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L'odyssée du mondial I-San Sebastian, la sécurité!

Du 15 au 25 octobre prochain à Buenos Aires, plus un crochet à Colonia del Carmen, en Uruguay, auront lieu les 20èmes championnats du monde de pelote basque et le calendrier à venir est désormais établi de façon ferme et définitive. Ce sera Bilbao en 2030, la France en 2034. Il n’en fut pas toujours ainsi, le mondial de la pelote n’a pas seulement une histoire, c’ est une odyssée que l’on vous propose de parcourir!
4.10.2026
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Le jaï alaï Carmelo Balda à Sa Sébastian (repro internet)
Le jaï alaï Carmelo Balda à Sa Sébastian (repro internet)

La cesta punta ! Ah la cesta punta, aujourd’hui spécialité en pointe, désormais locomotive de son sport, elle a, il est vrai, tous les atouts pour attirer et le public et les télévisions, ce dont elle ne se prive pas. Elle n’a pas encore le retentissement qu’elle eut aux États-Unis quand, dans les années 60-70, elle faisait à la fois la fortune de ses champions et venir à leur rencontre les parieurs certes mais aussi les stars du cinéma et de la chanson.

Et c’est cette même cesta punta qui des, années durant, fut une épine dans le pied des championnats du monde, une très grosse épine parfois.

C’est que cette spécialité se joue dans un jaï alaï,  un mur à gauche de 50 mètres minimum et plus très souvent, c’est l’infrastructure la plus grande de la pelote, la plus onéreuse aussi à réaliser.  Ils ne courent donc pas les rues ces  bâtiments hors du commun, avec leurs murs de frappe, le frontis, en granit de plus de 10cm d’épaisseur pour encaisser le choc d’une pelote dont la vitesse dépasse souvent les 200 kms/h.

Un crochet par l’Uruguay

Il ne faut pas aller très loin pour illustrer ces soucis ! L’exemple le plus révélateur étant  le tout prochain championnat du monde en Argentine du 15 au 25 octobre. Pour revenir « a casa », à la maison, puisque c’est ici, à Buenos Aires,  qu’ a été  portée, le 19 mai 1929, sur les fonds baptismaux la fédération internationale dont Jean Ibarnegaray, avocat de son métier, par ailleurs maire d’Uhart Cize et futur ministre, triple champion de France de joko garbi avec l’Aviron Bayonnais, est le premier président. Aussi pour revenir en pèlerinage  le championnat du monde est d’abord attribué à San Luis, puis faute de soutien suffisant, la ville se désiste. Il remonte alors jusqu’à Venado Tuerto, où le problème est le même, l’absence de jaï pour lequel le temps désormais et les « pesos » manquent.

Il descend encore un peu, avant d’arriver à Buenos Aires.  La capitale argentine n’a pas de jaï alaï,  elle non plus, mais elle fait face à Colonia del Carmen, en Uruguay, qui en possède un, il a certes besoin d’une toilette en profondeur mais il existe.  De plus, entre la capitale de l’Argentine et la cité touristique uruguayenne il n’y a qu’un bras de mer qui sert de frontière naturelle au deux pays, « el mar del plata ». Une heure de ferry suffit à effectuer la liaison, la cesta punta trouve enfin de quoi se loger... Le mondial 2026 sera bien argentin, sans que l’intendance soit très compliquée…

La place libre 2 fois seulement

S’il n’est pas aisé de nos jours encore de trouver beaucoup de sites possédant les trois structures nécessaires pour pratiquer toutes les spécialités internationales, imaginez 60 à 70 ans plus tôt, l’état du patrimoine de la pelote. Une parenthèse  pour expliquer que si l’on a parlé de trois structures, c’est que la quatrième, le fronton en place libre,  n’a figuré au programme du mondial que pour les deux premières éditions (1952, 1955). L’épreuve se résumait  alors à un France-Espagne et faisait office de compétition tout de même. « Toute spécialité réunissant la présence d’au moins deux pays  donnera lieu à l’attribution d’un titre » disait le règlement en 1952, celui de 1955 l’effaçait  sans grand discours, « il sera désormais exigé trois pays minimum pour donner lieu à une compétition » disait-il… On mit donc fin aux razzias de 5 voire 6 médailles d’or des français ou de leurs voisins, en place libre ce qui faussait le classement final (*).

Les premiers à « Sansé »

Ainsi en 1952 l’année  où le rêve et le travail des dirigeants  internationaux se concrétise enfin, c’est San Sebastian, Donosti pour les basques, Saint Sébastien pour nous,  qui a l’honneur d’abriter les premiers championnats du monde de pelote.

Le choix était prévisible dès lors que la ville possède un fronton mur à gauche depuis 1883, qu’il est une institution, la place libre assez grande pour accueillir le rebot, et plusieurs trinquets.  « Sansé » comme on dit,  est donc prête et de surcroît elle possède une personnalité doublement influente en la personne de Carmelo Balda. C’est un éminent chirurgien dentiste, spécialiste de la chirurgie maxilofaciale -il créera le premier centre opérationnel à Madrid- qui se double d’un passionné de pelote dont il est excellent joeur, il est ainsi triple champion d’Espagne en 1927,1930, 1933. En 1936, il est décoré à Barcelone du mérite sportif espagnol et désormais le fronton au Pays Basque porte son nom.

Cesta punta, les français observent...

C’est lui qui, pour garantir le succès de ce pari  fixe la barre des inscriptions au niveau le plus bas (« deux pays suffisent à ce qu’il y ait compétition ») et qui favorise la mise en place de 16 spécialités dont 5 de place libre. Huit pays seront au rendez vous au bord de la Concha : L’Espagne, la France, l’Argentine, Cuba, les Philippines, l’Italie, le Mexique et l’Uruguay. Les tricolores font main basse sur les 5 médailles d’or de la place libre et en ajoutent trois ce qui leur vaut d’être couronnés première nation ; l’Espagne enlève le titre de cesta punta mais elle ignore qu’il lui faudra attendre 26 ans pour récidiver. Les soirées de cesta punta qui remplissent systématiquement Urruméa sont un succès populaire énorme. Cinq pays les ont disputés, Français, Argentins, Uruguayens y sont présents mais en l’absence de frontons spécifiques chez eux  ils n’ont aucune formation donc ils se contentent d’un rôle d’observateurs.

Contrairement à la pensée populaire, il n’y aura pas que le premier pas qui coûte, mais les championnats du monde de pelote sont sur les rails, et les premiers ont conquis la capitale du Guipuzcoa.

(*)Le classement final des pays s’établit se fait en fonction du nombre de titres et non pas des médailles.

A suivre

II- La France dit merci Hossegor.

Gérard Bouscarel

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