Franck Boissonnet: "la punta quelle découverte"
Il appartient à la joyeuse brigade de la buvette du club les soirs de Pau cup. C’est Jean Pierre Caparrus qui a monté une équipe dont les polos « vert » portent dans le dos le nom de « Choula ». La « choula », c’est à la cesta punta, une pelote qui vient, bien sûr, du mur de frappe et va se loger dans l’angle que forment le mur du fond avec le sol. Là, elle s’écrase et ne rebondit pas assez pour être relevée, c’est donc le point à tous les coups et les applaudissements fournis du public qui l’accompagnent. Franck est à XX ans l’un des anciens de cette équipe qui ne respire pas l’ennui. Et ça lui va comme un gant à Franck Boissonnet, dont le sourire est la première des choses qu’il laisse paraître, naturellement, on le jurerait. C’est le prototype du parfait compagnon, celui qui va toujours voir la bouteille à moitié pleine et s’efforcer de la remplir, plutôt que de voir celle à moitié vide. On devine aisément que ses partenaires de la cancha ne doivent pas s’ennuyer avec un pote aussi sympa et avenant.
Demi de mêlée à Morlaas et Jurançon
C’est qu’il joue à la cesta punta ce palois bon teint, chef de projet dans l’urbanisme à la communauté d’agglo, et qu’il possède en outre un joli parcours en compagnie de l’ovale. Ce fut son premier sport de prédilection et comme l’avait si joliment dit Pierre Danos, illustre ancien, « il appartenait davantage à la catégorie de ceux qui jouent du piano qu’à celle qui les déménage », en un mot il était demi de mêlée et porta les couleurs de Morlaas et de Jurançon. Comme le rugby va très souvent de pair avec les copains et la pala, Franck possède aussi un parcours de joueur de pala des plus classiques.
Ce parcours croise un jour celui de de Christophe Pierrou, c’est au trinquet Beaumont, l’éducateur de la Section Paloise y anime dans le cadre de ses fonctions à la mairie les séances « Paus’ sport ». organisée par la collectivité au profit de ses agents.
La cesta punta son désir ultime
Mais Franck, il a, de longue date, très ancré au fond de lui-même, un rêve secret. C’est de pouvoir pratiquer la cesta punta. Cette spécialité de la pelote il en est un admirateur depuis toujours. « Oui, c’est vrai, je trouve le geste très esthétique et rapide, je me régalais d’aller voir des parties sur la côte basque mais en même temps je me désespérais à l’idée que je ne pratiquerais jamais ce sport.»
Sauf qu’il y a parfois dans la vie, de tous petits détails qui vous la changent cette vie !
Comme par exemple passer à la sortie du travail récupérer votre enfant chez des gens qui vous l’ont gardé en même temps que les leurs ! Tout juste, un soir, Franck Boissonnet, doit aller chez les Longo chercher son fils Thomas. Il est au même lycée que Sylvain et ma foi ils sont bons copains. Chez les Longo, un nom que le monde du cyclisme a tant et tant de fois célébré, les deux enfants jouent à grand chistera à la Section paloise. Le cadet, Adrien a quelques belles dispositions d’ailleurs , elles lui valurent d’appartenir à l’équipe vice championne de France au parc Mazon de Biarritz en 2022. Patrice Longo, le père cette fois, accueille Franck, donc et la conversation tournant bien sûr autour de la pelote, voilà qu’il lui raconte combien il regrette de s’être mis si tard à la cesta punta au sein de la section loisir…
Le bonheur sur la cancha
Quelle bonne info que voilà, on dit populairement que ces choses là, ne tombent généralement pas dans l’oreille d’un sourd… Donc il y a de la punta pour tous niveaux à la Section Paloise ? Franck Boissonnet n’entend pas perdre plus de temps, il fonce au devant de Christophe Pierrou, les deux hommes se connaissent on le sait, et tout s’enclenche. « C’est lui qui m’a appris les gestes rudimentaires et puis surtout les mesures de sécurité à prendre pour ne blesser personne.»
Et voila désormais une petite dizaine d’années que Franck Boissonnet s’éclate sur la cancha du jaï alaï où il peut effectivement, gant ficelé à la main, vérifier « combien ce sport est rapide et violent » mais pas seulement « c’est très technique bien évidemment et puis très tactique aussi et le tout fait que c’est un régal à jouer même à un petit niveau comme le mien, il suffit qu’il y ait des échanges, comme dans tous sports de raquette pour qu’on se régale », inutile de préciser que notre homme est devenu un ambassadeur de cette spécialité.
Les valeurs de partage
Franck Boissonnet a eu comme premier sport le rugby et c’est fou comme les rugbymen prolongent souvent en trinquet les plaisirs de la pelote. Et puis au rugby, entre autres valeurs il y a celles du partage. Très vite, à sa manière de donner un coup de main, de répondre aux sollicitations quand il s’agit de distribuer les fonctions pour telle ou telle organisation, Franck s’habille du costume du parfait bénévole. Il le dit très simplement, «Je viens d’un sport collectif le rugby où l’on ne se contente pas de venir s’entraîner, de venir jouer et puis repartir. Non, le sport sans échange ne me correspond pas du tout. »
Ce qui lui correspond, c’est qu’au delà de la pratique il puisse « intégrer la vie du club, partager des moments de convivialité avec les partenaires comme les adversaires, découvrir les jeunes comme les anciens du club.»
Jean Pierre Caparrus qui est celui qui le côtoie le plus souvent derrière le bar, ne tarde pas à déceler chez Franck cette envie d’investissement, ce goût à l’entraide. « Je voulais juste proposer mon aide quand les besoins s’en faisaient sentir, et ainsi participer davantage à la vie du club » confirme l’intéressé. Alors, il n’hésite pas à proposer à Gérard Pierrou de faire une place pour Franck au comité directeur puisque le nombre limite de membres n’est pas atteint. Il en est aussi surpris qu’honoré et entend dans un premier temps prendre ses marques. Sans jamais perdre son éternelle bonne humeur qui se cache derrière ce sourire ...naturel !
Gérard Bouscarel
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