Serge Maïté: "la main nue c'est apprendre la douleur"

Une grande fête chasse l’autre au royaume de la main nue, cette spécialité de la pelote à l’ancrage ancestral mais à la fascination suscitée toujours renouvelée pour celui qui va au devant. Elle vient de sacrer son héros, l’enfant d’Itxassou qui ne chante pas seulement ses cerises mais également l’un de ses enfants, Baptiste Ducassou, le maître incontesté de l’épreuve individuelle. Huit sacres, c’est deux de plus que Waltaray, que Matiarena, c’est énorme. Ce n’est peut-être même pas fini. Mais désormais, la main nue, grande dame s’il en est, se prépare à son autre fête, celle de l’épreuve par équipes dont les héros seront connus les 26 et 27 avril.
Le retour de Luis Sanchez
Et à tout seigneur tout honneur, celui de l’an dernier, le navarrais de Pampelune, Luis Sanchez, couronné avec, Iker Espinal sera de la fête. Pas seulement pour célébrer ses 29 printemps tout frais du 29 mars, mais bel et bien, également la fin d’ une traversée du désert de neuf mois, la durée que lui ont demandé ses deux épaules pour une remise à neuf. C’est là, une preuve supplémentaire de ce que ce sport est d’une difficulté terrible.
« Esku Pilota » se félicite bien entendu du retour à la compétition d’un de ses fers de lance, d’une de ses belles vitrines, d’un de ses plus beaux talents quand bien même est-il un champion de France venu d’ailleurs.
« Esku Pilota » pour développer et promouvoir
« Esku Pilota » n’a pas été créée en 2008 pour autre chose que de voler au secours du développement de la main nue sur quelque berge que ce soit de la Bidassoa. Elle ne rayonnait plus suffisamment au goût de quelques uns de ceux qui en avaient fait la légende, la gloire. Le coup de fouet qui fut aussi un coup de jeune fut salutaire, la Fédération Française y trouvant bien entendu son compte, une convention signée en 2011 lia les deux entités; il appartient depuis à « Esku Pilota » de proposer puis de piloter les championnats professionnels.
Pau sera gâtée le 18 avril
Si le championnat par équipe qui débute intéresse Pau au premier chef, c’est que la main nue est à l’affiche de la journée consacrée par la Section paloise de Gérard Pierrou aux cérémonies anniversaires des 20 ans du complexe de pelote, le 18 avril.
Même si Serge Mayté, l’une des voix qui comptent à « Esku Pilota » reconnaît que c’est bien davantage de l’autre côté du Pays basque, vers l’Espagne, que du Béarn qu’elle a ses racines, il sait que la partie de main nue est un classique annuel du complexe palois, il sait qu’elle y a un public et qu’il en fait le succès. Et puis, soit dit en passant ce complexe il a aussi abrité les séances d’entraînement du désormais retraité Ximun Lambert… Autant de raisons suffisantes qui, s’ajoutant à la détermination du président Pierrou ont conduit Serge Mayté à « gâter » Pau qui recevra les battus des demi finales du championnat de France professionnel. Ce sera donc inévitablement du beau monde convié à cet anniversaire.
Pierre et Julen l’avenir doré
Du beau monde oui puisque la main nue en possède avec ses incontournables leaders, Ducassou, Larralde, Ospital, Guinchendut, Sanchez le revenant, et puis ceux qu’elle prépare…
Serge Mayté, comme tout le monde, aurait préféré que la finale du tête à tête ne soit pas un cavalier seul de Ducassou face à Pierre Etcheverry, « c’est dommage bien sûr, surtout quand c’est télévisé, personne ne dit le contraire», mais si le dirigeant a aussi un clin d’oeil malicieux, « on a bien eu une finale de top 14 qui a vu e Toulouse mettre 60 points à Bègles », pour expliquer que « la première finale est toujours terrible pour l’élève face au maître » le passionné préfère retenir que « c’est un jeune de 25 ans qui est arrivé au bout . » Et le prof en poste à Orthez d’enfoncer le clou : « Et pour y arriver il a battu un autre tout jeune joueur, Julen Mariluz, très prometteur lui aussi à l’image de son titre de champion du monde des moins de 23 ans conquis en Argentine. »
L’afflux est basque espagnol
Est-ce suffisant pour dire que la main nue se porte bien ? Serge Mayté sans détour : « Oui » et d’étayer, « les clubs du Pays basque sont toujours là pour les jeunes. Car il n’y n’y a pas de secret, frapper avec la main ça fait mal, et même avec les pansements et protections ça fait mal. Il faut donc habituer la main à la douleur, c’est impératif. Jeune on démarre avec des pelotes douces et puis en avançant les pelotes se durcissent progressivement. C’est un sport si dur qu’il est difficile à développer au-delà du Pays Basque et des Landes. Il n’y a pas ou peu d’écoles de main nue en Béarn. Par contre nous voyons venir à nous de plus en plus de joueurs espagnols qui ne percent pas en mur à gauche et qui viennent jouer en trinquet chez nous, les Mexicains sont aussi des bons joueurs de main nue et à l’arrivée ce mixte est intéressant.»
Nous consacrerons un prochain article au volet sportif de la compétition que les responsables d’« Esku Pilota » et de la Fédération ont présenté en officialisant les forces en présence… puisque la main nue intéresse aussi les palois.
G. Bouscarel
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