Mondial Argentin La médaille au goût de chocolat

Non bien sûr, ce n’était pas crié sur tous les toits mais c’était tout de même dit suffisamment fort et clair pour que tout le monde l’entende, la sélection tricolore de cesta punta pour le mondial de Buenos Aires visait la médaille d’or. Et alors ! Au diable la modestie, le quatuor réuni pour l’occasion, était un quatuor susceptible au pays du tango de faire valser tout ce qui se présenterait… Basque-Laduche incontestables en premier rideau, Libois Oyhenard seconde lame d’une fraîche France, en cas de besoin, la cesta punta allait voir ce qu’elle allait voir… Et elle a vu, une équipe arrivant au pays de la céleste en ordre dispersé, mais la faute ne lui en incombait pas, puis une équipe continuant en ordre plus qu’épars.
L’Amérique qu’on lui opposa d’entrée dans un tournoi à quatre très resserré (trois parties de classement poule puis finale et une petite finale), c’est une Amérique par défaut; défaut de considération de notre punta qui oublia un jour deux prometteurs frangins sur le bord de la route d’un rendez vous mondial de jeunes. Ils en conçurent quelque (naturelle) amertume, vite oubliée dès lors que papa, Laurent, grand joueur professionnel en Floride, dans le Connecticut, à l’époque où ce sport brillait de mille feux et de mille dollars aussi chez l’oncle Sam leur ouvrait la porte du bureau des passeports. Ils auraient droit à deux, Johan, le cadet et Goka l’aîné, les deux frangins Sorozabal que la communauté appela rapidement les « Soro » c’était à la fois plus pratique et plus affectif. Celui de la pelote serait US. Et pour nous tous désormais, l’Amérique effectuait un rapprochement spectaculaire, elle était en poste à… Biarritz sous les couleurs du BAC !
Ce premier rendez-vous fut perdu, des choses qui arrivent en sport, mais il fut manqué, complètement manqué, il fut raté complètement raté, des choses qui méritent que les responsables cherchent et trouvent les racines de l’échec. Le changement de joueur en début de seconde manche alors quel la première fut un calvaire est une piste pas une accusation de qui que ce soit surtout pas du joueur mis au repos...Battus sèchement en deux manches, les tricolores n’étaient pas éliminés mais avaient mis plus d’un pied dans le pétrin sachant que l’équipe d’Euzkadi avec Barandika et Lekerika restait la grande favorite du tournoi et l’équipe à battre désormais…
Mais on se remit la tête à l’endroit, en battant la sélection d’Espagne, on a même lu, « la France revient fort après sa défaite », curieux pour le moins quand on sait que Euzkadi concentre les meilleurs talents de ce jeu de toute la péninsule, et que par conséquent Paul a déshabillé Pierre et que ce succès n’était pas celui de la rédemption mais le minimum que nous étions en droit d’attendre… La preuve, la chute finale intervint vite après dans le match à ne pas perdre sous peine de…Et que l’on perdit dans de grandes largeurs avec nos deux joueurs supposés ne pas être notre tête de pont !!!
Nous voilà condamnés à retrouver la sélection d’Espagne pour une médaille de bronze si loin de l’objectif annoncé, qu’elle aurait plutôt le goût d’une breloque en chocolat, à la condition de la remporter !
Le prochain mondial, sera celui de 2030, il aura lieu à Bilbao en plein cœur d’une province dont le coeur bat au rythme de la pelote sur la cancha… Il faudra alors être fort et plus encore pour défier la sélection d’Euzkadi sur ses terres… Mais nous nous fêterons comme il se doit les 20 ans de la dernière médaille d’or française au championnat du monde. 2010. C’était à Pau !
*La « mar del plata », c’est ce bras de l’océan qui rentre sur plus de 150 kilomètres dans les terres pour former une frontière naturelle entre l’Argentine et l’Uruguay. Pour aller jouer à Colonia del Carmen en Uruguay ville qui fait face à Buenos Aires, les délégations devaient la traverser en ferry.
G. Bouscarel
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