Saint Jean, Deuxième finale pour J. Portet
Qui nous dira un jour ce qui traverse l’esprit du champion quand l’un est sur le point de tordre le cou à une partie et que l’autre, c’est une lapalissade, est à deux doigts de la laisser s’envoler ! Ce jeudi soir à St Jean de Luz, le duo Clément Garcia et Jérôme Portet n’avait pas laisser son rival, fait d’un second palois, Paul Caparrus et du biarrot Johan Sorozabal, respirer au-delà du 5eme point (5–5).. Puis un 4-0 pour virer en tête au tiempo (8-5), un 7-2 juste derrière la reprise pour une victoire nette et sans bavure de la première manche(15-7), confirmant deux choses. La première c’est que la dynamique de la semaine porte Jérôme Portet sur un petit nuage où les fautes ne sont pas monnaie courante, la seconde c’est que Clément Garcia, l’avant de Bidart, issu des qualifications pour la deuxième année consécutive n’émarge plus, mais plus, mais plus du tout, dans la catégorie des jeunes espoirs, jeunes peut-être et même sûrement mais espoir plus du tout . « La pelote, il la secoue » confiait un expert non loin de nous sur un violent service au but de sa part.
La deuxième manche prenait la même orientation que la première. On aurait presque pu en faire un copié-coller, jusqu’au « tiempo » au moins. 5-5 et puis 8-5 pour les mêmes, et encore le point de la reprise pour les « rouge » !
La partie tourne comme le vent parfois
Et puis… et puis… « La pelote a beaucoup chauffé, et Johan (Soro) s’est mis à frapper très haut et très fort » disait Clément Garcia, j’ai beaucoup trop tapé bas » ajoutait Jérôme Portet pour expliquer que leur souveraine domination devienne soudain un véritable chemin de croix. Quatre points consécutifs du biarrot, retrouvant un peu de sa superbe, quatre autres partagés par les fautes adverses, un Paul Caparrus livrant sans aucun doute sa meilleure prestation depuis le début de la « summer league » et voilà la partie qui tourne comme tourne avec le vent la girouette. Qui eut effectivement cru que ces deux là, moribonds ou presque, étaient soudain en mesure de jouer un ton au dessus de leur adversaireet de lui infliger un sévère 10-3 pour conclure sans sourcilier avec en prime un quinzième et dernier point du benjamin du tournoi, Paul Caparrus, un point « couillus » ou plus poliment, plein de culot tiré depuis la « 9 » . Il en serra les poings de rage mais sans doute aussi de bonheur. « C’est ma première manche de gagner, je ne finirais pas à zéro point » lâchait-il entre consolation et déception, avant de filer à la rencontre des partenaires.
Garcia bien plus qu’un sergent
Les mouches avaient donc changé de monture. Le problème c’est que la cesta punta n’est ni avare de revirement ni d’irrationnel. Et pour avoir voulu de toutes leurs forces cette « belle », Johan Soro et Paul Caparrus ne la virent pas passer, mais pas passer du tout. Ce qu’ils virent surtout c’est le gant de Clément Garciales crucifiant ! Trois points du Bidartar ne devant rien à personne, une faute ultime de Johan Sorozabal , une dernière attaque de Garcia devenu bien plus qu’un « sergent » et l’affaire était pliée (5-0) !
Et du coup c’est Jérôme Garcia qui faisait figure de grand gagnant puisque vainqueur la veille à Biarritz, il s’offrait du même coup une seconde finale qui après trois tournois le fait basculer à 2-1… De quoi voir l’avenir des slams s’éclaircir !
De St Jean la délégation paloise conduite par son président Gérard Pierrou, repartait donc avec de pas si mauvaises nouvelles que ça: un Portet en pleine « bourre », un Caparrus en progression certaine, et un Jean Olharan venu se faire strappé et rassuré sur l’état de son biceps touché à Biarritz lundi. Il sera donc sur la cancha ce vendredi soir chez lui à Pau pour un nouvel épisode de ce feuilleton estival de la cesta punta.
G. Bouscarel
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