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Michel Meste, la passion au service des jeunes

Nous poursuivons la série des portraits de ceux que les années consacrées à la pelote et à la Section ont élevé au rang de « grognards ». Michel Meste appartient à ce groupe de fidèles lui qui, venu à la pelote sur injonction médicale à 14 ans, en a fait sa passion dont bénéficient les jeunes pousses du club comptant dans leur rang un certain Evan Meste !
14.6.2026
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Michel Meste, l'un des anciens de la Sectyion pelote
Michel Meste, l'un des anciens de la Sectyion pelote

Bayonne, Biarritz, Ustaritz, Irrissary, ce sont, avant Pau, les différentes affectations du gendarme Pierre Meste. Elles représentent, groupées, neuf ans de la vie de son fils Michel qui se définit aujourd’hui comme « un palois né à Bayonne ». C’est aussi neuf ans dans le creuset de la pelote basque, et c’est là bien entendu qu’il s’est, tout naturellement, construit la panoplie du pelotari pur et dur, si pur et si dur qu’il est encore aujourd’hui, notre alerte septuagénaire, ce dirigeant qui tous les mercredis s’ajoute à l’équipe des éducateurs de l’école de pelote de la Section paloise… Élémentaire mon cher Watson aurait dit Sherlock Holmes puisque c’est à lui que l’on prête cette réplique si populaire. Faux, archi-faux aurait écrit à l’encre rouge et dans la marge,  le maître d’école  sur une copie rapportant ce lien entre Michel Meste et la pelote. « Oui bien sûr à Irrissary, à la récréation, on jouait à la pelote, mais c’était à main nue et un lieu commun, puisque tous les enfants des écoles du pays basque jouaient à main nue à la récréation. C’était anecdotique » se souvient-il. Le « palois né à Bayonne » n’est donc pas arrivé à Lescar avec un bagage de pelotari déjà bien développé, pas même avec l’idée que c’est à ce sport qu’il consacrerait, et consacre encore, plusieurs dizaines d’années de son existence, c’est que Evan, son petit fils enfile déjà le gant dans le groupe des minots que suit son grand-père de très près.

Le sport sur injonction médicale

Cinq années supplémentaires passèrent même de la sorte sans que la pelote, ou toute autre activité d’ailleurs ne le branche vraiment ce qui lui valut d’entendre un jour le médecin dire à sa mère, « madame Meste, Michel il faut le mettre au sport », je « risquais l’embonpoint » sourit aujourd’hui celui qui a bien davantage grandi que grossi, et qui promène sur la cancha un gabarit plutôt svelte…

Il entendit plus fort encore le véto de maman pour le rugby, ce qui ne le gêna pas plus que ça, et ne l’empêche pas aujourd’hui d’être avec son pote Cazaurang plus qu’un supporter de la Section, un fidèle abonné. Donc pas de rugby on a bien compris mais la pelote n’est pas non plus encore dans son vocabulaire! Du café de Lescar que tiennent se grands parents, au Stadium de la gare, antre de la pelote, il y a plus qu’un grand pas à franchir puisque c’est par le Portugal interposé que passe l’itinéraire de Michel Meste. « J’avais un copain de classe qui jouait à la pelote à la Section,  il était portugais et m’a proposé de le suivre un mercredi après midi, » se rappelle l’ado de 14 ans alors.

L’extase du chistera, le charme de Georges Alliez

La suite de l’histoire, elle est identique à celle d’un nombre incalculable d’autres enfants qui sont tombés en extase devant cet instrument bizarre qu’est le chistéra fait de bois et d’osier, et puis aussi, et peut-être surtout, sous le charme de la pédagogie  d’un éducateur pas comme les autres, Georges Alliez bien sûr… « Oui, ce fut direct d’entrée, le gant, le père Alliez  et allez, les premiers gestes.. » Michel Meste marque un temps d’arrêt, il sait aujourd’hui, ce qu’il ne savait évidemment pas en 1968, son destin venait de basculer. Il entrait sur l’autoroute de la pelote et 58 ans plus tard, il n’a toujours pas emprunté de sortie... « J’ai été emballé, c’est vrai et je m’y suis mis à bloc. » ajoute celui qui se contenta d’un parcours moyen chez les jeunes puis beaucoup mieux chez les seniors, le temps avait fait son œuvre  et comblé  les lacunes dues à sa venue tardive sur la cancha.

Il ne vous présente donc pas un palmarès retentissant, et il n’en souffre nullement, la preuve il continua à jouer en club jusqu’à l’âge de 32 ans, et poursuivit pour le plaisir à baline avec d’autres anciens comme lui, Badillé, Cazadebat entre autres.

Un regret, beaucoup de souvenirs

Très honnête, il confie tout de même un regret attaché  à la saison 1976 quand en quête d’un buteur la Section  lui confia le poste de premier gant aux côtés de Badets et Loustaudine. On l’écoute, non pas raconter mais revivre cet épisode : « Gérard Pierrou venait de passer indépendant c’est mon point de repère, on ouvre la saison contre Mourenx que l’on bat 45 à 32 ou 33 au Stadium. Et puis la saison de rugby reprenant Loustaudine nous quitte et du coup Badets arrête aussi, la Section abandonne le championnat de France que... Mourenx remporte... »  Il n’en déduit pas un théorème, il ne dit pas que, du coup, la Section aurait été titrée puisqu’elle avait battu le champion, il dit simplement « peut-être que » et que « oui, c’est un regret »…

Il est cependant vite compensé par les « bons moments vécus », comme ce voyage  mémorable à Cannes en 1986, mémorable puisque 40 ans après, Olharan, Lagourgue et lui ne sont toujours  pas d’accord sur le lieu du couchage de la triplette… Qui sait d’ailleurs s’ils s’étaient couchés… Comme encore ces allers-retour à Saint Jean de Luz les samedis matin,  pendant trois mois, pour aller s’entraîner dans le jaï alaï, en vue de la saison de cesta punta. « Il n’y avait pas l’autoroute en 1980, mais il y avait tout de même la récompense, c’était soit la paëlla  sur place, soit l’assiette du « Pigeon blanc » et puis quelque fois aussi la fiancée  nous accompagnait, Jean Marc, Philippe, Jean Pierre et moi (lisez Olharan, Othaburru et Broutshert). »

Et puis entre regret et joie, il y a les hommes qui vous marquent, Jean Claude Saldaqui fut de ceux là pour Michel Meste alors cette partie à St Jean Pied de Port le 14 juillet 1977, il la rembobine comme pour lui rendre hommage. « Nous sommes partis du Stadium avec Bernard Casty dans son superbe coupé fiat 124 jaune, et pour se préparer on n’a rien trouvé de mieux que de s’arrêter à St Jean le vieux  pour déguster...des vins ! Nous sommes arrivés sur la cancha un peu guillerets, le fronton était plein à craquer et malgré la défaite 45-44, nous avons avec Jean Claude  merveilleusement bien joué et produit un spectacle de qualité. Ca reste un moment très particulier !».  

Une coupure de quinze ans

Michel Meste aurait pu disputer, très amicalement bien sûr, le titre de plus vieux des grognards  à encore accompagner le duo Pierrou-Olharan… Ils vont bientôt tous deux franchir la barrière des 60 ans au service de ce club. Michel Meste ne l’emporterait pas. Il y a en effet une coupure dans l’histoire le liant à la Section, elle vient d’un différent avec l’autorité en place. Mais puisqu’il avait mis un pied dans le sport il y posa le second en accompagnant ses deux fils, l’un au tennis de table à Lescar, le second au basket à Artix, quant à lui c’est à paleta gomme en trinquet qu’il poursuivit à la pelote. Bien lui en pris, il devient en 1992 avec Jean Marc Carricart champion du Béarn de 2ème série, c’est contre Sauveterre à Laruns. Il a donc connu le bonheur de la plus haute marche d’un podium…sous les couleurs de Lescar !

Mais tout autant que le marin ne résiste pas à l’appel de la mer dit-on, Michel Meste n’a pas oublié ses années Section, elles sommeillent d’ailleurs quelque part dans un petit coin de sa tête. Il ne faudrait pas grand-chose pour les réveiller, enfin pas grand-chose c’est beaucoup dire  pour un garçon que l’on a mis au sport plus qu’il ne s’y est mis, un garçon qui a découvert la pelote via un copain portugais, bref qui a pris des chemins quand d’autres ont plutôt pris la route… Et le chemin qui mène, ou plutôt ramène, au Stadium il y arrive via...Rouen !

Retour au bercail… via la Normandie

Michel Meste travaille au siège du Crédit Agricole à Serres Castet, il y a parmi ses collègues un souletin de Tardets qu’une mutation professionnelle a envoyé au cœur de la Normandie, à Rouen très exactement. La pelote n’y est pas en pays conquis c’est une évidence, alors, avant de partir  il a promis qu’à son retour il apprendrait à jouer avec le chistéra. Et de fait, revenu au bercail  il se présente au Stadium où Georges Alliez, bien évidemment, l’accueille et prend quelques infos sur ce nouveau venu. « Vous travaillez au Crédit Agricole de Serres Castet ? Mais alors vous avec un prof tout désigné, c’est Michel Meste... » L’éducateur de ce collègue ne reste pas longtemps, un éducateur personnel et privé, Jean Marc Olharan, ou quelqu’un d’autre, le souvenir a une quinzaine d’années, saute sur l’occasion et dans le style le plus classique lui tient le propos du manque de monde dans les écoles de pelote, qu’il y serait le bienvenu… Le deuxième tome de l’histoire de Michel Meste et de la Section s’ouvre sur cet épisode des retrouvailles, d’un retour aux sources. Il est membre de l’équipe des éducateurs qui le mercredi, mais aussi le samedi ou même le dimanche, entraînent les enfants, les conduisent au Pays basque où ils jouent le plus souvent, les couvent en un mot.

Il siège en tant que membre au comité directeur du club, et il n’a jamais oublié cette formule qu’il avait entendue lors d’une de ses premières réunions : « saches rendre ce que le club t’a apporté ». Il est assurément de ceux qui l’ont mise en pratique !

Gérard Bouscarel

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