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"Todos somos Ataïn"*

La dernière soirée de qualification pour la summer league, vendredi, conduisait « Atïn » pour une première sur la cancha paloise... Le champion du monde « espoir », sacré à Mexico en 2023, était accompagné par son père ex champion du monde lui aussi et détenteur aujourd’hui du label « Ataïn »… Sur les conseils de Jean Marc Olharan on a tendu l’oreille
31.5.2026
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"Ataïn" père et fils au complexe de Pau
"Ataïn" père et fils au complexe de Pau

« Somos todos Ataïn », l’homme que nous présente Jean Marc Olharan en nous disant qu’il pourrait nous parler des heures et des heures de la punta, est basque, basque espagnol, de Markina, cette ville dont on dit chez elle qu’elle a tant fourni de champions qu’elle est l’Université de la cesta punta. « l’Uni » sourit notre homme au joli gabarit. Il accompagne son fils « Ataïn » venu à Pau disputé l’un de ses cinq tournois des « série’s », ces qualifs qui enverront les trois meilleurs rejoindre la « summer league ».

Il vient, avec ce « nous sommes tous Ataïn » de faire voler en éclat nos intuitions, d’envoyer aux cinq cent diables le fruit de notre imagination.

« Ataïn », ce nom là nous l’avons présent à l’esprit depuis octobre 2023 quant à Mexico en finale des championnats du monde des moins de 22 ans il avait contraint Paul Caparrus à se contenter de la médaille d’Argent pour mieux se couvrir d’or.

Pour un flop ce fut un flop !

Et alors, cet « Ataïn » qui fait encore plus guerrier quand vous le prononcez « Ataïllne » on le voyait bien comme le surnom emprunté à un guerrier descendant de sa montagne en poussant de grands cris et dévorant tout sur les canchas ! Pour un « flop » nous avions fait un « flop ». On  se garda bien de s’en vanter, on se contenta d’écouter ce père venu au complexe de Pau pour la deuxième fois seulement, la première c’était pour l’inauguration,  il devait, 20 ans auparavant, porter encore plus beau qu’aujourd’hui ce corps si solidement construit.

« Somos todos Ataïn » c’est en fait le socle de la famille Mugartegui, pas du tout un surnom ! Le jeune champion d’aujourd’hui s’appelle, pour l’état civil, Gorka Mugartegui  mais pour tout le reste il est un « Ataïn » comme tous ceux de l’arbre généalogique qu’il nous renseigne et qui sont nés dans la « granja », la grange littéralement mais la traduction prend un sens beaucoup plus élargi  du côté de Markina,  où ce serait la ferme, le socle des Mugartégui, les racines auxquelles on n’échappe pas quand on naît Mugartegui !

4 mois pour convertir l’avant en arrière

Et pour peu,  on y naîtrait presque avec un gant à la main, et on y serait baptisé sur la cancha d’un jaï alaï. C’est que la famille ne lésine pas sur les titres mondiaux,  Gorka l’a donc été en 2023, il avait 19 ans, la petite sœur Erika l’est également, en compagnie de Araï Lejardi, à Mexico la même année et l’an dernier, à Gernika, elle remporte la « Ligue des Nations » anciennement appelée coupe du monde sur le fronton 54m mais aussi sur le 36m. Le tableau ne serait pas complet  si « el padre », papa, n’avait  montré la voix. C’est à Cuba en 1990 qu’il est couronné face aux français. Il raconte, l’aîné  des « Ataïn » que les arrières espagnols de l’époque, très bons techniquement, manquaient en revanche quelque peu de puissance pour jouer sur un fronton de 64m alors lui, l’avant de formation à la force de frappe impressionnante, fut en 4 mois tout juste reformaté « zaguero », arrière, Compañon  prenant sa place à l’avant.

Vainqueur aussi aux JO de Barcelone

C’est au détriment d’Etchalus et d’Inchauspé, les tricolores  que l’Espagne d’Ataïn » fut sacrée championne du monde.  Il connut une autre heure de grande gloire à Barcelone lors des JO de 1992 quand la pelote fut admise en tant que sport de démonstration. Il y fut champion en dominant « Fifi » Etcheverry l’actuel entraîneur de l’équipe de France…

Comme beaucoup de joueurs de l’époque, la suite de l’histoire prit l’accent américain…

Jean Marc Olharan connaît bien son monde, l’aîné des « Ataïn » aurait volontiers  continué à nous parler « cesta punta » mais son fils avait une partie à jouer et il lui faut de très précieux conseil.

C’était un soir de « série’s » à Pau, le complexe accueillait  les « Ataïn »,  cette famille où les champions du monde se fabriquent de père en fils et fille, et où surtout, « todos somos « Ataïn »

*Nous sommes tous « Ataïn »

Gérard Bouscarel

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