Biarritz, Olharan-Caparrus, la perf majuscule

On se doit de lui donner crédit de ce que, dès le tirage au sort connu il avait déclaré « gagner avec Paul et la « summer league » sera réussie… Bien joué Jean Olharan, vous avez gagné effectivement et fait gagner Paul Caparrus pour la première fois, ce lundi soir à Biarritz, où le jaï d’Aguiléra a subi un sacré lifting. Et gagné de la plus belle des manières qui plus est , en deux manches sèches (15-11 et 15-12) quand il faut bien l’avouer ce n’était pas spécialement ce qu’avaient prévu par les « bookmakers » de la côte !
Parce que Clément Garcia marchait sur l’eau depuis un bon moment au point de faire naître les commentaires les plus élogieux à son égard, parce que Unaï Lékérika est et reste une référence au Pays Basque espagnol, en Euskadi puisque c’est cette fédération qu’il a choisi pour porter le maillot, reste aussi un prétendant à la succession d’Imanol Lopez en tant que numéro 1 de son pays. Et parce que aussi, Paul Caparrus n’émarge pas (encore?) dans la même catégorie que son aîné, le joueur de Bidart et celui de Gernika avaient logiquement les faveurs du pronostic.
Performance de premier ordre
On ne parlera pas d’exploit, même si ça nous démange, parce que le milieu n’aime pas ça lui qui vit d’abord d’humilité, et puis parce que la vérité du jour n’est pas souvent celle du lendemain. OK, mais ça reste une performance, une vraie, construite par un Jean Olharan des grands jours et soucieux de vérifier que sa prédiction n’était pas utopique mais pas seulement. Par un Paul Caparrus aussi qui avait mis son habit de gala pour son quatrième tournoi de l’été, mais qui pouvait commencer à s’inquiéter de terminer « fanny », c’est à dire un zéro pointé, pour sa première année dans la cour des grands. Il était déjà très heureux d’avoir pris une manche à Saint Jean en compagnie de Johan Sorozabal, la semaine dernière, alors on vous laisse deviner dans quel état d’extase le benjamin du plateau a accueilli ce succès, et la vitesse à laquelle, après avoir salué ses vaincus, il est allé se jeter dans le bras de son aîné, son copain au quotidien, son partenaire d’entraînement, son prof de pelote quand il n’est pas au pôle performance.
Caparrus comme un grand
On lui prêtait, au jeune palois, une adaptation à ce très haut niveau, au fur et à mesure qu’il avançait dans ses tournois, mais de là à pronostiquer une telle évolution, qu’elle le hisse au niveau des meilleurs il y avait un pas que l’on n’aurait pas franchi… Et pourtant Paul Caparrus, deux fautes directes en première manche, quatre en seconde, peut sans avoir à rougir revendiquer sa part dans cette victoire qui sur le moment lui faisait quitter la dernière place du classement des arrières !
Surprenants palois donc ? Oui et non ! Oui pour tout ce qu précède. Non pour ceux qui les auront vus, ce lundi, concéder, une seule fois le leadership au score. Ce fut à 10-9 en seconde manche mais ce ne fut qu’un feu de paille, même si l’expression est bien mal choisie en cette période cruelle pour beaucoup, on s’en excuse. La frayeur fut de courte durée, trois fautes de Lékérika, pris au fond de la cancha, un superbe lâché d’Olharan et nos deux palois reprenaient leur course en avant que plus rien n’allait contrarier jusqu’au bout. Garcia et Lékerika n’iraient même pas à la belle, ils ne marqueraient qu’un tout petit demi-point de bonus, pas grand-chose pour progresser au classement.
La frayeur sur le 0-6 !
Parce que la première manche avaient été à deux doigts de tourner à la démonstration des « verts » de Pau quand ils menèrent 13-5 en jouant à la perfection ou presque ou si encore elle était de ce monde! Drivé par un Olharan le soulageant un maximum, rassuré par un Olharan n’hésitant pas à hurler ses consignes, encouragé par un Olharan venant lui taper l’épaule ou lui donner la main à chaque beau retour et il y en eut, y compris un deux mur de grande classe, Paul Caparrus ne commit que deux fautes directes dans cette manche parfaitement entamée à 3-0, emmenée à 8-3 au « tiempo » puis poursuivie sur la même note ce qui ne laissait déjà plus de place au moindre suspense… On se trompait heureusement, puisque l’avant de Bidart et l’arrière de Gernika mirent enfin leur talent en commun, leur science du jeu et leur puissance aussi et on vit alors que ce pouvait être dévastateur.
Les huit points mis de côté par les joueurs de la Section (13- 5) ne furent pas de trop puisqu’il fallut que Paul Caparrus réussisse une magnifique « choula » pour stopper l’hémorragie, sanctionnée d’un 6-0 (13-10). La manche dans le sac, allait-on assister à la révolte des « rouge » qui pouvaient l’être alors de colère…
Le genou d’Olharan se bloque
Oui, mais elle fut contenue et bien contenue jusqu’au tiempo (8-7), on l’a vu, et puis ensuite puisque la confiance gagnait du terrain chez les palois confiance que le genou soudain bloqué de Jean Olharan en première manche n’avait nullement altéré. D’ailleurs il revint des deux minutes de repos sans boiter du tout et cloua deux fois Lekerika au fond. Redevenus maîtres du jeu, Caparrrus très propre et Olharan très tranchant redevinrent aussi maîtres du score
13-11, 14-11 il n’y avait plus longtemps à attendre pour savourer la victoire, la première de Paul Caparrus en summer league, la nième de Jean Olharan mais celle là et ses 4 points qui vont avec, le relance complètement en vue de la qualification pour les « Slam ».
Nous n’en sommes pas là, ce mardi Jérôme Portet, avec Clement Garcia, joue à St Jean sa première finale contre Ludo Laduche et Théo Laborde, et puis mercredi à Biarritz, pour la finale du « Gant d’or », on en salive déjà, Trois palois rentreront sur la cancha avec la certitude d’en voir, à minima, un en sortir vainqueur/ Le dernier épisode de la semaine de la « summer league, nous ramènera Jérôme Portet sur la cancha. Allez ne boudons pas notre plaisir, il est entier !
Gérard Bouscarel
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