"Jaï alaï league" Barandika-Basque faits rois

A-t-on assisté ce lundi soir sous les néons de Carmelo Balda, à l’ombre de la splendide arène de la Réal Sociédad et de façon définitive cette fois, à ce que tout ou presque de l’été avait laissé entrevoir et supposer, sans que personne n’ose le dire trop fort ? A-t-on ce lundi soir à Donosti capitale annuelle de la cesta punta à l’heure de distribuer les dernières couronnes de l’année, qui sont aussi les plus belles, assisté au crépuscule du roi Erkiaga, du maître d’Ispaster, du joueur qui avait lui même succédé sur le trône à une autre légende, Iñaki Goïkoexea ?
La réponse est aujourd’hui un peu plus claire, un peu moins indécente, Erkiaga est tombé, et malheureusement pas les armes à la main dans cette finale des finales, celle qui devait désigner les deux meilleurs joueurs de la saison, entraînant dans sa chute son arrière le biarrot Gorka Sorozabal qui pour sa part aura tout fait ce qui était en son pouvoir y compris sauver la pelote qui n’était pas sauvable, réalisant le geste le plus improbable de la partie...Sans compter ce diabolique tête à tête ou face à face qu’il eut à livrer à Thibault Basque puisque le duel des arrières était un duel franco français tout comme celui des avants l’était entre basques espagnols. Mais, autant le camp français ne mettait aucune suprématie en jeu, puisque l’aîné des Soro et le sécurisant Thibault Basque défendront casaque différente en Uruguay lieu de leur prochaine grande retrouvaille, autant Xavier Barandika se devait-il d’apporter la dernière pierre à la construction de son palais puisque c’est lui qui y est désormais installé ?
Barandika maître du jeu
Avec un Basque au gant plus sûr qu’une armure, le citoyen de Guernika a survolé la première manche y promenant une aisance technique qui n’eut d’égal que sa science tactique. Avait-on jamais vu un Ariz Erkiaga à sept fautes directes le jour d’un rendez-vous capital ? Rarement, peut-être jamais. Leur duo lâcha du lest à partir de 4-3 et ne fit ensuite que mesurer l’étendue de leur manquement, 8-4 au tiempo, 7-2 dans la deuxième partie, 15-6 à l’addition. Comme on dit dans les sports collectifs dans ce genre de débâcle, Aritz n’était pas descendu du bus…
On le crut descendu quand le 5ème point de la seconde manche lui revint au terme de ce qui sera le plus bel échange de la soirée. Attaque contrée, contre attaque contrée, re-contre, pelote au fond, duel Basque-Sorozabal au cordeau le long du mur, le jaï explosait enfin de bonheur, il était 21h19 et l’on ferraillait depuis 40 minutes. Les « rose » prenaient la tête et c’était une grande première qui se prolongea encore à 6-4 et 8-5 et même au delà de la pause fraîcheur à 10-8 ! Mais il était dit que le grand Aritz n’était plus aussi grand qu’il put l’être, il n’y a pas un siècle. Il fauta deux fois et Basque se fit un malin plaisir de tirer un point ponctuant un long mano à mano. Et puis son droite droite rompait à 13-12 le semblant de chassé croisé installé (11-11, 12-12) et il plaçait l’épée de Damoclès sur la tête des malmenés. Elle tomba très vite d’ailleurs sur une pelote basse et trop rapide pour être défendue (15-12).
On les retrouve au mondial
La seconde manche avait été au niveau où les quatre meilleurs joueurs de la saison se devaient d’être, elle réconcilia le très connaisseur public avec ses champions néanmoins il n’y avait pas eu le moindre brin de supsense pour savoir qui brandirait le « gerriko » cette ceinture dorée que portent les champions de l’année, ils s’appellent Xabier Barandika pour la 3ème fois consécutive et Thibault Basque pour la première…
Et dire que dans moins d’un mois ils enfileront deux maillots bien différents et que Gorka Sorozabal en revêtira un troisième. C’est le mondial qui sera alors en jeu en Uruguay….
G. Bouscarel
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