plus prompts à prendre le mur, un peu plus tout en somme. Oui les palois ont subi la foudre, Bordenave surtout qui dut vite être en mode bravoure pour ne pas abdiquer, Oui Echeverria releva le gant dès qu’il trouva l’ouverture mais ce ne fut pas souvent… Ce qui effectivement livra au final deux beaux champions et deux valeureux finalistes pour une belle finale, bien analysée par... un bon préposé au protocole...
Gérard Bouscarel
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