Laberdesque-Mendivé en finale!

Florent Mendivé avait de quoi être le plus heureux des pelotaris samedi soir à Bayonne. Il venait de se qualifier pour la finale des championnats de France de première série, sa première finale lui qui, venu sur le tard à la toute petite pelote de gomme, n’évolue à ce niveau que depuis trois quatre ans, tout au plus. Et il n’avait pas laissé sa part aux chiens, comme on dit vulgairement, dans cette qualification, il avait même fait la démonstration de ce qu’il ne courbait pas l’échine au premier contre temps. D’abord en se relevant d’un début de partie complètement raté pour se hisser ensuite au niveau de ces prestigieux joueurs qui meublaient la cancha avec lui. Et puis encore, en oubliant la douleur d’une cheville qu’il avait entendu craquer lorsque Olivier Laberdesque venu de l’avant et lui, arrivé de l’arrière pour jouer une pelote de mi-cancha, se téléscopèrent…Il se releva en boitant bas et il n’y avait pas alors que l’arrière palois qui boîtait…
Un départ cata, la chute en prime !
Le score aussi était de guingois, entièrement dominé par le duo béglais qui n’avait pas eu à forcer son talent, simplement en s’appuyant sur les fautes directes de l’arrière de la Section. Etait-il trop tendu pour cette première au Moderne ? Trop stréssé par le poids d’une demi finale ? Pas du tout à l’entendre : « Je suis rentré au contraire avec l’envie de tout casser et finalement la chute et la blessure m’ont remis la tête à l’endroit. J’étais beaucoup plus calme après... »
Celui qui ne l’était pas calme non plus c’est Olivier Laberdesque et si l’on a pas encore parlé du maître à jouer, on sait qu’il nous le pardonnera lui qui toute sa carrière à collectionné des finales et des titres comme d’autres collectionnent les timbres. Il ne l’était pas « Olive », et pour cause c’est que le planchot était aussi noir qu’un ciel de gros orage : 4-9, 5-11 ! Si le temps ne pressait pas encore, il demandait tout de même au duo palois de ne plus tarder à se montrer de dignes demi- finalistes. Le grand Jean de la Fontaine n’enseigna-t-il pas à tous les enfants de l’école que rien ne sert de courir et qu’il vaut mieux partir à point.
Laberdesque récite La Fontaine
Olivier Laberdesque a du les apprendre par cœur les fables… Parce qu’il les récita à sa manière à lui, celle d’un champion hors pair, d’un joueur qui semble avoir vu le jour dans un trinquet à moins que que ce ne fut un mur à gauche. Partenaire, adversaires, arbitres, public, supporters de la Section, bref, tout ce que St André comptait de fanas de la pala, tomba sous le charme de celui qui, à 43 ans est toujours capable de prendre une partie sur son dos, de donner un cours magistral dès lors que vous lui mettez une pala entre les mains.
Alors la Section, et Mendivé avec elle, réapparurent à la lumière effacèrent ce débours de six points pour rejoindre les « bleus » à 12 et leur brûler la politesse à 13 ! Une autre demi démarrait et elle fut d’une autre tenue, de haute tenue pour tout dire. Une autre Section se posait non plus en challenger mais en candidats à la dernière marche.
Les palois s’envolent puis piochent
Les Bèglais pas manchots non plus, bien au contraire, encaissèrent le coup en résistant et en menant encore à 17-16 ! Ils étaient loin d’imaginer alors que ce serait la dernière fois qu’ils auraient ce privilège. Olivier Laberdesque en maître de cérémonie, Florent Mendivé en rempart épais, capable deux fois de faire faux et de « tirer » deux points gagnants juste derrière, Bègles ne trouva plus guère de solution qui lui permettait de gommer ce déficit de cinq points qui se creusa à 25-20 et se prolongea jusqu’à 32-27 au terme d’échanges parfois titanesques!
Et alors qui pensez vous qui eut le mental le physique, et puis surtout le talent pour en remettre une couche ? Nos palois qui s’envolèrent 34-27 d’abord, 38-31 ensuite. L’art de bien arriver quand on est mal parti ? Pas si vite, Bègles a également le droit d’avoir le cœur d’un champion, surtout quand on s’appelle Timothé Sender et qu’on a été champion de France avec... Olivier Laberdesque. Et ces deux derniers points les séparant d’une finale, les palois souffrirent pour aller les cueillir, ils se firent même quelques petits soucis quand l’adversaire vint leur souffler sur le râble à 35-38 ! Laberdesque une fois, Mendivé une autre et l’affaire était enfin réglée.
Oui Florent Mendivé avait tout pour être le pelotari le plus heureux samedi soir, tout sauf une cheville dont il appréhendait qu’elle se rappelle à son bon souvenir au réveil dimanche matin…
Gérard Bouscarel
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