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Maider Berenguer, la pelote depuis toujours

S’il y a bien au comité directeur de la section pelote, un membre qui soit arrivé avec de la pelote plein les mains, les bagages débordant de souvenirs remontant jusqu’à l’enfance, c’est bien elle, Maïder Berenguer citoyenne de Garindein, là où la tradition est aussi solidement ancrée que l’était Durandal, l’épée de Roland dans le rocher de Ronceveaux.
6.9.2026
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Elle a une façon très personnelle d’attacher des sourires à ses mots, des rires au bout de ses phrases. Elle a aussi appris à cultiver le naturel. Avec tout ça, Maïder Bérenguer  vous embarque avec elle, convaincante, pour une traversée de Garindein, « le plus beau village de soule », là où tout à commencé, là où vit sa maman, là où elle a tout appris, le mus, la pelote, le basque, enfin le souletin plutôt.

Maïder Berenguer est aujourd’hui professeur des écoles à Pau, elle est très impatiente de découvrir sa classe de CM2 à St Maur, c’est une première pour elle. Son parcours professionnel, elle l’a suivi par vocation et bien sûr il lui a fait  quitter « le village de son coeur » dès la fin du cycle primaire. Mauléon d’abord mais c’était tout à côté puis Pau pour une licence de lettres, Bordeaux enfin  pour un master d’enseignement. Et puis cette titularisation  et cette nomination  à Pau. « Elle s’y sent bien, s’est fait un cercle de connaissances, et puis surtout  elle est restée dans le 64 »  ce qu’il est aisé de traduire par « non loin de Garindein ».

« Elle vient de là et y retourne toujours »

Comme dans la chanson, « elle a au fond de sa mémoire  des lumières d’autrefois, elle vient de là et y retourne toujours. »

Garindein, terre de traditions. Là n’est pas seulement un pan de son histoire, mais bien un bouquet garni de sa culture. Ici, existe une trilogie à la Pagnol « pastorale, festival, chorale »  qui mobilise, solidarise, dynamise, cette commune d’un peu plus de 500 âmes bercée par la vallée du « Saison » et à l’ombre protectrice de Mauléon, « Maoulé » si vous voulez faire très couleur locale, toute proche, ce qui lui vaut d’appartenir à la Soule et d’en être fière.

Garindein a donc un secret pour attacher ainsi les siens à une fidélité trop souvent hors du temps. Oui, c’est cette trilogie,  à la Pagnol. Au cœur de ce canton de « Montagne Basque », il en existe une  qui a même peut-être regretté que la pelote, le mus  et la chasse à la palombe n’offrent pas la bonne rime pour s’y ajouter.

Garindein et ses traditions 

Garindein a fait de ses traditions une forteresse. Elle organise une pastorale dont les tentures « rouges et vertes » ont toutes été « cousues sur place et sont toujours celles de la première édition » dit avec respect et tendresse Maïder. Seul le panneau de bois servant à la communication  a eu droit à « un coup de peinture fraîche, il avait trop vieilli ». Pour la pastorale, Garindein double et triple même sa population, « on y vient d’Espagne » poursuit l’instit, comme on vient de toute la province au festival de la chanson basque. C’était  le 56ème cette année. C’est dire que l’on a de la suite dans les idées au pays, et puis tout un tas de petites mains qui les unes plus les autres font un second évènement très couru. « Nous avons chaque année le même groupe d’une dizaine de personnes qui veulent les mêmes numéros de place ». Le nous s’impose désormais à Maïder  qui naturellement devient membre de l’ASG, l’association sportive de Garindein.

Co-présidente de l’ASG

Elle entraîne avec elle  sa coéquipière  de mus, Fiona Garses qui danse chez les basques aussi, mais ceux de Pau, « Lagunt eta maïta ». Elles sont jeunes et dynamiques, c’est le profil idéal dans ces campagnes où les bras ne manquent pas mais les candidats pour présider, si. Le duo co-préside l’ASG, et ce n’est pas une partie de rigolade pour Maïder qui aime sourire et rire. Aujourd’hui, il n’y a d’ailleurs plus de présidence mais un collège de plusieurs membres.

L’enfant de Garindein a donc rendu à son village, ce que ce même village lui avait donné de bonheur, un fronton au pied duquel elle a grandi. L’actuelle professeur des écoles, l’avait pour premier voisin puisque la maison familiale lui faisait face. Elle le retrouvait à l’école puisqu’il servait de cour de récréation et l’on y jouait à main nue, enfin les garçons surtout car elle n’aima pas spécialement un jeu qui abîmait ses premiers vernis  à ongles... L’été venu il était encore le rendez vous des enfants du village. « Pour jouer à cache-cache » !

Maïder Berenguer dont les longues bouclettes de la chevelure sont aussi noires qu’une nuit sans la moindre étoile, retrouva donc la pala dans ce trinquet de verre dont la commune s’équipa une fois réglé le débat  de ceux qui validaient le concept et ceux qui souhaitaient plus de classicisme.

Nommée à Pau, elle arrive à la Section

Quand, voilà une dizaine d’années celle que l’on aurait appelé Madame l’institutrice avant, mais qui est désormais madame la professeure des écoles  est nommée  à Pau et plus précisément à l’institution Saint Maur, il n’est pas question de rompre avec ses racines, toutes ses racines. Il y eut cet investissement pour les deux phares qui projettent Garindein dans la lumière, tout en l’ancrant dans la tradition et puis il eut la pelote et le mus dans lesquels elle a baigné dès sa plus tendre enfance et pour lesquels elle conserve une passion intacte. Le mus est un jeu de cartes basque  où celui qui ment le mieux a toutes les chances de gagner. Si la finale du championnat de France, mais oui, a lieu au Pays basque et ne peut en sortir sous aucun prétexte, les comités qui organisent  les épreuves de sélection s’éparpillent dans une très grande partie de l’hexagone, mais oui,… Maïder est de son propre aveu très joueuse, surtout quand il y a de l’enjeu. Serait-elle un tantinet  mauvaise joueuse ? Sa réponse se perd dans un nouvel éclat de rire. Elle n’a d’ailleurs qu’une hâte c’est de défier avec sa partenaire Sonia, Gérard Pierrou, le président de la Section pelote, son président, grand joueur de mus s’il en est ! Ce n’est bien évidemment pas dans le contexte de ce jeu de cartes  que Maïder Berenguer est arrivée à la Section paloise ? D’abord, paloise, elle s’est mise au paddle, une spécialité dérivée du tennis, très en vogue, mais elle s’en est assez rapidement lassée.

Pour trouver ou jouer ? J’ai téléphone !

C’est donc sa bonne vieille compagne de toujours, la pala qu’elle  a ressortie de son sac de sports...Et pour trouver où jouer Maïder ? « J’ai pris mon téléphone j’ai cherché  et j’ai appelé. On m’a répondu qu’effectivement il était possible de jouer, c’était il y a deux ans. » Difficile de faire plus simple et plus logique !

Voilà donc le contexte de son arrivée à la Section paloise pelote où elle est toute heureuse de retrouver les valeurs qui encadrent ce sport. Est-il utile de rappeler qu’il s’agit de la convivialité et d’un état d’esprit tel qu’il installe une ambiance apaisée. « Ce partage, ce respect et cet esprit d’équipe », ce sont les valeurs que j’apprécie au plus haut point.

Inutile de chercher plus loin les raisons qui l’ont poussée vers le comité directeur du club, elle y apporte ses mots souriants, son naturel galopant et puis sa volonté de s’investir, d’apporter une contribution au développement, bref de s’intégrer pour alimenter « la belle dynamique »  sont là, foi de souletine de Garindein !

Gérard Bouscarel

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