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Frederic Cadet et la cesta punta: "Il faut faire attention"

Frédéric Cadet n’est pas du sérail de la pelote, il est a St Jean de Luz, à l’office de tourisme le directeur des évènements et bien entendu les « Internationaux » comme le « All Star » sont, l’été, deux évènements qu’affectionnent les touristes. Son investissement, ses idées, sa domination de langue de Cervantes, en font pourtant la voix de la cesta punta française quand il franchit la frontière et travaille avec les basques espagnols.
22.6.2026
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F. Cadet pendant son disours à Bilbao.
F. Cadet pendant son disours à Bilbao.

Frédéric Cadet est un luzien, un vrai, il dit même, avec une pointe d’humour et de regret  « être né à l’époque où il y avait encore un maternité ». Il n’est pas du monde de la pelote, lui c’est le ballon rond donc l’Arin Luzien, avec une infidélité le temps de ses études à Pau, c’est cette fois chez les « kroumirs » de Bourbaki qu’il joue « plutôt en dilettante. »  Il est venu là pour bosser, il obtient un diplôme équivalent à celui du Staps. Il retourne naturellement chez lui, sur la côte, pas tout à fait à St Jean mais à XXX très exactement, il va et vient au travail, le plus souvent à vélo, c’est un luxe et surtout un gain de temps des plus appréciables.

La rencontre avec Michel Billac

Ses bureaux ce sont ceux de l’office du tourisme de St Jean. Il y a rencontré Michel Billac. Lui aussi a fait un transfert de balle, celle qu’il a manié était ovale, il jouait trois quart centre sous les couleurs du SJLO. club qui connut la première division à l’époque où elle était très dense et à des années lumière du top 14.

Pour la pelote, Michel Billac  s’est reconverti en VRP, il va chercher les partenaires auxquels il vend un produit, le « All Star de St Jean de Luz » et puis aussi les « Internationaux de St Jean », la venue de Canal Plus sur l’évènement c’est lui.

Le tandem Cadet-Billac est donc dans l’évènementiel à Saint Jean, tout l’évènementiel,  pas que la pelote mais toute la pelote. C’est ainsi que Frédéric Cadet porte la voix de la cesta punta de chez nous dès qu’il traverse la frontière pour aller au contact de l’autre cesta punta, celle des provinces basques dont il sait la supériorité dans bien des domaines, celui des moyens, résumant toute la différence. Mais il sait aussi Frédéric Cadet  que l’union faisant la force, l’intérêt de collaborer avec nos voisins est un passage obligé.

La ligue  c’est désormais 19 tournois

La « jaï alaï League » qui en est à sa quatrième année d’existence  est le reflet de cette collaboration, elle « chapeaute » depuis la toute récente création d’une petite sœur dite « jaï alaï league B » 19 tournois répartis sur trois territoires  le Pays Basque espagnol avec et ses trois provinces de Biscaye, de Navarre et de Guipuzcoa, la France avec St Jean de Luz, comme locomotive, Biarritz et Pau auxquelles s’ajoutent désormais Hossegor et Mauléon, et les Etats-Unis  où se déroule la « Biscayne cup » depuis deux ans.

L’histoire de cette « jaï ala league » qui vient de célébrer avec éclat un accord de 4 ans avec « Euskal televista », la chaîne de télévision basque leader en ce qui concerne les informations sportives, est relativement simple. Elle démarre autour d’une table lors d’un dîner entre Frédéric Cadet, Zigor et Gaïzka (XXXX). On y parle d’un tas de choses liées à la pelote, pour arriver à la conclusion suivante, c’est que chacun joue chez lui dans son jaï alaï  et que ça ne va pas plus loin, alors qu’en les liant avec un classement à la clé  on pourrait faire naître un intérêt bien supérieur…

« Compétition » et non plus « gala »

C’est bien évidemment une bonne idée que d’offrir aux meilleurs spécialistes de ce sport si spectaculaire le plus grand terrain de jeu possible, la plus belle compétition qui soit. La cesta punta de chez nous a vu revenir tous les joueurs, ou presque, des Etats-Unis  où l’empire des paris s’est effondré, profitons en pour leur offrir la meilleure exposition possible.

Frédéric Cadet qui bien entendu s’est rapproché de « luzean » le club local cher à des garçons comme Ion Tambourindéguy, Théo Laborde entre autres, a dynamisé les « Internationaux » en leur accolant l’étiquette de compétition quand elle portait celle de « gala ». Il irait même encore plus loin  aujourd’hui en défendant un resserrement encore plus strict de l’élite, mais ce n’est ni gagné, ni d’une actualité pressante. Par contre dans l’idée  de compétitivité accrue, Cadet a profité de ce que le BAC du président Lilou Echeverria exerçe la porte à côté, puis que le duo Pierrou-Olharan se tienne au courant  de tout ce qui se faisait, pour réunir, progressivement, les trois frontons, sous l’égide d’une « summer league » intégrant son aînée la « Jaï alaï league. »

Les Espagnols sont en avance

Ce qui ne signifie pas pour autant que l’on joue dans la même cour, non, bien des domaines font état de la supériorité de nos voisins. La fréquentation notamment: « en deux jours de réservation, Gernika fait le plein de ses 1800 places, c’est plus petit que St Jean qui avons 2000 places, mais si l’été on fait trois fois le plein on est content » note Cadet qui se félicite bien sûr de la présence de Canal plus sur les finales de St Jean, Biarritz et Pau, mais qui met en parallèle la « gratuité de la promotion, de la communication, des magazines »  dont bénéficient nos voisins, ce que l’accord entre « Eraman » et EITB va encore renforcer.

« On est dans l’échange »

Et puis il y a le domaine sportif. Frédéric Cadet, Fifi Etcheverry, Eric Irastorza et Dany Erdocio se sont investis pour créer  chez eux un « pôle performance » réunissant une dizaine de joueurs, Paul Caparrus et de ceux là, bénéficiant d’un encadrement et de programmes adaptés, c’est un premier pas mais il en faudrait d’autres des structures comme celle là, Cadet prône même d’aller plus loin avec les plus jeunes, idem  avec les féminines. Car la conclusion de son analyse n’est guère réjouissante: «si on ne prend pas garde aujourd’hui, dans dix ans nous n’aurons plus que des espagnols pour jouer les premiers rôles. »

Justement, quand on demande à Frédéric Cadet quel regard, à l’inverse, les basques portent quand ils nous regardent, sont-ils dans la dans la considération, ou la suffisance,  sa réponse ouvre les portes à pas mal d’interprétations mais elle est d’une superbe diplomatie : « nous sommes dans l’échange ! Il y a bien des fois les vieux réflexes qui ressurgissent, mais on est dans l’échange ! » Une certitude, il y contribue...

Gérard Bouscarel

 

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