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J.P. Caparrus, la pelote en famille

Jean Pierre, Paul et Delphine, c’est un nouvel exemple de ce que la pelote est bien un sport qui, par un biais ou un autre, ricoche sur la famille. Chez le Caparrus, c’est Paul, jeune espoir de la cesta punta qui a entraîné père et mère dans l’aventure. Et il en découle une belle histoire.
2.8.2026
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Jean Perre Caparrus
Jean Perre Caparrus

C’est promis, on ne vous fera pas grief d’ignorer qu’Ainharp  est une localité de la Soule, à une toute petite dizaine de kilomètres au nord ouest de Mauléon et tout juste un peu plus, au sud-est cette fois, de Saint Palais.  C’est que de chez Michelin à Mappy, de chez Atlas à IGN, les experts en cartes routières, Ainharp, que les basques appellent Ainharbe, et qui se prononce « Aillenarp » n’est qu’un point pas plus grand qu’un tête d’épingle, que l’un des ruisseaux qui la traverse, le Quihilliri, n’a même pas droit au liseré bleu qui d’ordinaire les matérialise.

A Aihnarp, le café Caparrus

En même temps, on espère que les gens d’ Ainharp ne pensent pas un seul instant que l’on soit moqueur ou bien encore  que l’on ait quoi que ce soit contre ce tout petit petit coin de notre jolie région.  Sans aucun doute la nature a du lui réserver bien des délices, bien des trésors puisqu’elle a préféré ce cadre là à celui de la grandeur.

Ainharp est minuscule nous dit le dernier recensement qui s’est arrêté de compter les âmes à la 131ème. Son église est bien au centre du village, l’école primaire subsiste, seul le café qui d’ordinaire complète la trilogie, n’est pas. N’est plus.  « C’est ma grand-mère qui le tenait, c’était le café Caparrus » dit Jean Pierre, le petit fils, que cette rapide évocation renvoie aux souvenirs de son enfance.

La pelote dans les gênes

Aujourd’hui une maison  de la commune s’appelle toujours  « Caparrus etxea », et la tante de la famille y est encore résidente. Qui sait si un jour, la place de la mairie où une autre  ne sera pas rebaptisée du nom du plus jeune  de la famille. Il y a encore loin de la coupe aux lèvres,  l’erreur serait de brûler les étapes.  Il s’agissait simplement de remonter aux racines de la passion qui a étreint la famille Caparrus et dont Paul, 21 ans, est désormais le porte drapeau.

Ainharp est avec ou sans fronton en terre souletine, là où il n’est nul besoin de grand-chose pour jouer. Jean, le père de Jean Pierre, est un souletin pur souche, ici la pelote est dans les gênes, elle est une véritable institution. Un mur, une pala, une pelote il n’en faut pas davantage à Ainharp comme ailleurs.

Père et fils en finale chez Etchébarne

Jean Pierre Caparrus, né à Pau  joue à la pelote, moins cependant qu’il l’aime ou qu’il la suit en spectateur sur les bancs du jaï alaï de Saint Jean de Luz, à l’occasion des Internationaux, d’abord et puis encore plus assidûment au fur et à mesure de la montée en puissance de Paul.  Le sommet de sa carrière, c’est chez Etchebarne qu’il se situe. Là, avenue Rauski, entre Jurançon et Gan, le tournoi annuel est institution, une obligation presque. Père et fils, Jean Pierre et Paul y souscrivent et ils arrivent ensemble en finale dans ce trinquet à nul autre pareil. C’est là plus qu’un succès, quelque chose qui s’apparente au bonheur simple mais total, un passeport, une aventure dont on se souvient longtemps et qui vaut bien que l’on raccroche. Pour l’aîné  au moins. Nous sommes alors en 2023.

Un couple d’infirmiers...

Reprenons le cours des choses  dans l’ordre, sans survoler le temps. Jean son père travaille depuis quelques années déjà dans les transports, chez Menjucq à Pau. Il a quitté Ainharp une première fois, il avait 18 ans, et l’on faisait l’armée encore. Elle le fit aller à l’autre bout de la France, à Nancy. La deuxième fois qu’il quitte son village, il ne prend qu’un billet aller, il n’y aura pas de retour. C’est à Pau que l’avenir de la famille Caparrus va s’écrire désormais, à Pau, ou plus précisément à Lons, et que la pelote va la suivre pour conserver une place de choix.

Sa famille,  Jean Pierre la fonde avec Delphine. Ils partagent un parcours professionnel similaire,  qui fait d’eux des infirmiers de la fonction publique hospitalière,  ils se spécialisent  dans la santé mental, une profession dont on ne dit jamais assez le don de soi qu’elle exige. Ce n’est pas tout, Delphine est aussi labellisée Pays Basque ! Pas celui des Caparrus, des collines et vallons, celui de la côte et de la mer, celui de  Bayonne, de son jambon, de ses fêtes mais pas que, de la pelote, elle y est reine aussi. Là, c’est Francis le père de la jeune fille qui s’illustre, il est bon joueur de « joko garbi » le jeu joli.

Irastorza l’idole de Paul...

Paul va naître de cette union et très tôt  baigner dans l’ambiance des jaï alaï, celui de St Jean de Luz et de ses « Internationaux » particulièrement. « Le complexe palois démarrait tout juste et n’offrait pas encore les parties qu’il offre aujourd’hui, on allait donc sur la côte pour voir  des parties » note Jean Pierre.  Et Paul suivait ses parents. A l’âge d’avoir ses idoles, c’est sur Eric Irastorza, que Paul jeta son dévolu.  Jean Pierre ne compte plus les fois où il alla, son Paul à la main, dire bonjour à Eric, serrer la main d’Eric, faire une photo avec Eric... Pas étonnant dès lors, qu’un peu plus tard, quand dans le cadre des activités péri-scolaires on proposa la pelote au gamin, il avait déjà une idée bien arrêtée sur celle qu’il voulait pratiquer, plus tard celle d’Eric, la cesta punta, pas celle de l’école !

...Puis son coach et son sélectionneur

Quand on sait qu’aujourd’hui l’espoir palois appartient au « pôle performance » de Saint Jean de Luz, dont l’un des entraîneurs cadres est Eric Irastorza immense champion s’il en est ! Quand on sait qu’en charge des moins de 22 ans à la Fédération, Eric Irastorza sélectionna Paul pour le mondial de Mexico d’où il revint médaillé d’argent, on croirait lire la fin d’un roman pour enfant, d’un livre à la couverture rose.  

Mais à six ans, le premier coach qu’il eut à l’école de pelote de la Section paloise, c’est Christian Loustaudine, champion qu’on ne présente plus non plus, éducateur également. Et quand il l’emmène Paul disputer, à Bidart le « pelotari Txiki » c’est à l’avant qu’il évolue pour son, baptême du feu le mini poussin.

Le profil du parfait dirigeant

C’est dans  l’ambiance du Stadium de la gare qui était  encore la maison de la Section pelote mais plus pour longtemps, que Jean Pierre Caparrus a baigné, c’est dans celle du complexe de pelote que Paul va tremper . Et puis surtout passer du poste d’avant à celui d’arrière, et montrer quelques aptitudes, d’adresse notamment. Le développement de l’athlète c’est Christophe Pierrou  qui le manage à la tête de l’école de pelote, le développement du club c’est le rayon de Gérard, le président. Il ne tarde pas à mesurer l’investissement de Jean Pierre pour son fils, un investissement mesuré, plutôt un accompagnement, pour son bien être,  pour lui trouver le meilleur équilibre possible. « Parce que tout bien considéré  c’est tout de même beaucoup d’effort pour un jeune , que de concilier des études en ostéopathie et le sport de haut niveau. » note encore Jean Pierre qui n’est ni le premier, ni le dernier à toucher du doigt l éternel problème   du sport en France...s

… Et de trois

N’est-ce pas là le profil du parfait dirigeant ? « Un jour Gérard Pierrou est venu me voir et m’a parlé des forces vives dont un club a toujours  besoin, et de fil en aiguille, il m’a convaincu de mettre le deuxième pied à l’intérieur du club puisqu’avec Paul on y avait posé le premier. Il y a onze ans maintenant que Jean Pierre Caparrus a intégré le bureau directeur du club et dynamisé la cellule buvette du club… Juste à côté de la boutique de la Section pelote où officie désormais Delphine Caparrus. « Elle nous a rejoint lorsque le club a intégré  la « summer league », elle s’est ajoutée aux petites mains »  commente en souriant Jean Pierre Caparrus qui tient absolument à rester « une petite main de plus »…

Gérard Bouscarel

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