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Laduche-Manci oui, mais que c'était beau

C’est au terme d’une partie qui est pour l’heure la plus belle que la « cesta pau cup » ait offert à son public, la plus longue aussi, que Ludovic Laduche et Mickel Mancisidor ont gagné le droit de revenir une fois encore ce sera pour la finale du 4 septembre. Mais il faut aussi tirer un grand coup de chapeau à leurs victimes, Clément Garcia et Guillen Oyhenard qui auraient fait de tout aussi beaux finalistes (15-13, 12-15, 2-5).
22.8.2026
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L'étreinte des vainqueurs qui joueront la finale (photo R. Cazadebat)
L'étreinte des vainqueurs qui joueront la finale (photo R. Cazadebat)

Il fallait un vainqueur puisqu’il faut toujours un vainqueur en sport et il y eut un vainqueur, enfin deux puisqu’on joue en équipe à la cesta punta. Mais qu’on vous le dise d’emblée tant ça nous démange, et surtout nous brûle les lèvres  les perdants auraient fourni de tout aussi fringants et dignes finalistes.  Ce fut donc la paire Ludovic Laduche et Mickel Mancisidor, soit l’avant de Guéthary et de l’équipe de France et l’arrière de Mutriku localité du Guipuzcoa l’une des belles promesses chez nos voisins, qui jouera la finale du « Slam ». Il ne doit pas y avoir beaucoup de place pour le hasard dans ce succès  puisqu’il vient confirmer le précédent, sur cette même cancha, dans cette même « summer league 2026 » et lors de la finale du « Master 1 ».

Guère de différence

Ils avaient gagné pareillement au terme de la belle, cette 3ème manche décisive en cinq points qui va si vite et qui est si cruelle.

Ils sont donc les premiers finalistes pour la finale du « Slam » le 4 septembre prochain et on attendra vendredi prochain  pour savoir quel adversaire leur désignera la seconde demi finale.

Mais ce succès, comme le premier confirme aussi que la différence entre les deux duos ne doit pas être plus épaisse qu’une feuille de papiers à cigarette, qu’elle se mesure en quelques centimètres sur une cancha. Làs, il n’y a pas non plus en sport de défaite encourageante ou prometteuse, une défaite c’est une défaite, elle est  souvent synonyme d’élimination et les plus beaux mots qu’on pourrait avoir  à leur égard ne serviront certainement pas de récompenses ni à Clément Garcia, l’avant de Bidart entré désormais dans la cour des grands ni à Guillen Oyhenard le mauléonnais. le numéro1 des arrières au terme des dix « Masters ».

Un public aux anges

Et pourtant le récit de cette soirée qui marquera les esprits tant elle a fait du bien au prestige de la cesta punta, ne serait pas le fidèle reflet de ces 90 minutes s’il occultait ce que nous devons aux deux battus. Ce que nous leur devons aux quatre prétendants du jour c’est un spectacle de toute beauté, une première manche d’un très niveau souvent, des points longs, très longs, des échanges d’une grande violence. Or pour réussir à mêler autant d’ingrédients, une seule équipe n’y suffit pas, il faut l’autre aussi puisque le sport n’est jamais qu’un rapport de force et plus celui-ci s’équilibre et plus on se rapproche de l’exceptionnel. En boxe on appelle ça se rendre coup pour coup, c’est ce qu’ils ont fait tout au long des deux manches et si, quand une dernière faute de Guillen Oyhenrad, permettant à Laduche et Manci de tomber dans les bras l’un de l’autre, une grand partie des gradins se leva comme un seul  c’est bien qu’il saluait  la performance offerte avant de saluer  les acteurs.

Manci le petit plus

Et dire qu’on avait pu craindre un instant les conséquences de la partie de la veille, la demi-finale du « Slam «  luzien. La cancha paloise accueillait l’exacte revanche,  à une unité près, Ludo Laduche prenant la place de Jean Olharan battu avec Manci à 11 et à 12 par Garcia et Oyhenard.

Ce qui précède vous aura dit combien c’était inutile de craindre quoi que ce soit, ils en avaient encore sous le capot mais surtout dans le gant, et Mancisidor, à la peine, la veille un peu plus que les autres peut-être puisqu’il fut impérial de bout en bout, ne commettant sur l’ensemble des deux manches que trois fautes directes.

Mais c’est promis on ne fera plus de fleurs à quiconque, on les gardera tous les quatre dans le même bouquet, c’est le minimum qu’on leur doit. Et puis c’est le reflet de cette partie qui fut souvent un corps à corps à l’entrée du « money time » que l’on situe au 10ème point à la punta. Les deux duos y parvinrent chaque fois en position de l’emporter , davantage en première manche tout de même, puisqu’à 11-11 chacun avança un pion gagnant  jusqu’à ce que le règlement appliqué à la lettre fasse avancer, sur un « pumpa »,  Laduche et Manci un peu plu vite (13-11), ce même Laduche s’offrant comme un grand le quinzième point (15-13).

La belle est toujours cruelle

L’épée de Damoclès au dessus de leur tête, les « verts » attaquèrent la deuxième manche par un 5-0 qui pouvait signifier que… Rien du tout en fait ils essuyèrent un 5-0 qui rééquilibra l’affaire et puis deux incidents de jeu eurent le don d’énerver Laduche qui vit plus rouge que son maillot. Garcia-Oyhenard tenaient alors le bon bout (13-8) mais ils durent patienter longtemps avant de faire ces deux derniers points cruciaux. C’est que l’adversaire était à 12 quand Laduche fauta sur une faute de gant.

La belle  fut une belle. Elle porte bien mal son nom puisqu’elle se joua sur les fautes des uns et des autres davantage que sur des points gagnants et à ce jeu, Garcia en commit deux, Oyhenard une, c’était celles de trop et un 5-2 les sanctionnait sans recours possible cette fois.

Les uns étaient en finale, les autres ne l’étaient pas, mais les uns et les autres avaient mérité une même ovation, celle des gradins. Bien maigre consolation pour ceux qui quittent l’aventure paloise, mais consolation tout de même,  comme nous n’avons que ça leur offrir. Et puis encore c’est avec un vrai plaisir que l’on salue l’avènement de Laduche et Manci pour la finale, surtout qu’ils y viennent dans les même dispositions.

Gérard Bouscarel

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