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Mondial argentin On joue au CeNARD et au "Muni"

Tout au nord de Buenos Aires, dans le quartier Nuñez, au bord des rives de « mar del plata » la mer qui rentre dans les terres, pour y rejoindre le fleuve du même nom et ainsi former une frontière naturelle avec le pays voisin l’Uruguay, respire le sport argentin. Il dispose là, entre deux entités, le « CeNARD » et le club « Ciudad de Buenos Aires » d’une trentaine d’hectares d’espaces verts et de toutes les structures nécessaires à la pratique du très haut niveau d’une part, à celle de monsieur tout le monde d’autre part…
17.10.2026
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Des frontons flambants neufs, l'Argentine a bien fait les choses
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C’est là, également que bat le cœur du mondial, puisque le « CeNARD » ouvre ses deux murs à gauche de 30 et 36 mètres, tandis que tout ce qui concerne le trinquet a pour cadre les installations du « club Ciudad de Buenos aires » que les argentins appellent « Muni », diminutif de municipal. Le côté pratique de la chose c’est que les deux théâtres des opérations ne sont séparés que par  600 mètres, ceux qui longent la rectiligne avenue Miguel Sanchez.  On a beau être dans une ville de plus de huit millions d’habitants dont le trafic  ne faiblit pas beaucoup, ce ne devrait pas être un obstacle que d’aller de l’un à l’autre et vice versa…

« El muni » parce que municipal !

« El muni » donc  est à Buenos Aires, un club plus que centenaire. Il a été crée en 1920 par une poignée d’employés de la ville,  à une époque où la capitale n’était pas encore déclarée ville autonome et quand elle le fut on a tout simplement conservé ce nom de « club de la ville ». Lors de la création, la municipalité  accorda un petit bout de terrain aux sportifs, un tout petit bout si l’on considère que désormais les installations couvrent plus de 16 hectares, permet la pratique de pratiquement tous les sports mais pas seulement, les arts, surtout sous formes de concerts,  et la culture y ont aussi leur place.

L’antre de la « Celeste »

Club privé à l’origine, il est aujourd’hui ouvert à tous les pratiquants qui le souhaitent.

Son voisin, le « CeNARD » est beaucoup plus récent, puisqu’il a été édifié entre les années 1973 et 80, beaucoup plus prestigieux aussi puisque c’est la que les sélections nationales viennent préparer leurs compétitions internationales. Textuellement el « Centro National de Alto Rendimiento » le centre national de haut rendement, pourrait être rapproché de notre INSEP dans ce qu’il propose pour toutes les disciplines, mais la comparaison s’arrête là puisque tous nos bleus ne passent pas par l’Insep pour leur regroupement.

Ici à Buenos aires, « el Muni » abrite le secrétariat des sports argentins, un centre médical super équipé, un hôtel, une piscine olympique un terrain de hockey sur gazon, des salles omnisports, un gymnase de 2000 places, un autre plus petit pour la boxe, de nombreux courts de tennis et pistes d’athlétisme, cet athlétisme qui fut le moteur du projet. Il y a également un hôtel  à disposition des internationaux.

Cabrera le marathonien en or

Si le secteur athlétisme est ainsi en pointe  il le doit à celui dont la piste principal porte le nom de Delfo Cabrera, coureur de marathon, né à Armstrong, dans la province de Santa Fé. C’est en voyant son compatriote Juan Carlos Zabala s’imposer dans l’épreuve qui clôture, alors les Jeux Olympiques, que Delfo Cabrera se met à la course à pied et rejoint Buenos Aires  pour s’y entraîner. Pompier de métier qui s’est lié d’amitié avec Juan Péron, durant la seconde guerre mondiale, Cabrera a pu se rendre à Londres grâce à la cagnotte amassée par ses potes de la caserne, et en 1948, en 2h 34m et 51s il remporte la médaille d’or du marathon le plus dramatique de l’histoire.

Une arrivée dramatique

C’est un belge, Gailly, qui rentre en tête dans le stade de Wembley à Londres  après avoir fait cavalier seul depuis le départ. Ainsi au 20ème kilomètre Cabrera pointe à plus d’une minute de l’homme de tête… Seulement en pénétrant dans le stade britannique, Gailly essuie un défaillance terrible. Il chute sur la piste, se relève une première fois, rechute, se relève une deuxième fois, pour voir, à 400m de la ligne d’arrivée, l’Argentin le doubler inexorablement et s’en aller couper le ruban du vainqueur… Un autre marathonien double le belge titubant dans le dernier tour, mais il y a 16 secondes que  Cabrera a franchi la ligne.

Athlète d’1m72 pour 60 kilos, Cabrera signera un second grand succès lors du marathon des Jeux Panaméricains en 1951 puis, en 52 aux Jeux d’Helsinki, où Emile Zatopek s’impose, il prend la 6ème place. Si Cabrera fut une icône à Buenos Aires, c’est que le pays attendit 64 ans la médaille d’or olympique suivante… Elle fut l’œuvre en 2012 à Sydney de Crismanich dans l’épreuve du taekwondo.

Quant à Cabrera il mourut à 61 ans, victime d’un accident de la route, alors qu’il revenait de Lincoln, où il avait assisté à une cérémonie donnée en son honneur…

Gérard Bouscarel

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