Pau cup, Gonzales-Portet oui, mais aux forceps
La « Summer league » est un grand spectacle, mais elle est aussi et surtout une compétition qui fait disputer des « Master » sur trois sites, lesquels « Master » permettent aux quatre meilleurs avants et quatre meilleurs arrières de poursuivre l’aventure en disputant des « Slam » sur ces mêmes trois frontons luziens, biarrot et palois…
S’il n’a pas posé les deux pieds sur cette qualification tant convoitée, Jérôme Portet en a bien posé un plus trois doigts sur sa cancha paloise qu’il retrouvait pour conclure ce marathon qui l’avait conduit à jouer trois fois cette semaine et on va voir que ce ne fut pas anodin… La veille en ayant suivi la partie de St Jean il avait enregistré une première « bonne » nouvelle : la victoire de Thibault Basque face à Lékérika, on parle de la compétition que se livrait les arrières, éliminait de la course à la qualification le basque de Gernika que d’aucuns trouvait cette saison très affûté et moins tranchant.
Portet et Olharan en finale vendredi
Mais comme on n’est jamais mieux servi que par soi même, il prit soin d’ajouter à Pau, dans son escarcelle, trois points supplémentaires qui font de lui le second du classement spécifique ce samedi matin et qui plus est lui offriront une dernière occasion d’en marquer encore un peu plus ! Sa victoire au dépens de Thomas Urrutia qui remplace Eñaut Urreisti, lui et de Théo Laborde (15-8, 10-15, 5-3) le qualifie pour la finale de vendredi prochain 14 août, une finale qui l’opposera à son pote et coéquipier Jean Olharan. Il y avait foule au complexe vendredi, il devrait y en avoir encore davantage la semaine prochaine pour ce duel qui sent le souffre puisque ce sera à l’avant palois de s’imposer cette fois, toujours en vue de ces diables de « Slam »…
Ce sont donc les deux avants des « serie’s les mieux classés derrière Clément Garcia qui occupaient les avants postes puisque Johan Soro (adducteurs) avait rejoint l’infirmerie où se trouvait déjà Eñaut Urreisti. Et ceux qui avaient pu penser un seul instant que l’arrière palois en aurait la tâche un peu moins ardue auront du réviser leur jugement en regagnant leur voiture sur le parking du complexe. Il lui a fallu batailler jusqu’à l’ultime pelote de la belle pour s’imposer et la vérité nous oblige à dire que cette ultime pelote qu’il tira elle fut très bienveillante à son égard en prenant une trajectoire que d’ordinaire elle ne prend pas en revenant du mur de gauche…
Urrutia mister Hyde, docteur Jekill
Il était alors en souffrance le grand Jérôme dont on avait perçu les premiers signes de fatigue au moment où la seconde manche et la partie se jouait. Autant Thomas Urrutia plombé de 7 fautes directes en première manche n’avait pas aidé Théo Laborde qui faisait son maximum à l’arrière, et la tâche de Gonzales-Portet s’en était trouvée facilitée surtout après le « tiempo » ou pause fraîcheur atteint à l’équilibre (8-7) et suivi d’un KO monumental 7-1 ! Une manche en poche (15-8), une sûreté de bon aloi, Portet était bien le meilleur des quatre, enfin de ces quatre là car ceux qui revinrent sur la cancha ne furent pas les mêmes. On pense surtout à Thomas Urrutia qui de 7 fautes directes passa à 7 points gagnants et zéro faute, vous avouerez que ce n’est pas du même tonneau et que ça change un manche. Un Urrutia transformé en mister Hyde après avoir été docteur Jekill, un Portet soudain moins fringant et pour la première fois depuis le départ les « rouge » rugissaient à l’avant avec plus 3 (9-6,10-7) au sortir de l’arrêt boisson fraîche atteint de la même manière que lors du premier set.
Jérôme Portet accuse le coup
Il n’y avait pas péril en la demeure des « verts » mais leur retour à 10 égalité n’était pas d’une autorité laissant augurer d’ un vrai regain de forme, d’un second souffle retrouvé. Non la panne était bien identifiée il manquait un peu d’essence dans le moteur de Jérôme Portet et compte tenu de ce que le garçon s’était envoyé depuis une semaine il n’y avait rien d’étonnant. Ou plutôt si, il était étonnant qu’il soit allé jusque là sans montrer de signes évidents de lassitude ! Il nous dira ensuite libéré, soulagé et content que si ça ne s’était pas vu, lui avait bel et bien commencé à souffrir dès les 10ème point du premier acte…
Cette panne, Urrutia et Laborde sautèrent dessus et filèrent à l’arrivée sans plus se retourner, il en résulta un 5-0 net et sans bavure...un tantinet inquiétant de surcroît : Jérôme Portet allait-il tout perdre sur les 5 points suivants que l’on sait aléatoires…
Le fait est que ça partait bien mal à 0-2 et encore à 1-3, le seul point gagnant l’ayant été sur un « pumpa » une faute de gant si vous préférez. Et quand tout va mal, tout va mal, voilà que sur une droite qu’il appuie, le palois se fait mal au biceps en égalisant à 3 ! C’est aux forceps qu’il va terminer grimaçant et harassé recevant des dieux de la punta ce dernier petit cadeau qui fait le cinquième point, celui qui en vaut trois au classement et qu’avec 18 désormais à son compteur il est pratiquement assuré d’être du quatuor des meilleurs arrières des dix masters. On ne jurerait pas cependant que sur l’heure la chose qui lui procurait le plus grand plaisir c’était de savoir que jusqu’à vendredi il ne jouerait plus à la cesta punta…
Gérard Bouscarel
Reportage Photo Raymond Cazadebat
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