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L'odyssée du mondial: II-Merci Hossegor!

Les premiers championnats du monde de pelote en France ne sont pas pour 1955… La France pourtant désignée pour les organiser se rétracte pour la bonne raison qu’elle ne possède pas le moindre jaï alaï sur son territoire… Mais ils approchent à grands pas, grâce au pari fou d’un homme, le maire d’Hossegor !
8.10.2026
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Je suis le texte qui sera copié

1955, on passe de trois canchas à deux, de 18 spécialités à 12, on passe surtout d’un continent à l’autre puisque c’est Montevidéo, la capitale de l’Uruguay qui supplée à la rétractation française. Comme pour Saint Sébastien en 1952, on joue la sécurité du jaï alaï, celui de Colonia del Carmen où, 71 ans après les puntistes retourneront très bientôt .

Mais 1955, ce n’est tout de même pas 4 ans après 1952 que l’on sache ? C’est simplement qu’il faut attendre 1970  pour que la règle des 4 ans s’installe et qu’elle confirme aussi que seuls les  joueurs amateurs sont concernés.

La France ayant laissé passer son tour, le mondial 1955 de Montevideo ira en 58 à Mexico. Enfin, ceci  c’est dans l’hypothèse d’un monde ou tout va bien, et ce monde là ce n’est pas celui de la pelote toujours en proie à ses problèmes d’infrastructures. Elle n’a pas suffisamment de villes lui offrant la possibilité  de faire jouer toutes ses spécialités et Mexico n’échappe malheureusement  pas à cette règle.

Pas prêts les Mexicains

La preuve, le 10 novembre 1957,  nous sommes alors à un an des troisièmes mondiaux de l’histoire, Carmelo Balda,  qui est devenu président de la FIPB (Fédération Internationale de pelote basque), reçoit un message câblé de la Fédération mexicaine, lui demandant très solennellement de reporter le coup d’envoi du mondial. La raison ? Les mexicains ne seront pas dans les temps pour livrer le trinquet en mode opératoire ! Carmelo Balda, convoque une réunion d’urgence à Bayonne  où il se rend toute affaire cessante.

Peut-on ou pas accorder ce délai aux Mexicains ?  De quel ordre sera le retard ? Quelle solution de rechange a-t-on  cette fois ? Les questions font le tour de table sans que visiblement elles n’obtiennent de réponses satisfaisantes. C’est alors que quelqu’un frappe à la porte, Monsieur Alfred Eluère !

Alfred Eluère, médaillé olympique et maire

Alfred Eluère,  il est à l’image de Carmelo Balda un personnage à double casquette. D’une part, c’ est un promoteur immobilier très en vue dans le développement de la cité d’Hossegor. A tel point qu’en 2007 il publie un livre , « le destin d’Hossegor».   D’autre part il est très impliqué dans le sport, sauf que lui, son dada, c’est le rugby.

Solide seconde ligne, Eluère est même médaillé d’argent  des Jeux Olympiques d’Anvers où le rugby  n’est... pas inscrit au programme !  Sauf que les USA ont déplacé une équipe et que pour leur donner le change, il est demandé aux responsables français d’en monter une à la hâte. Le temps presse, la France se contente de « sélectionner »  dans le grand bassin parisien, et cette pseudo équipe de France s’incline face à celle des États-Unis déclarée championne olympique d’un sport requalifié de sport de démonstration !

Alfred Eluère, exerce par ailleurs des fonctions autrement plus réglementées et sérieuses, il est maire « longue durée » d’Hosssegor: 37 ans, de 1935 à 1972 ! Il est aussi président au long court du Comité National du Sport de 1947 à 1967. Le solide seconde ligne  prolonge également sa carrière et de quelle manière, il dirige la Fédération Française de rugby.

La pelote dit merci Mr Eluère

Quand il s’assoit, à Bayonne, à la table des discussions, Monsieur Eluère  n’a pas les mains vides… Il dispose d’un terrain contigu au Sporting club sur lequel existe un projet de hall des sports. Il reste suffisamment de place pour y « poser » un grand fronton. Et puis surtout il tient un propos  qui va faire naître la lumière, et quelle lumière. Si la FIPB accorde avec certitude le mondial 1958 à la ville d’Hossegor, il s’engage, lui le premier magistrat de la ville, à construire un jaï alaï dans les délais impartis,  dit-il en substance.  On ne se congratule pas encore, on ne signe pas (encore) de papiers, mais on se serre très franchement les mains pour concrétiser  cet accord sur le champ.

Eluère a un an devant lui, c’est peu mais c’est trop ! Dix mois lui suffiront, enfin surtout aux corps de métier chargés de la construction. Le 10 septembre 1958, le jaï alaï d’Hossegor est inauguré en présence des neuf délégations participant aux mondiaux français mais aussi d’une foule estimée à 3000 personnes.

Les Philippins chouchous du public

Dans le récit qu’il nous a laissés, Edouard Harriague, le 1er vice président délégué de la FIPB, parle d’une réalisation « ultra moderne avec une grande pureté des lignes. un toit transparent, un éclairage aux néons, une cancha de 56 mètres de long et de couleurs dans un cadre spacieux, des gradins pouvant accueillir 2500 personnes », il parle de la dernière des merveilles dédiée à la pelote. Le public est lui aussi séduit, les dix soirées cesta punta du mondial 1958 font le plein, six nations sont en compétition dont le Brésil. Cet engouement surprend d’autant plus que si la France possède désormais un jaï alaï, elle n’a toujours pas de joueurs suffisamment formés pour participer… Ce sont donc les Mexicains vainqueurs des espagnols de Chimela qui fascinent le public, mais dans le cœur des spectateurs ils n’ont tout de même pas pris la place des joueurs des Philippines. Ce sont eux les véritables chouchous des gradins, eux   dont « Bota », l’éminent chroniqueur de la pelote  ne pourrait plus écrire aujourd’hui « qu’à la manière dont ils grimpaient  au filet, ils étaient de véritables hommes singes.» 

Gérard Bouscarel

A suivre

III-Saint Sébastien, Montevideo les refuges

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