Mondial argentin Ce n'était pas Noêl pourtant, Jean

Ah Jean si tu avais pu soigner tes « buts » avec autant d’efficacité que tu avais guéri ton genou pourtant bien maltraité l’avant veille dans une partie que tu aurais été à deux doigts de regretter de l’avoir jouée !
Car cette soirée débutait on ne peut mieux puisque tu vins rejoindre sur la cancha Aritz Erkiaga pour un dernier échauffement, des derniers réglages ce qui signifiait que le test matinal avait été concluant, que tu serais, pour cette finale, pour cette ultime occasion de te parer d’or et d’offrir une seconde médaille du si précieux métal à l’ équipe de France, que tu serais donc en possession de tous tes moyens ou presque. Fallait-il y voir un heureux présage ? Etait-ce le signe avant coureur de quelque chose de grand ? Ton premier engagement doucha sacrément cet enthousiasme naissant.
Ce n’était pas Noêl pourtant !
Il offrit à Aritz Erkiaga un premier point sans qu’il ait le moindre pas à faire, le moindre mètre à parcourir lui qui sait désormais qu’il les lui faut contrôler. Il n’y a pas de « pasa », de demi faute en tête à tête, si tu butes au-delà de la ligne 7 c’est « pelota falta », faux si vous préférez. Ce n’était que le premier point de la partie mais on va vite voir que ce ne serait pas qu’un détail et puis, Jean qui sait mieux que toi que faire le moindre cadeau à un garçon de la trempe d’Erkiaga est une erreur quasi colossale, impardonnable. Or, au sixième point de la partie tu lui en avais offert trois de ces mises en jeu trop longues, trois et malgré tout vous étiez tous les deux roues dans roues (3-3) puisque dans le jeu tu avais contré deux fois ses deux premières attaques et même si le champion d’Ispaster est sur une cancha, un joueur imperméable, imperturbable, implacable, impassible, impitoyable, il ne doit pas trop aimé.
La dynamique était béarnaise
On se prenait donc à oublier cette histoire de buts faux puisque à le coller au fond systématiquement , à le faire « erreboter » loin, la stratégie était parfaite, elle vous mena tous les deux jusqu’à mi manche sans qu’il y ait jamais plus d’un point d’écart jusqu’à 8 et quand il y en eut deux en faveur du basque (8-10) tu rétablis immédiatement la situation en trouvant le pic au fond puis en plaçant une attaque imparable (10-10) mieux, audacieux tu poursuivis à l’offensive pour mener 11-10 et encore 12-11 !
A ce moment de la manche on ne savait jurer de rien mais tout de même la dynamique de la partie était plus béarnaise que basque, et le point suivant s’il avait été le tien ma foi c’eut été un grand pas de fait. Seulement c’est le but où tu choisis de redevenir le père Noël et de poursuivre la distribution des cadeaux.
Et le 4eme faux au pire moment
But faux ! Le quatrième de la soirée et une égalisation gratuite encore à 12. En vieux renard des frontons, en stratège parfait, Aritz Erkiaga sait appuyer là où ça fait mal. Il attaque sur une pelote un peu molle d’Olharan et c’est lui qui de présente, gaillard, tout près de la ligne d’arrivée 13-12 et puis 15-12 puisque le champion français est encore dans ses interrogations, il sait pertinemment que les occasions de piquer Erkiaga il n’y en a jamais des centaines dans une partie et que si jamais une, voire deux se présente alors il faut mordre dedans à pleines dents et surtout ne plus la lâcher…
Le passage sur la chaise pour récupérer, le discours du coach, réconfortant sans doute aucun, rien n’y fait, le redémarrage n’est pas poussif , il est fantomatique, Jean Olharan subit, livre, ne déborde plus son adversaire qui dicte le tempo et c’est plutôt genre slow langoureux que valse inversée. Pourquoi au fond se presser quand les points tombent tous seuls ou presque dans l’escarcelle. Ce n’est qu’à 0-6 que notre palois sort enfin de sa torpeur (1-6) c’est bien tard et contre un puntiste de la trempe d’Erkiaga c’est neuf fois et demie sur dix trop tard…
A la recherche de sa pelote, de ses esprits
D’ailleurs Jean Olharan n’est toujours pas rentré dans cette manche, il est sans doute, un peu, resté sur ce but faux qui a changé la manche, qui sait, qui a changé la partie qui sait ! Personne ne sait ni ne saura jamais, ce qu’Erkiaga sait par contre c’est qu’il avance à grande vitesse vers la ligne d’arrivée, indifférent aux malheurs de son rival qui lève les bras au ciel, qui implore on ne sait qui on ne sait quoi, qui tombe à genou et qui cherche où il a pu bien mettre sa « pelote » celle qui contrariait tant le basque il y a peu, Il n’en reste rien ou pas grand-chose jusqu’au moment ou, perdu pour perdu, à 11-3. Olharan la retrouve sa pelote, et puis ce sont ses esprits qu’il retrouve surtout et alors quand il redevient celui qu’il était en première manche, il refait jeu égal sur les 8 derniers points (4-4) ce qui n’adoucit pas la note finale (7-15), ce qui n’amoindrit pas les regrets…
Quatre points offerts sur un plateau à un adversaire c’est déjà beaucoup, quatre points offert sur un plateau à Erkiaga c’est se tirer une balle dans le pied. C’est la certitude, qu’a pas lents sans jamais se départir de sa nonchalance apparente, le roi reste roi….
Oihana Sorozzabal en bronze
Dans la petite finale féminine, Oihana Sorozabal a offert une troisième médaille de bronze à l'équipe de France. La soeur des finalistes masculins Johan et Gorka, a dominé en trois manches la mexicaine Tania Mayorga (14-15, 15-5, 10-9). Il a fallu du cran à la biarotte pour effectuer un retour en trombe lors de la belle où elle fut tout de même menée 5-8 et au moment où le camp mexicain se préparait à fêter la première médaille mondiale du pays en cesta punta.
Gérard Bouscarel
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