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Joelle Cazenave, le club de "son" coeur

21.6.2026
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Joelle Cazenave, la vice présidente du club.
Joelle Cazenave, la vice présidente du club.

Quand elle parle de la Section paloise pelote, Joelle Cazenave, ne parle pas seulement de son club de cœur, non, elle parle du club de son cœur. C’est qu’elle a rencontré l’amour et la pelote en même temps lorsqu’elle s’est éprise d’Eric Lou Poueyou, autrement dit l’enfant du Stadium de la gare. Ses parents, sa mère Marcelle en fut la concierge durant plus de trois décennies et Germain, son père électricien et pelotari bien sûr, l’épaulait le plus souvent possible. Concierge des lieux certes, mais que ce terme est restrictif, quand on sait de quel dévouement elle et lui furent, à toute heure et tous les jours, pour tous ceux qui poussaient la porte un chistera ou une pala à la main. Ma tante, de la campagne, l’aurait connue, elle aurait dit d’elle, dans son langage, et puis comme elle ne le disait pas si souvent, que c’était une « sainte femme ».

Eric donc, né de cette union eut pour second berceau un fronton et un mur à gauche, il est de ces enfants qui n’ont pas eu à choisir leur destinée, le cadre et le décor de leurs premiers pas le firent pour lui. Il fut naturellement pelotari et « sectionniste », avec au demeurant quelques mentions sur les pages du palmarès du club, il l’est encore passionnément d’ailleurs quand bien même n’a-t-il pas franchi la barrière menant jusque chez les dirigeants. Le joueur n’ a cependant pas raccroché la pala d’un coup d’un seul, non il a coché la case entraîneur…

Eric et le Stadium deux amours à la fois

Une mission qui dut d’ailleurs le faire revenir deux belles décennies en arrière, lorsqu’il donna ses premières leçons à la jeune et jolie Joelle Cazenave qu’il connut, un été sur la côte, par l’intermédiaire d’un de ses cousins, qui avait un copain, qui en connaissait un autre et celui là conduisait à celle qu’il s’empressa de séduire…Bon, avec le temps l’ordre  n’était peut-être pas tout à fait celui là, mais l’important restait la conclusion, elle fut des plus heureuses... A l’évidence, la vice présidente en charge des équipements du club aujourd’hui, était appelée à rapidement découvrir l’univers et la passion de son chéri : la pelote ! Pas seulement, la découvrir mais l’adopter aussi, elle faisait, on s’en doute,  office de passeport indispensable à franchir le seuil de la porte des  Lou Poueyou. C’est qu’en plus d’Eric, Karine, la fille de la famille frappait elle aussi la pelote ! On force un peu le trait bien entendu  mais peut-être pas tant que ça, puisqu’au premier étage du Stadium de la gare, la pelote et les Lou Poueyou ne faisaient qu’un.

Or Joelle, de ce sport elle ne connaissait que bien peu de choses, en savait encore moins mais « avec un mur sous la main » sourit-elle aujourd’hui, elle brûla les étapes et pour que le moindre grain de sable ne vienne point perturber la lune de miel « ça m’a plu tout de suite, je renvoyais la balle et je trouvais ça rigolo. » Si rigolo qu’elle promena le pantalon blanc obligatoire au féminin sur les « canchas »  jusqu’à la quarantaine bien tassée. Bien évidemment elle n’était plus alors  celle qui apprenait à jouer de la main gauche lors des têtes à têtes avec Eric, le dimanche matin, ou lors des heures de réservation les plus creuses.

Le sac de sport dans la voiture

« De toute façon j’avais pris l’habitude de laisser mon sac de sport en permanence dans la voiture, comme ça, que ce soit pour jouer avec Eric où avec les filles qui s’entraînaient le soir, je n’étais jamais prise de court. » Et ça lui offrait de surcroît  la possibilité de « faire la quatrième » en cas de nécessité ce qui n’était pas rare au demeurant. C’est peu dire qu’elle y avait pris goût  à cette petite balle de gomme à renvoyer contre le mur, suffisamment pour persévérer et cent fois sur le métier remettre son ouvrage, puisqu’au début, au contact des joueuses de l’équipe féminine du club de l’époque, elle eut tobn   ut naturellement quelques difficultés à « renvoyer la  balle correctement ». Mais l’essentiel restait bien que sur les chemins de la vie, la vraie, les deux tourtereaux s’engagent main dans la main, le temps n’a nullement usé cette union sur laquelle la pelote est un ciment.

Flash back. En 1980, à moins que ce ne soit en 1981, le temps n’était pas encore venu pour Joelle de prétendre  à davantage que la licence qu’elle prit en 1982. La patience, associée aux bienfaits des cours particuliers du soir avec Eric, sans compter que la demoiselle n’était pas des plus maladroites, incitèrent Anne Marie Irigoyen, joueuse elle aussi et en charge de la gestion du secteur féminin, à l’engager très vite dans le championnat en ...trinquet. Il n’existait pas alors de championnat en mur à gauche au-delà du Béarn, pas davantage qu’il n’existait de trinquet à la Section paloise. Le monde est parfois bien mal fait. Ce qui ne la gêna guère au demeurant puisqu’elle trouva dans le trinquet  « davantage de possibilités de s’amuser sans avoir à frapper forcément ». On l’aura compris la joueuse de l’époque privilégia toujours  « une bonne partie » par rapport à un résultat, « la finesse du jeu à la puissance de frappe ». D’où sa préférence pour la gomme creuse dite aussi baline,  puisqu’elle demandait « plus d’application que de puissance, et que l’on en tirait bénéfice au niveau de l’agilité en revenant à la gomme pleine ». Il existait bien un championnat mais très peu de tournois, sinon Bizanos pendant 2 ans, de la spécialité pour ces dames à l’époque.

Victoire en 1995, « rouste » en 1996

C’est donc en trinquet qu’elle fit l’essentiel de sa carrière et qu’elle obtint ses plus beaux résultats quand bien même ne leur fit-elle jamais une chasse effrénée. En 1995, à St Jean de Luz, associée à Dominique Boyrie, elle remporte, face à la Réunion, le tournoi inter-ligues. Si elle se souvient que Jean Marc Olharan avait fait le déplacement pour les encourager, c’est surtout la « rouste » de l’année suivante qui a marqué son esprit. Il s’agissait cette fois d’un championnat de baline en mur à gauche et elle le jouait toujours avec Dominique Boyrie. « Nous sommes « montées » en championnat de France contre des filles très fortes. En finale, Nicole Seillan et Maïté Haran, dont on pleure la disparition cette année suite à une longue maladie, nous ont collé un belle rouste, de celle que l’on n’oublie pas de sitôt. Mais elles nous ont tout de même offert un joli lot de consolation en nous faisant essayer, après la partie,  leur « paleton » à manche de tennis quand nous n’avions encore que de simples palas en bois. » se souvient Joelle Cazenave comme si c’était hier.

Des consolations elle en eut d’autres la vice présidente, beaucoup d’autres ne serait-ce qu’en étant la première supportrice d’Eric qui en disputa de nombreuses des finales, accrochant même, avec Patrick Inchaurraga, en 1990 le titre national paleta gomme pleine de Nationale « B ». Il rejouera en 1995 avec Lateulade une finale nationale de pelote creuse mais se contentera du titre de vice-champion  « Oui, je le suivais partout parce que voir des parties c’est aussi apprendre, mais surtout nous partagions cette passion de la pelote » raconte Joëlle qui ne pouvait évoquer son compagnon sans laisser parler un peu son cœur: « Il avait un beau geste naturel et une superbe lecture du jeu. », il n’est bien sûr pas permis d’en douter…

Derrière la porte, un double paquet cadeau.

Bien évidemment Eric Lou Poueyou ne fut pas en reste. Toutefois le supporter numéro 1 de Joëlle qu’il était sur le bord de la cancha se doublait d’un « coach » tout comme lors des têtes à têtes  du début de leur idylle au Stadium… « Eric me suivait toujours en championnat et en fonction de nos adversaires il me conseillait de la manière dont il allait falloir jouer. Une chose est certaine j’ai progressé plus vite grâce à lui. » dit encore très modestement celle qui depuis une bonne quinzaine d’années assure la représentation féminine au sein du bureau du comité directeur. Elle y partage les fonctions de vice présidente aux côtés de Jean Marc Olharan.

Sauter la barrière qui la fit passer de joueuse à dirigeant, fut pour Joëlle Cazenave une évidence. Elle le dit avec ses mots à elle recouverts de pudeur, « j’ai essayé de rendre à ce club ce qu’il m’avait apporté ». On sait effectivement que le jour où elle a poussé pour la première fois la porte du Stadium de la gare elle a trouvé, derrière un double paquet cadeau, Eric le petit ami devenu le compagnon d’une vie et puis la pelote qu’elle trouve amusante au point de l’adopter. Alors bien évidemment ce club n’est pas seulement son club de cœur mais bel et bien le club de son cœur.

Gérard Bouscarel

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