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I. Goïkoxea: "nos écoles de pelote sont bondées."

D’un repas privé avec les dirigeants d’EITB, la chaîne de télévision basque, à un entretien avec Iñaki Goïkoxea, qui enchanta les jaï alaï 27 ans durant, la journée passée en Biscaye à l’occasion de la signature d’un contrat de partenariat de 4 ans entre La punta et la télé fut riche en enseignement
20.6.2026
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Goïko avec les palois pour petit déjeuner
Goïko avec les palois pour petit déjeuner

C’est  entre « Eraman » la société qui organise les tournois de cesta punta du pays basque espagnol et qui possède, sous différents statuts, joueuses et joueurs du circuit pro, et la télévision basque EITB employant 600 personnes au siège, à Bilbao, qu’a été signé ce jeudi 18 juin dans les locaux de la chaîne,  ce contrat liant les deux parties pour les 4 ans à venir. Un contrat qui garantit à la cesta punta des provinces basques de Biscaye, de Navarre et de Guipuzcoa, une couverture de toutes leurs parties mais aussi la promotion, la communication  et des magazines qui habillent le produit et le rendent encore plus lisible, plus visible.

"Exceptionnel et historique"

Pour bien montrer le caractère exceptionnel et historique de ce contrat, ce sont les deux numéros 1 Andoni Aldekoa, directeur général de EITB, et Gaïzka Muniategui, le directeur d’Eraman qui se sont assis devant un imposant parterre de pelotaris en tenue aux couleurs d’Eraman,  bien entendu, pour parapher  cet accord. Auparavant Joseba Urkiola, le directeur des sports du département média de la chaîne, avait en basque puis en castillan, présenté les termes de ce contrat et Frédéric Cadet, l’organisateur des internationaux de St Jean de Luz avait apporté la touche française lui qui est reconnu comme le référent de la « summer league » auprès de la « jaï alaï League ». Une franche poignée de main, la remise du maillot portant naturellement le numéro 4, la photo des quatre personnages principaux et, à l’heure où, en Espagne on prend encore le croissant avec le café quand chez nous on a depuis un petit moment les pieds sous la table,  ces demoiselles et ces messieurs avaient rapidement fait leur fête aux nombreux plateaux de viennoiseries trônant sur les mange debout quand le service des boissons était assuré très professionnellement par deux hôtesses sans aucun doute du métier…

De la considération

C’est donc avec un  sentiment mêlant soulagement et fierté que s’ouvrit la fenêtre réservée aux interviews  pour une presse venue en nombre, soulagement et fierté de vérifier que la « summer league »  et puis aussi  sa petite sœur la « summer league  B» qui voit le jour à l’initiative de Guillaume de Ferron et Laurent Garcia et permettra  aux non qualifiés des serie’s de continuer à jouer, selon les mêmes principes que son aînée, sur 9 frontons où ils disputeront 12 tournois, de vérifier donc que nos voisins et partenaires, malgré leur avance confortable et consistante, nous gardaient de la considération. L’invitation faite à Fréderic Cadet et aux dirigeants palois - Jean Marc Olharan était empêché – pour un déjeuner dans un salon privé en fait foi.

Joseba Urkiola, le patron des sports de la chaîne en Biscaye a même promis  de rendre visite à ses hôtes palois  pour découvrir de visu ce complexe dont on lui parle et qu’il n’a vu qu’en vidéo  quand bien même elles étaient elles en 3D…

Celui qui aura pu lui en parler puisqu’il le connaît parfaitement le jaï de Pau c’est Iñaki Goïkoxea, la légende de la punta, le retraité de Zumaïa qui un jour balança une pelote à une vitesse jamais égalée, 316 kms à l’heure. L’homme aux 27 ans de carrière avec lequel on s’est entretenu puisqu’il est devenu, depuis sa retraite  en 2023 le général manager de chez « Eraman ».

Goïko votre carrière s’est arrêtée à Gernika, mais quel en était le point de départ ?

- « J’ai effectué mes premiers pas en tant que pro  quand j’avais 16 ans  et c’était en Italie, à Milan, qui possédait à l’époque un très beau fronton et où les meilleurs jouaient. Aujourd’hui quand on dit l’Italie  pour la punta ça fait plutôt sourire. »

Est-ce qu’il y a eu un peu de nostalgie  en raccrochant le gant après tant d’années de compétitions ?

- « (il sourit) C’est la vie, non comme vous dites chez vous ! Non, plus sérieusement non. Au lendemain de ma retraite je me suis mis au footing avec un copain et ça m’a fait beaucoup de bien. Il y a un temps pour tout et pour moi celui de l’arrêt était là, le danger c’est d’aller trop loin. »

Et puis, vous retrouvez vite le milieu en entrant chez Eraman, et rien qu’à vous voir ça vous réussit bien aussi ?

- «  Oui, la vérité c’est que je suis très heureux de rester dans le milieu, de continuer à travailler dans ce qui fut une grande partie de ma vie. Merci de votre compliment... »

Quel est très exactement votre mission chez Eraman, et pouvez vous nous en dire un peu plus sur cette société ?

- « Me concernant c’est assez simple dans l’énoncé, je suis responsable de l’organisation des tournois,  de la composition des plateaux, à leur promotion et communication,  je suis aussi un peu commercial dans le démarchage des partenaires mais ça c’est un peu plus difficile. Vous vouliez savoir ce qu’était « Eraman », c’est une société  dont le but est de promouvoir la cesta punta à travers les tournois  c’est pourquoi elle possède un important réservoir de joueurs et puis maintenant de joueuses puisque la punta féminine pour être plus récente gagne un terrain fou et à grande vitesse. »

Est-il vrai que les joueurs d’Eraman ne touchent pas de primes comme les puntistes français et que certains sont mensualisés ?

- « Très franchement je ne sais pas exactement et ça ne me regarde pas, ce que je peux vous dire c’est qu’il y a plusieurs sortes de contrats donc de modes de rémunération à l’intérieur de la société »

Quel regard portez vous sur la cesta punta aujourd’hui que vous en êtes un observateur privilégié ?

- « Elle est meilleure chaque année, les joueurs travaillent plus, sont athlétiques, et le niveau monte obligatoirement, si vous ajoutez à cela le fait que l’on attire chaque année davantage de jeunes  le bilan est très positif. Il y a même le risque que nos écoles de pelote ne puissent plus un jour accueillir toutes les demandes... »

Et ce contrat avec la télévision va augmenter  le phénomène ?

- « Oui, même si elle était déjà présente jusque là. C’est le support le plus important pour montrer toutes les qualités de notre jeu. »

Vous qui avez vécu la période la plus dorée de la punta aux USA, comment analysez vous les soubresauts que l’on voit apparaître à Dania, à Miami, croyez-vous à un retour de l’argent outre-Atlantique ?

- « Franchement je ne sais pas, ce que je sais c’est qu’il nous faut aujourd’hui  stabiliser notre entreprise, solidifier notre socle et notre ancrage. Ce n’est pas plus mal que les gens d’ici voient évoluer les joueurs d’ici, après et seulement après on regardera ce qui se passe aux Etats-Unis. »

G. Bouscarel

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