Portrait Benoît Chatelier, souvent prophète en son pays

Benoît Chatelier est à 35 ans un des gros bras de la paleta cuir ! Au propre comme au figuré puisqu’il peut, sans souci, disputer à Damien Bécaas et à Sylvain Brefel, le plus grand tour de biceps en centimètres, tout en intégrant le peloton de ceux qui, sous ce vocable, font partie de la toute première élite de la spécialité. Confirmation en a été donnée récemment avec cette arrivée en fanfare sous les couleurs de la Section Paloise. Associé à Ion Gavillet, il a fait descendre de leur piédestal les rois du Béarn, qui étaient aussi ceux de France depuis deux ans, Lucas Hourçourigaray et Nicolas Hourmat.
Une première performance
La terre n’en n’a pas tremblé d’accord, le championnat de France arrive, mais tout de même le succès se hisse à la hauteur d’une performance de choix. « D’autant que nous sommes une jeune équipe qui n’a pas de gros vécu ensemble et que nous avions perdu, en trois manches lors de la partie de poule » note le néo palois dont l’association avec Ion Gavillet « s’est faite naturellement tant nous avons un plaisir mutuel à nous retrouver lors des pré-selections. »
Deux mondiaux en argent
C’est qu’une année de mondial les résultats passent sous la loupe grossissante, au révélateur permanent. Les pré-sélections viennent d’ailleurs de tomber, et Benoît Chatelier en est, naturellement, lui qui était déjà des deux derniers mondiaux Biarritz 2022 et Barcelone 2018. Il en est revenu chaque fois avec la même médaille d’argent autour du cou. Une fois avec Pierre Adrien Casteran, le partenaire de longue date, une autre avec Lucas Hourçou qu’il vient de rejoindre sous le maillot de la Section Paloise.
A 14 ans au CER de Pau
De Lamayou, dont il est originaire, à Pau, le chemin n’est pas si long qu’il paraissait dans la nature géographique des choses. De fait, il y vient à Pau le jeune Chatelier de 14 ans mais c’est de passage pour intégrer le CER que dirige Sophie Claverie. Il trouve là la passerelle pour attendre d’intégrer le CREPS de Toulouse et son pôle France. « C’est l’endroit où il fallait être » se rappelle Benoît Chatelier, au souvenir d’y croiser les Brefel, Iris, bien d’autres, ceux avec lesquels il va grandir et prendre rang dans la hiérarchie …
2011 et 2012 l’éclosion
Un très haut rang d’ailleurs, le voilà champion de France en 2011, puis champions du monde des moins de 22 ans en 2012, le tout avec Pierre André Casteran , le partenaire de longtemps. La cerise est d’autant plus grosse sur le gâteau que c’est d’abord à Mont puis à Tarbes qu’il est couronné, tordant ainsi le cou à l’adage selon lequel nul n’est prophète en son royaume.
Est-ce parce qu’il est né très près des cimes Pyrénéenness que l’ascension se poursuit, certainement pas, c’est son travail. Par contre il adore l’air du pays, c’est encore à la maison, ou presque, qu’il remporte l’or de la coupe du monde 2017, c’est à ...Anglet !
A l’étatge au dessus, on l’a vu, il descend d’une marche sur le podium mais ne s’en éloigne pas beaucoup, même s’il est aujourd’hui un chercheur d’or…
La Réunion ? L’appel du grand air
Ce dont il s’éloigne très loin, l’enfant de Lamayou, c’est de son village, « petit mais avec un mur à gauche », la précision a son importance, et de Tarbes où il a signé en cadet, de Toulouse où dans le sillage de son grand-père et de son père, il épouse la menuiserie pour travailler. Bref sur tous les terrains Benoît est un homme du bois. Et son nouveau terrain d’expression c’est à Saint Denis qu’il le trouve, non pas celui des hauts de France mais bel et bien de la Réunion. « Une envie de bouger, de changer d’air, fuir le covid» dit-il en préférant privilégier l’aventure pelote. « Les joueurs Réunionnais, sont de très bons joueurs, il y a chez eux un pôle France, on les croise souvent en championnat et on les cotoie en équipe de France, des liens se créent... » Et ils sont solides ces liens au point de lui faire passer cinq ans et demi sous les couleurs du « Chaudron » le club phare de l’île. Il revient comme il est parti, au « rappel des racines. »
Lamayou-Pau pas par Michelin
On le retrouve donc palois, à son retour, en extension de licence, et pour faire plus court que lui disons que Lamayou-Pau via La Réunion, ce n’est pas l’itinéraire que conseille Michelin, Mappy ou Wase.
C’est tout de même un beau parcours que celui qui part de Lamayou, le village, où « il y a un mur à gauche », souvenez vous, et donc un tournoi annuel de gomme. «Tout le village se mobilise, pour l’occasion, mes parents aussi. Mon père aussi qui fut très sportif et joueur de 2ème série à gomme. Nous, mômes on guettait que les grands aient fini pour aussitôt aller jouer... » Qui part de Lamayou et qui arrive à Pau, offrant à la Section une chance supplémentaire de continuer à briller dans la spécialité de la paleta cuir. « C’est un gros championnat qui démarre, et il faudra déjà sortir des poules donc ne pas se faire piéger » analyse Benoît Chatelier ce trentenaire célibataire dont l’une des marques de fabrique, on l’a bien noté, est de gagner jamais très loin de chez lui…
Gérard Bouscarel
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