Stépahane Dussarps, c'est pala, pala, pala!
C’est peu dire que Stéphane Dussarps aime ce jeu de pelote ! Le noyau dur des anciens qui font du trinquet Etchebarne le terrain de leurs défis, vous le dira, Dussarps, il est le plus souvent le premier à s’inscrire sur le groupe pour monter une partie, et s’il n’est pas le premier alors il se porte volontaire pour faire le quatrième. Et quand il ne joue pas, Dussarps il juge ici ou là, ou alors il met « son » tableau de bord à jour et c’est quelque chose que son tableau où il a répertorié les « loisirs » du club dans des cases de couleur et chacun avec une lettre selon son niveaux. Il les entraîne également ces loisirs ; il leur a même fourni un logiciel avec des axes de progression. Et puis voilà deux ans qu’il leur propose un tournoi dont la journée finale est une vraie fête. Il a même inventé le trophée de la « bécasse » en relation avec le premier oiseau qu’il a tué à la chasse… Vous l’aurez compris, s’il y a une chose que l’on ne puisse pas reprocher à Stéphane Dussarps c’est son investissement pour ce groupe de joueuses et de joueurs. « C’est mon plaisir » se contente de commenter l’intéressé.
Il monte à Paris par amour
Donc, dire de Stéphane Dussarps qu’il aime ce jeu ne dépeint pas encore toute la réalité. Il en est « fondu » lui qui débuta en jouant au basket puisque c’était à Saint Girons, d’où il est originaire, le sport « national ». « De toute façon il n’y avait pas de fronton » sourit Dussarps dont cette passion dévorante et débordante pour la pelote ne naîtra que lors de son arrivée à Pau, et de la découverte du trinquet, c’est à dire tout à la fin de son parcours professionnel. Professionnel et sentimental. C’est le second qui guidera le premier puisque sa vie amoureuse part des fêtes patronales d’Ossages, commune des Landes, limitrophe avec les Pyrénées Atlantiques, fêtes qui ont toujours lieu autour du 14 juillet. Il y tombe amoureux. Ce n’est pas qu’un amour d’été, c’est celui de toute une vie. La jeune catalane exerce à Paris, Stéphane abandonne la manutention de chez « Servi Frais » pour, à son tour, partir à Paris, il à 19 ans il y reste toute une tranche de vie, 20 ans. C’est là son petit jardin secret.
Directeur d’une société d’images
Dans la capitale, l’électrotechnicien diplômé à Bayonne file le parfait amour en même temps qu’il découvre chez « Graphigro » le monde des arts graphiques, c’est là un tremplin pour arriver chez « Getty images » grosse société américaine d’images et de production d’images, il y reste 20 ans jusqu’en 2023, assurant la direction générale d’une zone balayant de Brest à Nîmes presque une moitié de l’hexagone.
La pelote n’a pas alors la place qu’elle occupe aujourd’hui dans la vie trépidante d’un garçon toujours plein d’idées. Avant de quitter son Béarn natal, il y a joué, à Orthez, avec la famille Etcheveria, des amis d’enfance Joseph, Yves, Joel et Philippe, ce dernier, aujourd’hui encore attaché à la direction de ce qui était la « jeunesse et les sports ». Le souvenir de ces joutes est si vivace que Stéphane Dussartps n’a pas oublié que « si l’on se tirait toujours une « bourre » as possible, c’était d’abord pour s’amuser. » Ce n’est pas pour autant qu’il avait laissé tomber le basket à St Girons. Il en conserve quelques belles histoires bien sûr, mais une surtout, celle d’un match contre l’Elan, le patro voisin d’Orthez, et son géant de l’époque Roger Duquesnoy (2m13). A Paris, c’est au fronton « Chiquito de Cambo » qu’il rend visite en fonction de ses disponibilités au travail, et quand il rentre au pays, plus de 20 ans plus tard c’est avec le Stade Salisien qu’il poursuit mais encore et toujours en place libre, toujours pour s’amuser.
Premier fait d’armes, le mondial 2010
La suite de l’aventure s’écrit en 2007 à Pau où il installe les bureaux de la société, et où, pour jouer à la pelote c’est à la Section qu’il arrive presque naturellement. « C’était le club n°1, j’avais envie de participer, et d’aider. » Stéphane Dussarps a en effet cette qualité de ne pas se prendre pour un autre. Il le dit avec franchise et fermement, « je n’ai jamais été dans la compétition, je place le plaisir au dessus de tout et ce que j’aime par dessus tout c’est organiser pour les autres. » Le groupe des « loisirs » qu’il a fédéré et qu’il anime, avec un enthousiasme de junior, au quotidien ou presque nous reprendrait de volée si nous écrivions le contraire.
L’autre exemple de cette générosité naturelle au profit d’autrui, c’est le mondial palois de 2010. « Mon premier fait d’armes ». De par ses fonctions professionnelles il hérite de la responsabilité de la communication du mondial soit la gestion d’un budget important ! Il ne s’attire pas que des sympathies mais il tient bon dans ce qu’il appelle la « défense du territoire ». « Certes la pelote est la pelote basque mais c’était les championnats du monde de Pau, en Béarn, nous avons donc défendu les couleurs locales... » sourit-il davantage aujourd’hui qu’il ne le fit à l’époque où ça grinçait des dents et où il passa parfois en force.
Une passion débordante
Mais c’est peut-être également dans sa nature profonde que de ne pas aimer les choses trop lisses, de ne pas aller d’un point « A » à un point « B » par la ligne droite mais en prenant des chemins de traverses, bref il aime « batailler » pour reprendre une expression qui chez nous, au pays du bon roi, revêt un sens bien particulier.
Pour autant il n’a pas la rancune tenace, ce serait même le contraire, il en perd quelques unes des batailles, y compris sur la « cancha », sans que cela affecte son quotidien, encore moins son moral. Gérard Pierrou, le président du club en sait quelque chose qui ne s’en émeut plus depuis longtemps de ses « désaccords » avec son collègue qui agit plus particulièrement sur la communication et le sponsoring du club, et qui sait jusqu’où ne jamais aller trop loin et dont l’une des devises pourrait être « après la tempête vient le beau temps » puisque tout se termine toujours avec un sourire. « Si on s’investit, il faut se battre, non je ne suis pas toujours d’accord mais j’ai au moins la franchise de le dire et ça n’entache pas la bonne entente que je peux avoir avec le président » reconnaît volontiers Stéphane Dussarps toujours porté, à bientôt 63 ans, par cette double passion débordante qu’est le jeu d’une part quand bien même n’est-il pas dans la compétition, ce que ses potes du trinquet Etchebarne traduisent par, « Stéphane il ne gagne pas souvent » et ce dont Stéphane se moque éperdument lui qui se rappelle qu’à St Girons quand l’équipe de basket gagnait parfois trop largement il « n’aimait pas spécialement », le jeu donc et puis la prise d’initiative à l’image du dynamisme qu’il a insufflé à la section loisir du club, d’autre part.
Ambassadeur du Béarn
Au cas où vous auriez besoin d’un dernier élément pour reconnaître ce personnage pas tout à fait comme les autres, mais finalement attachant, sachez qu’il se transforme en ambassadeur du Béarn dès lors qu’il est spectateur de la pelote et non plus acteur. Il porte certes les couleurs du club mais il ne se sépare pas non plus souvent de son drapeau du pays de Béarn, ce drapeau jaune sur lequel figue deux belles vaches rouge. Si un jour dans un trinquet il n’y a qu’une seule personne agitant ce drapeau fort reconnaissable, vous avez toutes les chances que ce soit Stéphane Dussarps.
Gérard Bouscarel
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