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Didier Lagourgue, la pelote au pluriel

31.5.2026
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Champagne pour champions!
Champagne pour champions!

« C’est un sport frustrant ! Toi, au début tu arrives tout juste au mur, et puis derrière arrivent les plus grands et ils tapent forts, et puis arrivent les grands et ils balancent la pelote à 70 mètres..» Didier Lagourgue, 57 ans cadre chez Téréga, et multi casquettes à la Section paloise pelote, n’a rien oublié de sa découverte du grand gant. Du jour où, au Stadium de la gare, Georges Alliez, « papy », lui enfila son premier gant et où il découvrit un fronton.  Il avait ce jour là la fascination du gamin qui regarda les entraînements s’enchaîner en montant en âge jusqu’aux seniors et il n’eut pas besoin de davantage pour savoir que cette frustration du premier geste deviendrait passion. Avec un grand « P » et puis aussi dévorante avec un grand « D ». La piqûre qui lui inocula le virus de ce sport fut d’une telle dose qu’elle fait toujours effet !  Ne fêtait-il pas le 18 avril dernier, en même temps que les 20 ans du complexe, son titre national de troisième série, remporté avec l’ami Fabrice Cantos.

Une histoire de copains toute simple

Il n’y avait rien dans la famille, pas le moindre héritage, sinon quelques pala de fabrication paternelle avec lesquelles il jouait chez le grand-père, mais il  y avait les copains de l’école St Joseph à Jurançon et avec eux ce rituel sacré des mercredis consacré à la pala… C’est une histoire toute simple en fait, celle d’un des  copains qui lance l’idée d’aller voir dans un club, un autre qui y va peu après, et puis du haut de ses 13 ans, Didier Lagourgue qui prolonge la chaîne. Le voilà entre  les mains de Georges Alliez et ce n’est pas petite chose que d’avoir été à l’école de Georges Alliez, c’était la garantie de bien apprendre, l’assurance de grandir, la sécurité du coup d’œil à l’heure de déceler le potentiel.

Bien que venu sur le tard, il a 13 ans, tâter du gant, l’ado Lagourgue n’est pas, loin de là, parmi les plus maladroits, il aurait même quelques dispositions. Ce dont il est porteur en revanche, c’est d’une motivation et une envie que rien ne peut plus entamer. 

« Le Stadium j’y serai allé tous les jours »

« Quand on finissait l’entraînement à 15h 30, moi je restais jusqu’à 19h30, si j’avais pu aller au Stadium tous les jours, j’y serai allé sans soucis » se souvient-il en prenant soin de faire comprendre, aussi, combien il l’a aimé ce Stadium. « C’était fabuleux, il y avait toujours du monde, pour jouer à la pelote bien sûr mais aux cartes, pour boire un verre au bar, et puis il y avait Germain et Marcelle, toujours prêts à nous faire manger après une partie. »

Très vite il est prêt lui aussi à ne pas se contenter de conjuguer la pelote au singulier. Il est joueur certes et avec suffisamment de qualités pour faire partie, plus tard, du « convoi » des courageux – et il en fallait du courage - qui prirent, régulièrement le dimanche matin, la route de Biarritz puis de Mauléon pour aller s’y entraîner  puisque le jaï alaï et le complexe de Pau n’étaient même pas encore sur plan.

VRP pour la  pelote

Didier Lagourgue et son pote Thierry se font les VRP de la pelote en allant en parler tous les vendredis dans l’émission sportive que  la « Voix du Béarn » propose à ses auditeurs… Aux côtés de Jean Marc Olharan et de Françoise Papremborde, pour la communication, Didier Lagourgue sera aussi de l’équipe en charge de l’open de grand chistera. C’est ce sens des responsabilités qu’il exerce professionnellement lui le technicien en froid et climatisation qu’il transpose sur sa passion et qui lui valent, naturellement un poste de dirigeant au comité directeur.

Le pelotari  Lagourgue a encore de belles heures à vivre sur les canchas, du moins beaucoup de parties à jouer et à partager. La notion de partage revient d’ailleurs souvent souvent dans son discours, un discours qui veille à oublier le moins de monde possible, Kiki Doumengès son « binôme », Didier Biraben, Michel Oyarçabal, Jean Marc Olharan sont de ceux qui, à titre divers, n’ont pas fait que croiser son chemin.

1996, champion de France

C’est avec Kiki Doumenges mais aussi Laurent Alliez qu’en 1996  qu’il forme une équipe de place libre et pas n’importe laquelle, elle est  championne de France de Nationale « B » ! « On a partagé de la pelote, mais pas que » … sourit celui qui continue encore aujourd’hui. Le titre, la belle aventure  marquent aussi  la fin d’un premier acte, la mise en pause de la pelote, le retour provisoire du gant au clou. Les charges paternelles, Baptiste son fils naît en 1998, une orientation professionnelle différente et plus contraignante lui font mettre le clignotant à droite et appuyer sur le bouton « off » !

La parenthèse sportive c’est Baptiste justement, son fils qui la rouvre en voulant jouer « comme papa » à la pelote. Du même coup, père et fils Lagourgue débarquent à l’école de pelote de la Section et, c’est bien connu, on y manque toujours de bras, de bonnes volontés, de compétences dans les écoles de sports, pas que de pelote.

Educateur avec Baptiste

Où l’on reparle de Jean Marc Olharan qui saute sur l’occasion et confie à Didier Lagourgue la gestion de deux équipes de minimes. Et voilà la corde de l’éducateur qui vient garnir son arc. Il y prend un plaisir non feint à transmettre son savoir, c’est encore dans le droit fil de sa profession. Il n’ a qu’un problème Didier c’est qu’il ne « retient aucun prénom », pour le reste il propose aux enfants un entraînement structuré et ludique, « si le gamin s’amuse il progresse, c’est systématique dit encore celui qui va cependant mettre une deuxième fois la pelote entre parenthèse. C’est lié à plusieurs facteurs dont  l’accident de Baptiste qui a reçu une pelote dans la tête et souffert d’un traumatisme fait partie bien entendu.

Il restait à guetter le moment où il reviendrait enfiler le gant puisqu’il était évident que tant de passion ne s’était pas totalement éteinte. L’après covid le rend à la pelote et toujours aussi gourmand. Il met ne doigt dans l’engrenage de l’arbitrage, ben voyons quand on aime on ne compte pas.

Juge et champion à la fois

Il s’initie aux charges de la fonction en jugeant des finales de la Grande semaine des sports basques, puis en poursuivant sa formation sur le tas pour intégrer la cellule des juges du club, ces hommes au très joli maillot rappelant celui que la Juventus de Turin a popularisé, qui se partagent les lignes 4, 7 et 10 de la cancha avec, toujours, un xaré à la main. Ces lignes elles lui appartiennent entièrement  lorsqu’il met le grand gant et qu’il conduit Fabrice  Cantos, vierge de toutes compétitions au succès dans le challenge national, c’est à dire le championnat de France des 3èmes séries. L’air de rien, il sauve l’honneur des seniors du club et puis son duo succède  à celui de Christophe Pierrou et de Clément Antiga vainqueurs en 2025. Ah oui, la flamme brûle de nouveau si vive  qu’il a repris place au comité directeur du club et qu’il n’étonnerait pas beaucoup pour peu qu’il ajoute une corde de plus à son arc…

Gérard Bouscarel

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