Marc Bourdat: "le compexe a changé la donne"

« Que de belles soirées dans ce stadium plein ! Ce n’était cependant pas que ça, le stadium, c’était Marcelle et Germain, leur sens de l’accueil jamais pris en défaut, c’était un pôle de vie avec la pelote bien sûr mais aussi le judo, la boxe, aussi ». Le regard réjoui, les yeux qui brillent devant les guirlandes de souvenirs qui défilent, Marc Bourdat ne cherche pas longtemps, la formule qui habille cette époque : « c’était un art de vivre »…
Nostalgique notre dirigeant intégrant le noyau dur des grognards qui entourent Gérard Pierrou depuis plusieurs décennies, trois bien tassées en l’occurrence ?
Pas d’opposition au projet...
L’histoire dédouane totalement Marc Bourdat. Il a bien trop voyagé à travers le monde dans le cadre de ses missions chez « Total », pour savoir qu’il est en constante évolution. Que ne pas avancer, c’est reculer et parfois davantage. Quand en 1995, il fait son entrée au conseil municipal, en même temps que Gérard ¨Pierrou d’ailleurs, il est sur la liste d’opposition. Oui mais il sait et fait savoir que le projet d’un complexe de pelote que Gérard Pierrou porte désormais avec passion, et qui prend de l’épaisseur, est un projet qui tient la route. Et le dirigeant de la section pelote qu’il est, aussi, s’y associe pleinement, en commission des sports notamment.
Ne pas évoluer c’est reculer
Un peu plus tard dans l’entretien, Marc Bourdat aura même cette phrase lourde de sens mais d’une froide réalité aussi : « si ce projet n’aboutit pas la pelote est morte »… Elle rappelle en tous points, et Marc Bourdat s’en souvient aussi, celle de Pierre Seillant qui parlant de l’Elan Béarnais, avait déclaré « c’est vivre à Pau ou mourir à Orthez, j’ai choisi de vivre.»
Le conseil municipal et le projet du complexe, sont au centre du rapprochement de Marc Bourdat et de Gérard Pierrou, « oui on accroche, je crois, on s’est tout de suite bien entendu.».
C’est d’autant plus aisé que ce n’est pas le premier contact entre les deux hommes. Il y a bien entendu une place pour la pelote, dans cette construction de leur relation.
Paul, Pierre et Louis tous pelotaris
La pelote, Marc Bourdat en fait comme beaucoup d’entre nous en font ou ont en fait. « On jouait entre copains et puis on dînait», plaisante-t-il. La réalité c’est qu’il allait en voir aussi très souvent de la pelote plus qu’il n’en faisait. Les étés, du pied à terre de Saint Jean de Luz, la famille partait vivre les belles soirées au fronton et au jaï alaï place libre à Saint Jean mais pas seulement, à Biarritz, Bidart..
Sans doute qu’elles imprégnèrent suffisamment les trois garçons que Dominique, son épouse, lui avait donnés pour qu’à l’heure où Paul, Pierre et Louis, soient en âge de pratiquer une activité sportive c’est celle du grand gant qui revint en priorité.
« Un superbe accueil »
C’étaient les années 92,93. Si sa mémoire hésite sur l’année exacte où il amène ses enfants découvrir la Section paloise pelote, elle lui est d’une grande fidélité pour débiter avec une vraie facilité les noms de ceux qui lui laissent le souvenir d’un « superbe accueil » et lui reviennent aussitôt à la mémoire sans préférence ; sans hiérarchie , Gérard Pierrou bien sûr, Bernard Casty, Georges Alliez, Jean Marc Olharan, Didier Biraben, Laurent Alliez, Jean Pierre Casty, Roger Gaïts..
Ainsi, jusqu’à l’âge de quitter Pau pour intégrer les écoles supérieures les trois fils de Marc Bourdat vont pratiquer et jouer à la pelote avec Jean Olharan, Simon Castelli et bien d’autres encore. Ils vont aussi, se souvient leur père, bénéficier du gros travail de Jean Marc Olharan pour organiser les entraînements à Meillon. La suite n’est pas aussi rose, Paul à Grenoble, Louis à Marseille et Pierre à Paris décrochent progressivement. Ce n’est plus, d’une part leur priorité mais c’est aussi que, loin de chez nous ce n’est plus, ou beaucoup moins, dans la culture…
Dix ans trésorier
Marc, lui continue de s’impliquer au comité directeur. Il hérite même du poste de trésorier qu’il assumera une bonne dizaine d’années (2000-2011).
Dans le prolongement de cet engagement il intègre en 2005-2006 le Conseil d’administration de la Section Paloise Omnisports et y représente la Pelote.
Homme de sciences mais aussi passionné de lettres et de chiffres, il appartient à l’ époque, où les affluences au stadium de la gare et la perspective du complexe, font que le club se structure petit à petit, les finances y compris. « En 2000, c’est une quasi certitude, le complexe on l’aura, il fallait qu’on soit prêt » se souvient Marc Bourdat.
Et puis, tant désiré, ce complexe arrive enfin en 2006, flambant neuf. Mais une fois l’admiration passée, « il fallait le faire vivre, et c’était à la pelote de le faire, il fallait donc se bouger les f….»
« Le plus bel outil du monde »
Et dès l’assemblée générale de la pelote en octobre 2006 Jean-Marc Olharan émet l’idée d’organiser un tournoi de Cesta Punta Professionnel. Cette idée a fait son chemin ……
Mais très vite Gérard Pierrou et les siens firent mieux que ça, ils soulevèrent des montagnes en faisant le pari des championnats du monde !
Pau et Yves Uriéta alors maire présentaient le plus beau dossier de candidature et en 2010, la cité royale, sans surprise mais au bout d’un gros travail, accueillait bel et bien le monde de la pelote. Pau en était l’épicentre mais Lescar et Oloron participaient aussi . Et ce fut une réussite totale. Marc Bourdat pense profondément que cette importante organisation fit « prendre conscience à chacun que la Section paloise et la ville de Pau possédaient le plus bel outil du monde et ça a changé la donne. »
Du complexe de pelote au stade du Hameau
Après avoir été affecté aux Ressources Humaines, il prend, en 2013, la responsabilité des Relations Extérieures dans le Grand Sud-Ouest.
C’est à ce titre qu’il devient un fidèle du stade du Hameau, puisque dans ses nouvelles fonctions figure aussi le dossier Section paloise rugby que l’intéressé traduit ainsi, « j’étais la courroie de transmission entre la Section paloise rugby et Total son partenaire majeur ».
« Il donne envie de l’accompagner »
Ayant cessé ses activités professionnelles en 2018, c’est à la pelote où ses attaches sont ancrées de longue date, et dont il apprécie la simplicité, qu’il consacre une partie de son temps libre, lui l’ancien de Louis Barthou. Parce que aussi « Gérard (Pierrou, NDLR) est un garçon formidable et admirable, un ami qui a associé sa passion à sa vie et c’est ce qui donne envie de l’accompagner» !
Et si Marc Bourdat veanit de nous donner la clé de la fidélité de la garde rapprochée du président de la pelote paloise, fidélité dont on a vu qu’elle se chiffrait en plusieurs dizaines d’années pour beaucoup…
Gérard Bouscarel
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