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Jacqui Alliez, un demi siècle de très bon service!

Jacquy Alliez, fils de Georges. C’est un nom, Alliez, aussi facile à valoriser, qu’il est lourd à porter. C’est un héritage avec une mission, celle de ne jamais rompre le serment passé avec la pelote. Et puis aussi se faire un prénom, exister pour lui plaire, l’assurer de votre fidélité. Pour avoir servi la pelote un demi siècle durant, à travers ses fonctions de secrétaire, vice-président et président, c’est ce qu’a réussi son fils, Jacquy le maître de conférence à la Fac qui redoubla son CM2 !!
25.9.2026
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C'est la carrière de Jullen, son petit fils que Jacqui Alliez accompagne désormais.
C'est la carrière de Jullen, son petit fils que Jacqui Alliez accompagne désormais.

Jacquy Alliez ne vous en fera ni mystère, ni cachotterie, aujourd’hui s’il est d’une assiduité totale aux réunions, assemblées ou autres comités directeurs du club, pour accompagner Julen, son petit fils le mercredi, c’est en roue libre comme disent les cyclistes qui passaient chez nous il n’y a pas longtemps, à moins que ce ne soit en auditeur libre, expression plus adaptée au milieu universitaire pour revenir dans le giron de son univers professionnel.

Il fut, jusqu’en 2006, maître de conférence à la Faculté de Pau, spécialité maths et physique, pas chimie surtout pas il n’a jamais aimée. Traduire cette présence silencieuse dont il ne sort que pour corriger la date d’un titre si elle est mal attribuée, pour préciser un point de règlement en concertation avec Raymond Cazadebat, rien d’autre, c’est pénétrer un monde  dans lequel la pelote ne s’est  pas seulement ancrée ou enracinée non, c’est un territoire au sein duquel elle respire, elle existe, elle vit, elle se met à table. Ce monde, les anciens  le savent c’est un seul mot, c’est six lettres, c’est comme la pub d’une compagnie d’assurances, « de A à Z avec vous ». C’est Alliez, son père, son maître son guide, sa référence. Il lui a dédié un livre pour bien s’assurer de son éternelle présence. Pour que les 109 cahiers de l’histoire de la pelote à Pau qu’il a laissé, soit un jour 120, 130, 150 qui sait. Pour que la chaîne ne soit pas brisée, pour que ceux qui veulent voir un avenir se tracer saches de quel passé ils ont hérité. En roue libre out en auditeur libre, Jacquy Alliez ? Peut-être mais en gardien du temple bien plus sûrement.

Le double CM2

Georges Alliez ! Finira-t-on jamais de découvrir ses secrets, ses pratiques, ses méthodes, ses recettes ? Quand monsieur l’instituteur arrive d’Aste à Pau, en 1954, Jacquy en a terminé avec l’école primaire, « une école avec 15 élèves et une seule classe qui préparait, à l’époque, pour le cours complémentaire » se souvient-il.  Il est prêt, sans problème aucun,  à intégrer à Pau une classe de 6ème. Papa Alliez  a un autre plan pour le fiston : « Il a tenu  à ce que je fasse une  deuxième fois le  CM2,  avec un autre instituteur que lui, pour que je m’adapte, que je vois autre chose, que je sois plus solide, j’ai donc redoublé, mais ça ne m’a pas fait perdre un année pour autant. »

Élevé de la sorte dans la recherche permanente de l’excellence, Jacquy Alliez qui, vous l’auriez deviné, joua gamin à la pelote, et fut licencié en 1957, l’année où fut crée le premier championnat du Béarn minime de grand gant,  sut très rapidement que son cheminement se ferait sur la route des frontons et des canchas, que l’étoile qui lui montrerait la voie tout là haut c’était celle de son père.

Latin et grec pour le « matheux »

« Oui, mais je n’avais pas sa patience pour faire faire et souvent faire refaire le même geste aux gamins qui peinaient pour y arriver. Je n’avais vraiment pas l’âme d’un éducateur » se souvient celui qui eut suffisamment la bosse du joueur pour prolonger sa carrière jusqu’en 1980.  Ce n’était pas non plus une bosse énorme, « Le grand gant se joue à trois, ce n’est donc pas si facile de monter une équipe stable. J’ai joué beaucoup de demi finales, voilà, disons que je suis un joueur de demi finales »

Est-ce que l’on situe à cette époque du Stadium, la naissance de ses aptitudes que l’on va voir devenir passion, qui vont, le mener aux plus hautes fonctions, pour la paperasse, les dossiers, les courriers, les convocations, bref, toutes ces tâches qui se cachent derrière l’appellation de secrétariat ? « Oui, on peut dire ça puisque c’est là que j’ai commencé à aider mon père qui était aussi le secrétaire » convient Jacquy Alliez qui, revenant sur le volet sportif, précise que « la pelote n’a jamais été pour lui un objectif majeur, à l’inverse des études. »  C’est au lycée Louis Barthou  qu’il les fit et elles auraient pu le conduire vers « math sup » ou « maths spé », sauf que, lui le brillant « matheux » n’eut jamais l’anglais en langue vivante dans son emploi du temps,  mais le latin et puis aussi le grec ! Peu compatible. Du coup,  il resta palois, continua  à la Fac, au collège scientifique universitaire,  ce qui, au final, ne lui déplut pas plus que ça…

Secrétariats en série

Et puis, avant de clore le volet pelote, celle de la cancha et des frontons s’entend, Jacquy Alliez  se souvient d’une époque, que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître disait la chanson. La cesta punta, n’était pas arrivée en France, on ne connaissait pas et n’avions à fortiori aucune installation pour la pratiquer ? Si, en 1958, le maire d’Hossegor ne prend pas l’initiative de faire  construire un jaï alaï en un temps record, les  championnats du monde n’auraient  jamais eut  lieu chez nous et on peut s’ interroger alors, comment la suite se serait-elle dessinée ? »

La deuxième vie de Jacques Alliez est donc celle d’un dirigeant qui va épouser Bernadette devant le maire et l’état civil, mais pas seulement.  Il épouse aussi, dès 1973 les responsabilités du secrétariat de la section pelote que Bernard Casty préside. Partant de là nous ne parierons pas très gros, que vous démêliez du premier coup l’écheveau de ses fonctions au sein du club « vert et blanc ».

1985, l’envol, au relais de Moncla et Gomez

Elles le menèrent jusqu’en 2012 à la présidence de l’omnisports, la structure qui rassemble toutes les sections du club (onze aujourd’hui), poste qu’il occupa 7 ans.  2005, il quittait donc son poste de secrétaire général qu’il assura 20 ans, depuis 1985. Cette année là, François Moncla, président, et Louisou Gomez secrétaire général, mettaient, le clignotant à droite pour signifier que le temps était venu pour eux de s’arrêter et de passer la main se souvient Jacquy Alliez le troisième chaînon du bureau. L’occasion aussi de rappeler que c’est ce même Louisou Gomez qui lui avait mis le pied à l’étrier du secrétariat. Il fut ainsi de 1982 à 1985 le secrétaire adjoint, un tremplin pour une suite logique, une progression naturelle qui supprime le mot « adjoint ». Et pour finir, on  continue à remonter le temps dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, par l’année 1981, celle qui l’envoyait  de la Section paloise pelote à la Section paloise omnisports pour y porter la voix de la pelote. La notion d’omnisports n’était pas alors ce qu’elle allait devenir, la Section était une entité sportive dont toutes les autres disciplines pratiquées en son sein n’étaient encore que des commissions. »

L’engrenage

Au club, son parcours n’est pas linéaire, il est comme un bon saucisson, tranché, trois fois exactement, c’est simplement une question de statut, élu à la vice présidence de 1988 à 1995, il n’a plus le droit de par les statuts d’être secrétaire, il le redeviendra en 1995. Parallèlement à la Section Paloise, il est élu à la Ligue du Béarn - elle est aujourd’hui comité -  et le bail est reconduit de 1975 à 2008, ses prérogatives sont celles naturellement de la commission de grand chistéra. Ces mêmes fonctions de responsable de la commission de grand gant, il les exerce encore au sein de la Fédération Française, sauf qu’à partir de 2004 la commission accueille aussi la cesta punta.

Pudique, il pose sur ces quarante ans passés au service des  secrétariats, le mot « engrenage » !

« Quand tu es dedans, tu y es… » fait-il remarquer  sans oser dire que c’est un poste où les candidats ne se sont jamais trop bousculés. Jean Marc Olharan qui est lui aussi de la première heure, a une autre manière de voir les choses : « Jacquy, c’est indiscutable, il a fourni un très très gros travail au service de la pelote ». C’est sans doute plus près de la vérité même si l’on sait donner crédit à « l’engrenage » aussi.  Peut-être même que c’est ce qui explique que « la pelote ait toujours été la section moteur de l’omnisports », Aujourd’hui, c’est Christian Loustaudine, grand joueur de pelote lui aussi, fils d’un encore plus grand joueur de pelote qui préside  aux destinées de quelques 3000 licenciés…

Des parents ordinaires

Pour autant, l’histoire de Jacques Alliez avec la pelote, n’est pas terminée, elle se décline comme un feuilleton, une série. L’épisode suivant, c’est celui d’un père de deux pelotaris. On imagine bien les deux fils de Bernadette et de Jacques, Laurent et Arnaud naître dans un berceau  à la forme d’un chistera, comment aurait-il opté pour autre chose que la pelote et son grand gant dans un tel univers ? Comment, plus tard, Julen, le fils de Laurent ira-t-il jouer ailleurs que sur un fronton ? Impossible ! Georges, tout là haut, leur en aurait voulu.

Il n’y eut donc aucun malentendu, aucune dissidence. Ils furent tous trois les dignes héritiers de ce patrimoine écrit par le père et le grand-père. Du sport études de Bayonne qu’ils intégrèrent tous deux, des jaï alaï de Biarritz et St Jean de Luz, où ils jouaient pour Bidart, et pour Hossegor, faute d’installations à Pau, jusqu’aux canchas de Floride, où ils exportèrent leur grand talent, les frangins Alliez ont souvent été en haut de l’affiche, ont brillé chez les pros. Alors, pour eux, le secrétaire et son épouse se sont mués en parents d’enfants  pratiquant un sport…Ces parents là, ils n’ont pas jamais compté ni leur temps, ni les kilomètres, ils ont vu un nombre de frontons et canchas incalculable. Puis ils sont revenus du Pays Basque, avec des gamins, soit inconsolables au bord des larmes, soit leur médaille encore autour du cou et souriants de toutes leurs joues. Ces parents là, l’hiver ils se levaient à l’aube les lundis matins pour ramener Laurent et Arnaud au « bahut ».

2006, ce clin d’œil du complexe

Jacquy Alliez et la pelote n’ont souvent fait qu’un. La formule trouve toute son expression à travers une carrière longue d’ un vrai demi siècle, elle fait de lui le doyen de nos grognards ce qui lui vaut de clore cette série de portraits que nous leur avons consacrée. Mais elle est aussi restrictive dès lors qu’elle ne met pas sous les projecteurs son environnement le plus proche. Or sans ce concours de tout instant rien n’aurait été possible, c’est l’évidence même et ce n’est pas qu’une formule consacrée. Jacquy  le confirme avec ses mots, « Pourquoi mon épouse ne vient plus ? Parce que de la pelote elle en a tant et tant mangé qu’elle en a assez... »

Aujourd’hui la fresque géante, sur le mur du fronton, se veut faire la liaison entre les deux Sections pelote, présente et passée. Elle associe Charles Loustaudine et Georges Alliez, pour transmettre le relais, et saluer deux grands bonhommes. Le complexe moderne en saluerait-il un troisième lui qui est né en 2006, la même année où l’inoxydable secrétaire prenait sa retraite professionnelle… ?

Gérard Bouscarel

l'équipe de grand chistera juniors en 1961 et 1962  alliez jacques - larroze jacques bruguieres alain  
 deux photos en action l'une de 1962 ou 1963  l'autre de 1969

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