Portet et Barandika rois à Pau

Ils étaient quatre, plus exactement ils n’étaient plus que quatre ,non pas liés comme les mousquetaires du roi, bien au contraire, il n’y en aurait que deux qui souriraient au final et deux qui se morfondraient bien entendu dès lors que c’est bien connu une finale ça se joue pour la gagner…
Et ces quatre résistants à l’usure du temps, aux efforts consentis depuis le 2 juillet, aux petits soucis musculaires et articulaires puisqu’on le vérifie à chaque partie ce sport est d’une vraie violence, jouaient tous, vendredi soir à Pau, quelque chose de gros.
Pour le dernier grand frisson
La « Pau cup » bien évidemment dernière occasion de remporter un titre cet été, même si l’on sait qu’il reste un dernier rendez-vous à Saint Sébastien pour élire la meilleure paire de l’année. Au delà de garnir un palmarès, au-delà de vivre le grand frisson sur la plus haute marche du podium, au-delà d’entendre pour un long moment encore l’ovation que les gradins envoient aux héros victorieux, il y avait donc des enjeux aux… quatre coins de la cancha.
A chacun ses objectifs
Pour Jérôme Portet, il s’agissait d’être « meste a case », oui maître chez lui, dans son jardin, et devant les siens. Il comprit assez vite en regagnant la cancha lors de la présentation des joueurs qu’il serait le « chouchou » non pas seulement de ces dames mais de tous les gradins, et ils étaient remplis ces gradins...Il s’agissait de se payer d’une saison qui, en cas d’échec se serait limitée à trois demi finales, trop peu pour quelqu’un qui est la doublure de Basque en vue du mondial. Il s’agissait de ne pas avoir éliminé son « pote mais aussi ami» Jean Olharan huit jours plus tôt pour pas grand chose... Il s’agissait enfin de gagner pour Jade, sa fille de 8 mois, un premier enfant qui connaît déjà l’odeur des podiums^, Jérôme ne monte jamais sans elle .
Pour Xavier Barandika, il s’agissait d’honorer le mieux possible ce magnifique trophée que vint lui remettre l’immense Goïko, Iñaki Goïkoexea, le manager général de la « Jaï alaï league » désormais, et couronnant sa victoire de meilleur avant de la « summer league ». Le joueur de Gernika est bel et bien le joueur de l’année, Vainqueur des « winter’s series » chez lui et dieu sait si ce tournoi est un somment en Biscaye, vainqueur des Internationaux de Saint Jean de Luz, il était Pau pour continuer à gagner et terminer en apothéose une saison dont il dira qu’elle « fut longue, dure mais ô combien prolifique, sans aucun doute la meilleure de sa longue carrière » Et dire que Barandika sera encore du « final four » de San Seb, qu’il sera aussi l’avant titulaire d’Euzkadi du 2 contre 2 à Colonia, doit bien priver de longues nuits paisibles ses futurs adversaires.
Ludo Laduche joue 2000 points
Pour Ludovic Laduche, le si sympathique Ludo, il s’agissait de « sauver » aussi sa saison vierge de succès à St Jean, et à Biarritz en remportant cette « Pau cup » même si elle n’est pas vierge d’espoir sa saison au lancement de la finale. La « Pau cup » c’est 2000 points de plus pour les deux lauréats au classement de la « Jaï alaï league». Or ces 2000 points c’est une fortune pour Laduche puisqu’ils sont ceux qui lui permettent d’éjecter Johan Sorozabal, le biarrot rétabli de sa blessure, de la quatrième place pour la lui prendre… et donc rallier Donostia le 14 septembre prochain pour la première demi-finale !
Pour Mikel Mancisidor, qui n’ira pas au mondial, nous avons écrit le contraire et nous nous en excusons, cette finale était l’occasion de continuer à prouver que la cancha paloise lui va comme un gant avec ses 54 mètres de long, longueur idéale pour sa puissance actuelle. Il est à l’heure de lancer le « duro » le tenant du titre de cette Pau cup avec Jean Olharan mais cette année le palois est derrière le rideau, tout en haut des tribunes en compagnie du retraité David Minvielle, son autre grand « pote ».
Immense Laduche d’entrée
Voilà fixés les enjeux, et ceux qui rient sont les deux « verts » quand ceux qui pleurent sont les deux « rouge ». On galvaude parfois l’expression mais cette fois elle a pris tout son sens pour qui a vu -il y en a peu- Ludo Lduche prostré, « assis tailleur » s, sur le rebord du trottoir, à l’extérieur de la bâtisse, dans la nuit noire. Il était seul Ludo, seul avec tout ce qui accompagne la défaite dont il a tant repoussé l’échéance.
Oui, entré sur la cancha le « gant entre les dents » prêts à mordre, et il a mordu. Il ne fut pas le seul à se montrer, certes, son arrière n’a pas commis la moindre faute, mais cette première manche a mis en lumière un Laduche bousculant et Brandika, excusez du peu, et Portet… Portet qui dira, « ils nous sont rentrés dedans et nous n’avons pas eu les « c… » de répondre. En jouant en reculant tu n’as pas beaucoup de chance de gagner à la pelote » Et même aucune, Jérôme, 8-15 à ce rythme on va vite être couché ou resté plus longtemps au bar…
La révolte « verte » est terrible
Mais non, ni au de bonne heure ni demi-pêche au bar, les « verts » reverdissent soudain, et si Portet continue à être d’une impeccable adresse et d’une belle présence, c’est Barandika qui fait payer la note et elle est élevée, 7-0 ! C’est une demi manche, avec pêche » mais pas la même que celle du bar. Ce Barandika là est bel et bien le numéro 1 de la saison, cette fois, Ludo se bat toujours comme un mort de faim, mais il a un peu moins de carburant dans le moteur et son arrière encore moins, 6 fautes cette fois ! Il n’y aura ni suspense ni frayeur, ni remontada… Il n’y aura même plus qu’une équipe sur la cancha, le 5-1 de la belle est même très cruel, mais ne dit-on pas des rois qu’ils étaient le plus souvent très cruels. Des quatre mousquetaires, il en est resté deux, Xavier Barandika, et Jérôme Portet...Deux très heureux et puis deux très malheureux, mais ça c’est une constante en sport !
Gérard Bouscarel
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